Le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a fait comprendre hier qu’il avait une marge de manoeuvre réduite concernant les investissements publics lors de la préparation du Budget 2015-2016, d’où « son appel du pied » au secteur privé pour stimuler l’investissement, notamment par le truchement des mégas projets. Clôturant les débats budgétaires hier après-midi, il a également indiqué qu’un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI) fait état de la surévaluation de la roupie.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a déclaré avoir ouvert la voie au secteur privé pour ce qui est de l’investissement vu que sa marge de manoeuvre dans ce domaine était réduite. Le taux d’endettement du secteur public a atteint 61 % du Produit intérieur brut (PIB) et il y a, a-t-il précisé, un engagement formel à ramener ce taux à 50 % d’ici 2018. C’est pour cette raison que des mesures ont été proposées pour que le secteur privé mette à exécution ces grands chantiers. « Certaines personnes ne pouvaient pas comprendre pourquoi nous avons demandé au secteur privé d’investir. Le développement et la croissance sont un processus d’intérêt national », a fait ressortir le Grand Argentier. Selon lui, il n’est pas exact de dire que le budget de développement a été réduit. Il a précisé que dans le cadre du Public Sector Investment Programme (PSIP), les dotations pour le budget de développement ont augmenté.
Parlant de la lutte contre la pauvreté, le ministre des Finances a soutenu que le gouvernement n’avait pas fui devant ses responsabilités en abolissant les conditions attachées sous le programme de Corporate Social Responsibility (CSR) et en invitant le secteur privé à assurer le parrainage des projets dans les poches de pauvreté à travers l’île. « Comment peut-on dire que ce gouvernement a cédé ses pouvoirs en matière de protection sociale au secteur privé alors qu’on sait bien qu’il a augmenté les pensions au lendemain même des élections générales et que le ministre de l’Éducation vient d’annoncer que nous perdrons en charge les frais d’examen de tous les candidats de SC et de HSC cette année ? », s’est-il interrogé. Il s’est dit « confiant que le parrainage des poches de pauvreté par les grosses entreprises va dans la direction d’une politique de réduction de l’écart entre les riches et les pauvres ». Et d’ajouter que tout juste après la présentation du Budget 2015-2016, huit entreprises ont affiché leur intérêt pour ce projet de parrainage, un conglomérat proposant même de prendre à sa charge quatre localités.
Par ailleurs, Vishnu Lutchmeenaraidoo est revenu sur la question de la dépréciation de la roupie, affirmant qu’elle découlait du raffermissement du dollar américain. « L’euro s’est également affaibli vis-à-vis du dollar ». La valeur de la roupie, a fait ressortir le ministre, reflète la volatilité dans le taux de change des grosses devises sur laquelle les autorités locales n’ont aucun contrôle. « Posons-nous la question. Le taux de change de la roupie est-il approprié à ce jour ? Non », a-t-il déclaré. Le ministre des Finances a alors fait état d’un rapport que lui a soumis le FMI, indiquant que la roupie est surévaluée de 7 %. « Si la roupie se déprécie, les prix doivent normalement grimper. La dépréciation de la roupie doit logiquement se refléter au niveau de l’inflation. Or, l’inflation n’a pas grimpé outre mesure. Je suis confiant pour l’avenir aussi longtemps que l’inflation demeure dans une fourchette de 3 à 4 % », a ajouté le ministre.