Liberté conditionnelle aux hommes de la CERT, qui l’avaient escorté dans ce même véhicule

La Major Crime Investigation Team (MCIT) a eu confirmation, à la mi-journée vendredi, que le sang retrouvé dans le van (immatriculé 130 RM 10) est bien celui de Jean Caël Permes (29 ans). Le Forensic Science Laboratory (FSL) a en effet confirmé les premières conclusions à l’équipe de l’ASP Seebaruth. Ainsi, la thèse que la victime a été frappée lors du trajet entre Beau-Bassin et La Bastille est privilégiée par la police, d’autant plus qu’un des prisonniers se trouvant dans le véhicule, Vincent Hossany, avait déclaré aux enquêteurs que les hommes de la Correctional Emergency Response Team (CERT) l’auraient frappé ainsi que Caël Permes après avoir quitté la prison de Beau-Bassin.

La nouvelle est tombée alors que cette équipe de la CERT, sur qui pèse une accusation provisoire de meurtre — à savoir Roopendra Ramkissoon (42 ans), Beerjasingh Jankee (42 ans), Gowtam Ramtohul (42 ans) et Yuvenesh Sacarah (30 ans) — se trouvait au tribunal de Curepipe, où les quatre hommes ont obtenu la liberté contre une caution de Rs 20 000 chacun. Une source de la MCIT avance que les enquêteurs auraient obtenu la correspondance du FSL « un peu tard » et n’a donc pu l’utiliser pour objecter à la liberté sous caution des quatre Prison Officers. Néanmoins, cet élément porte un rude coup aux versions données par le quatuor, qui avance n’avoir « rien à voir » avec ce meurtre.
Une source de la MCIT s’interroge également sur la déclaration d’un Principal Prison Officer de La Bastille, qui avait affirmé n’avoir « rien remarqué de suspect » sur le corps de la victime, alors qu’il préparait la paperasse dans une salle spéciale en compagnie de l’équipe de la CERT et des détenus Cael Permes, Vincent Hossany et Christopher Perrine. Cet officier de prison est resté avec les protagonistes avant que les trois détenus ne soient conduits dans leur cellule, tandis que lui, selon ses dires, serait retourné à son bureau.

Les caméras de surveillance
De leur côté, les Prison Officers de La Bastille qui sont en détention, Manohur Totah (47 ans), Jean Michel Dedans (39 ans), Louis Patrick Ferret (58 ans) et Beerthy Namojsingh (56 ans), plaident l’ignorance quant aux circonstances du meurtre de Caël Permes. Manohur Totah, qui fait l’objet d’une accusation provisoire d’infraction à l’Information and Communication Technology Act (ICTA), a, lui, confirmé avoir éteint les caméras de surveillance de La Bastille après en avoir reçu l’ordre de son supérieur. Ce dernier sera convoqué à la MCIT sous peu. Les enquêteurs n’écartent pas un exercice de confrontation entre les deux hommes.

Entre-temps, le responsable de la CERT est également dans le viseur de la police, qui souhaite établir s’il a lui-même choisi les quatre membres susmentionnés pour transporter Caël Permes et consorts, et quel est le nom du haut gradé qui lui a dit qu’il fallait faire transférer ces détenus en cette période de confinement le 5 mai. De son côté, le Principal Prison Officer et responsable de la prison de La Bastille ce jour-là, Louis Patrick Ferret, qui fait l’objet d’une charge provisoire de conspiracy, a déclaré qu’un de ses officiers lui aurait informé que Caël Permes ne respirait plus dans la Special Protection Cell No 1 et qu’il a alors alerté la police de Phoenix. D’ailleurs, c’est lui-même qui a conduit l’équipe de l’inspecteur Kasi dans la cellule. Les policiers, remarquant des traces de blessures sur la victime, ont vite soupçonné un meurtre et ont alerté la CID de la Central Division. Les enquêteurs estiment que Patrick Ferret ne peut ignorer ce que font ses subordonnés durant leurs heures de travail.

Finalement, le Prison Medical Officer de La Bastille sera lui aussi entendu par la police. Cependant, son interrogatoire est jugé comme étant une « procédure normale », car les enquêteurs souhaitent savoir à quelle heure il a été informé du sort de Caël Permes et ce qu’il a fait après avoir examiné le cadavre.