Dean Nookadu a passé de longues années derrière son piano : il affiche cinquante ans au compteur. Ce pianiste, considéré comme l’un des plus grands à Maurice, s’attelle toujours à écrire sa partition. Passion et don de soi sont les notes clés de son inlassable quête de perfection. Les prestations de Dean Nookadu dans la sphère classique ou en jazz ont la réputation de marquer les esprits. Au-delà de ces deux univers musicaux, dès que les doigts de ce pianiste de 56 ans touchent le clavier, on est convié à une expression musicale libre et ouverte aux autres influences.

Le dimanche 15 avril, dans le cadre de la troisième édition de Mama Jaz, Dean Nookadu sera en quartet pour révéler ses dernières compositions.

C’est un répertoire entièrement construit autour de nouvelles compositions que le quartet Dean Nookadu proposera le dimanche 15 avril à l’Audi Zentrum, Réduit, à partir de 18h. Des morceaux inédits chers au pianiste ou qui s’inscrivent naturellement dans ses envies.

Depuis qu’il se produit sur scène, à Maurice ou ailleurs, Dean Nookadu s’est imposé comme l’un des pianistes les plus appréciés. Celui qui se définit comme “un pianiste tout simplement” n’aime pas “être catégorisé” dans un genre ou un style en particulier. En effet, même s’il demeure une référence dans l’univers classique et du jazz, le musicien est partout à l’aise. “Je suis comme un caméléon. J’ai toujours été ouvert aux autres courants et à de nouvelles expériences. Mon piano me permet de jouer de tout.”

 Un amour au premier regard.

Pourtant, en dépit de sa réputation confirmée, Dean Nookadu n’a jamais sorti d’album. “Sur scène, il y a une magie qui s’opère. Ce moment où le public se sent touché par la beauté d’une note.”

Il aime tellement jouer de tout que Dean Nookadu n’a pas vu le temps passer. C’est vers l’âge de 4 ou 6 ans qu’il commence à apprendre la musique avec Sylvio Armandine. Il se mettra au piano, sans pouvoir expliquer le choix de cet instrument. “C’est toute ma vie. Un amour né au premier regard, à tel point que je ne peux pas vivre sans. Il y a eu la curiosité, l’envie d’en apprendre plus et la passion. D’ailleurs, je ne dis jamais que c’est mon métier”, confie le pianiste.

En effet, durant ces cinquante ans à jouer du piano, il a pris du plaisir à apprendre la technique et à parfaire ses connaissances. Le tout dans un esprit de partage. “C’est très important pour moi. La musique est un grand moment de partage. Un musicien joue certes pour lui. Mais ce faisant, il partage ce qu’il fait.” Et c’est ce que Dean Nookadu a toujours fait depuis que la musique l’a happé.

Travail et ténacité.

Dean Nookadu a fait ses études musicales à Maurice, aux États-Unis et en Europe. Sa quête de perfectionnement dans l’absolu l’amène à côtoyer les plus grands pianistes et musiciens. En duo avec la pianiste russe Lilia Poustovoytova, il décroche le premier prix au Concours International de la Musique en 1997 à Saragosse. Il ne s’attarde pas sur cette partie de son parcours. “Ces nombreuses rencontres ont fait ce que je suis aujourd’hui. Mais ce n’est pas en citant ou affichant chaque petit détail, comme les écoles, diplômes et autres réalisations, qu’on définit si je suis un bon musicien ou pas. Pour moi, il est plus important de parler de musique.”

Il est trop humble pour en parler, mais la carrière musicale de Dean Nookadu est très riche et dotée de multiples facettes. Les années d’expérimentation sont en réalité beaucoup d’heures de sacrifices, de travail et de ténacité afin d’être parfait dans chacun de ses projets. Tour à tour pianiste, concertiste, accompagnateur de chanteurs lyriques, directeur musical de Porgy ek Bess en 2013, il mérite amplement sa notoriété.

En communion avec le public.

Avec Dean Nookadu au piano c’est toujours la surprise au détour de chaque note. Il aime offrir de l’espace à d’autres instruments et aux voix. Sa musique fusionnelle, assez libre, tient en compte toutes les nuances. “Ce que je fais est vaste. Néanmoins, tous ceux qui me suivent et me comprennent ont pu entrevoir que mes compositions comportent très souvent des influences musicales qui nous entourent. Comme la musique des îles de l’océan Indien. C’est quelque chose que je ne cesse jamais de travailler car je pense que pour se placer au niveau international, il est important de faire un genre de world music, mais qui vient de notre région. Nous devons avant tout penser à notre public mauricien, même s’il n’est pas nombreux.” Partant du classique, en passant par le jazz, Dean Nookadu a su trouver les notes pour imaginer une structure rythmique qui le différencie. Rarement en solo, le pianiste choisit plus souvent un jeu collectif qui lui permet d’improviser et d’être en communion avec le public.

Ce sera le fil conducteur de ce concert prévu le 15 avril aux côtés de ses “compères” : Nel Buctowar (saxophone et flûte), Denis Serret (basse) et Fabrice Ramalingum (batterie). Le public découvrira les nouveaux morceaux du quartet. “J’avoue que j’ai beaucoup cherché parmi mes nombreux amis, qui sont de très bons musiciens. Mais je voulais retrouver cette sensibilité qui est mienne. J’ai la chance de vivre cette aventure avec eux car nous partageons cette démarche vers la création et vers l’amélioration. Nous voulons progresser, nous ne sommes pas des gens qui se contentent de bat enn kout. Nous sommes super-passionnés et nous sommes emballés à l’idée de déballer nos dernières créations.”