Le leader des travaillistes au Parlement, Shakeel Mohamed, a tenu un discours prolixe vendredi lors des débats budgétaires. Il devait faire plusieurs digressions, allant saluer les fonctionnaires pour leur travail lors de l’exercice budgétaire et inviter le ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, à démissionner vu qu’il ne « peut dire que l’affaire BAI est un Ponzi Scheme ». « If someone is not in line with the thinking of the front bench, if dignity is still here, il doit partir », dit-il. S’agissant du Budget, il s’est demandé ce qui est “smart” à propos des « smart cities ».
« Tout budget pour tout gouvernement n’est qu’une decoration of intent », soutient Shakeel Mohamed. Prenant son propre exemple, il devait se remémorer que lors de son premier budget en tant que député, il s’était montré très critique envers le précédent gouvernement. Il devait ainsi, cette fois, saluer l’effort du gouvernement d’être venu avec certaines choses. « Évidemment, l’intention de tout gouvernement est de faire bien. Mais l’intention aboutira-t-elle ? »
S’en prenant à l’ex-ministre des Finances, Xavier Duval, le député rouge devait montrer à la Chambre une photo de celui-ci, accompagnée d’un article de presse dans lequel le ministre dresse un bilan positif de son passage aux Finances. Le député rouge a fortement regretté que XLD ne soit pas présent au moment de son discours. Il a rappelé que le ministre du Tourisme que deux ans de cela avait été très critique envers le gouvernement de 2000-2005. Il devait rappeler à la Chambre les critiques de Xavier Duval montrant que plus de 30 % des personnes avaient été licenciées sous SAJ et comment le pays avait été redressé économiquement sous le gouvernement de Ramgoolam. Poursuivant, Shakeel Mohamed a mis en avant que les divergences de vue entre le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo et le ministre du Tourisme, s’agissant de qualifier le mode d’opération de la BAI de Ponzi Scheme ou pas. « Son point de vue n’est pas en ligne avec celui du Premier ministre. Si quelqu’un ne partage pas le même point de vue que le front bench, if dignity is still here, il lui reste à partir ». Sa déclaration devait susciter des protestations dans les bancs du gouvernement. Shakeel Mohamed devait rappeler la déclaration de SAJ en 2013 où « il allègue que le Grand Argentier aurait avancé des chiffres erronés concernant l’extrême pauvreté ». Voyant un sourire sur le visage du Premier ministre, le député rouge devait commenter : « J’aime le sourire que je vois car c’est cette attitude que j’aime. Nous sommes juste en train de partager des idées ». Selon Shakeel Mohamed, Pravind Jugnauth, de même, avait critiqué l’ex-ministre des Finances.
Venant enfin au Budget lui-même, le député rouge devait critiquer la démarche de l’actuel ministre des Finances consistant à « reskill » les jeunes. Or, pour lui, c’est un fait que les jeunes « ne veulent travailler dans les industries ». « Je ne vois pas des pilotes qui ne peuvent trouver un emploi aller se former pour devenir dentistes ; je ne vois pas des jeunes formés en langues prêts à se reformer dans le domaine scientifique. Cela ne marchera pas ». Pour lui, il ne faudrait pas mettre fin aux mesures qui ont marché. Il a rappelé l’époque où, sous SAJ, nombre de Mauriciens sont allés à l’étranger, en Arabie saoudite etc. « Cela avait marché (…). Combien de lettres le ministère des Finances ne reçoit-il pas de la MEXA, de la MEF pour dire que nous ne pouvons répondre à la demande des export orders ? Si nous n’avons pas d’étrangers pour travailler dans certains secteurs, nous ne pourrons répondre à l’appel. Cela ne veut pas dire que si nous nous débarrassons des étrangers, nous créerons de l’emploi. Le ministre des Finances, me semble-t-il, a une aversion pour les étrangers. Ce n’est pas bon pour l’image de Maurice ».
Shakeel Mohamed a invité à suivre l’exemple de Singapour qui compte nombre d’expatriés et qui arrive à trouver du talent pour chaque secteur. Il s’est demandé ce qui était « smart » avec les smart cities. « Is this the idea, the technologies ? » Maurice comptant une population intelligente, il a suggéré un IP (Intellectual Property) Box Regime pour Maurice avec des investissements dans les recherches et le développement. « Le IP Box Regime est un pilier de l’économie de Singapour. Cela apporterait le Foreign Direct Investment ».