DANSE - JASON LOUIS : Un cri du corps

Scope esquisse le portrait de Jason Louis. Ce Mauricien aura une bonne partie du temps dansé sa vie, pour se dire à travers la danse contemporaine et maintenant la drama-dance. Il sera un des danseurs du festival Sangam.
Un cri du corps poussé par un danseur soliste dans Introspection. Une pièce chorégraphiée où libre cours est laissé aux mouvements. Pour que s’exprime un corps au cœur du quartier sous influence… Jason Louis danse sa vie sur scène. État de fœtus évoluant vers celui d’homme cherchant à s’accomplir. Une quête de sens racontée en sensualité dans Introspection. Une chorégraphie parsemée de paroles. Un drame à fleur de peau conçu d’après une idée originale signée Jason Louis.
Le langage du corps n’est pas compris du grand nombre, d’où la volonté de mélange de genres. “Éducateur de danse” et non “professeur”, précise le discret chorégraphe pour se définir. Aussi est-ce une marque de respect envers Jean Renat Anamah, auprès de qui Jason a acquis de précieux enseignements. Il souligne avoir fourbi ses premières armes au sein du Feeling Dance Group de Pierre Munbodh. Saluer ses “pères” importe aux yeux de celui aujourd’hui aux commandes de Free Move Dancers.
L’idée que la danse est “rejetée” est posée sur table. Car le public n’est pas exposé aux chorégraphies contemporaines. Une forme artistique qui recourt aux gestuelles et aux expressions, en vue des envies de dire les choses au-delà des mots. “Je monte des pièces en étant à l’écoute de ce que me dit mon corps et mon esprit, mais je ne suis pas sûr que le langage du corps est compris”. L’artiste prendra soin de rendre compréhensibleIntrospection au cours du festival qui se tiendra les 17 et 18 novembre (voir encadré).
Jason Louis sollicite le metteur en scène Gaston Valayden pour Introspection dans le but de livrer une performance compréhensible. À la gestuelle est adjointe une parole dense et percutante. Comment raconter une histoire au moyen du corps et presque pas de paroles ? “Cela s’appelle drama-dance, ce genre s’est popularisé en Afrique du Sud et aux États-Unis. Le but est de rendre cet art moins hermétique”.
Introspectioncondense danse, parole et des notes au piano. La création sera divulguée en une version courte lors du festival Sagam. Ce work in progress sans doute jamais ne s’achèvera, car “la danse contemporaine est un work in progress en perpétuel mouvement. Une création est infinie qui jamais ne se fige”. Notons que les paroles sont écrites de concert avec Gaston Valayden qui donne aussi des consignes de mise en scène. La partie dansée incombe à l’évidence au danseur. Celui qui dessine des mouvements dans l’espace.
Outre le solo susmentionné, un numéro duettiste est prévu aux côtés de Jean Renat Anamah, Lay and Walk. Jason Louis revient à Introspection. Il figure un fœtus sur scène et des paroles en voix off : sperm mo papa fertiliz overr mo mama. Mo pa kone sipa par amour ouswa par vis… Le summum sera une scène de tentation à laquelle sera soumis le protagoniste. Une ambiance dramatique que les spectateurs avertis découvriront d’eux-mêmes…
Drogue. Violence. Prostitution. Ce ne sont pas de vains mots pour le protagoniste car ces fléaux sociaux résonnent en l’homme. “Boukou zenn kot mo reste dan Rozil pe tonbe akoz ladrog, ek zame pa releve”. L’artiste confie à Scope ne pas avoir honte d’avouer que son père était un drogué. Un toxicomane mort d’avoir cédé à la tentation. Et une maman toujours toxicomane. Jason ne les juge pas et continue à danser la vie. Il lance un appel aux autorités gouvernementales pour un encadrement artistique et sportif des jeunes. Comme une main tendue à ceu