DECENTRALISED COOPERATION PROGRAMME : Aide et équipements à 24 bénéficiaires de l’ONG Élan

De gauche à droite, Lilette Edmond, field worker, Eileen Marie, présidente et Rajen, un des bénéficiaires de l’ONG Élan

Vingt-quatre bénéficiaires de l’ONG Élan, qui œuvre pour la réinsertion des anciens détenus, hommes et femmes, ont reçu l’aide du Decentralised Cooperation Programme (DCP). Il s’agit d’un projet destiné à les soutenir, via des dons d’équipements et de matériels, en vue de devenir financièrement et économiquement indépendants. « Une manière pour l’Europe, via le DCP, de donner une deuxième chance à ces rejetés de la société », a fait ressortir Eileen Marie, présidente de l’ONG dont feu Lindsay Aza a été l’un des membres fondateurs et responsable pendant de longues années.
Quarante-huit poules et de la nourriture devant durer six mois, deux trolleys et une douzaine de tricycles pourvus et équipés pour la vente d’aliments et autres, figurent parmi les différents items que l’ONG Élan a pu acquérir pour les offrir à 24 de ses bénéficiaires, 18 hommes et six femmes. « Nous avons rédigé ce projet, explique Lilette Edmond, field worker, sachant que le problème majeur que rencontrent les anciens détenus de retour dans la société active, c’est le manque de travail. N’ayant pas de certificat de moralité, et ayant pour la plupart leurs comptes en banque gelés, ils ne sont pas économiquement viables. De ce fait, malgré tous leurs efforts et leur bonne foi pour trouver de l’emploi et subvenir aux besoins de leurs familles, ils trouvent des obstacles sur leur chemin. D’où notre projet qui vise à les “empower” économiquement, en leur donnant des outils de travail ».
Le projet a été présenté au DCP qui l’a avalisé. « Dans le cadre de ce projet, nos bénéficiaires deviennent des commerciaux et non des marchands ambulants. Après une étude et un travail mené auprès de ce groupe qui présentait des caractéristiques répondant aux critères de sélection, nous avons établi une liste de perspectives dans lesquelles nos bénéficiaires souhaitaient s’inscrire ».
Commerce d’articles divers, de produits pour la cuisine, d’aliments (boulettes, fruits et légumes), ainsi que l’élevage de poules ont été les créneaux les plus recensés. « Certains bénéficiaires nous ont même expliqué qu’ils avaient déjà un étal mais que par manque de moyens économiques, ils ne pouvaient travailler. Donc, nous les avons aidés en leur trouvant les équipements et le matériel nécessaire pour qu’ils puissent opérer ».
Les 24 bénéficiaires ont également eu droit à une formation dispensée par l’AREU de même que par un cuisinier de l’hôtel Le Paradis. « Durant une année, ils vont être constamment “monitored”. Et parallèlement, dans quelques mois, nous allons renouveler l’expérience avec un autre groupe de bénéficiaires. »
Eileen Marie, actuelle présidente d’Élan, a, dans une courte allocution, salué l’aide du DCP. « Même si vous n’avez pas de certificat de moralité et que votre compte bancaire est gelé, qu’autour de vous, les gens vous jugent parce que vous êtes des anciens détenus, l’Europe, via le DCP, croit en vous. Et c’est cela que vous devez retenir de la réalisation de ce projet », dit-elle. « La balle est maintenant dans votre camp. À vous de faire preuve de persévérance, de courage, de bravoure et de volonté. Vous voulez réussir et saisir cette deuxième chance qui vous est donnée, alors, prouvez-le ! »
Parallèlement, avec le soutien du groupe Médine, Élan poursuit aussi un autre projet, celui d’une ferme intégrée à Chebel. Il convient de rappeler que l’ONG a eu comme l’un des membres fondateurs et responsable jusqu’à l’an dernier Lindsay Aza, travailleur social très connu.