Le leader du MMM, Paul Bérenger, a profité de la célébration de la fête Eid hier par la branche Fareed Muttur, à Rose Hill, pour évoquer un épisode dramatique dans la vie du MMM : l’accident du 1er octobre 1971 à Réduit à la suite duquel Fareed Mattur avait trouvé la mort.
« Je suis convaincu que Fareed Muttur est mort à ma place et que ma voiture avait été sabotée », a dit Paul Bérenger, non sans émotion. « Nous étions ensemble rue La Poudrière lorsque Fareed Muttur m’a dit qu’il prenait ma voiture (J 271) pour aller chercher quelque chose à Quatre-Bornes. Mais en chemin, dans les environs de Réduit, aujourd’hui connu comme le pont Muttur, la voiture s’est renversée. Transporté à l’hôpital Victoria, il est resté entre la vie et la mort pendant huit jours avant de rendre l’âme. La osi ena kose “foul play”. Une foule avait veillé devant l’hôpital pendant tout le temps où il était admis. C’est en larme que le spécialiste qui le suivait tous les jours s’est rendu à la police pour enregistrer son décès avant que sa mort ne soit annoncée à la foule », se souvient Paul Bérenger. Et de rappeler la « période difficile » par laquelle passait Maurice en 1969, 1970 et 1971. « C’était l’époque où les “tapeurs” régnaient en maîtres. On ne pouvait marcher librement en raison de nos convictions politiques et à cause de tel parti politique (il a évité de mentionner le PMSD, Ndlr). Il y avait des “tapeurs” à la municipalité qui se livraient impunément à la violence et à l’intimidation contre les sympathisants du MMM. Raja Badhain, encore collégien, avait été poignardé avec des ciseaux. Azor Adélaide est mort en plein jour à Curepipe. C’est grâce à des militants comme Fareed Muttur que le MMM a tenu bon. Moi, j’étais maigre, maigre et lui était “enn bel zom”. Mais nous avions le même courage. Nous n’avons jamais baissé la tête et Fareed Muttur a hanté des esprits, même après sa mort », a poursuivi Paul Bérenger, en rappelant que « Fareed Muttur n’est pas mort pour rien ».  
Il lui a rendu hommage ainsi qu’à sa famille en rappelant que Fareed Muttur était un travailleur municipal, « mais avait un bon sens comparable à n’importe quel intellectuel, et sa participation aux débats dans les réunions n’avait rien à envier aux grands intellectuels ». Paul Bérenger a observé que la fête Eid est « une occasion de célébrations alors que le pays passe par des moments difficiles », ajoutant que « pei dan ICU ». Il poursuit : « C’est effrayant de voir ce qui se passe dans le pays. Mais nous avons le devoir de croire dans notre pays et dans notre jeunesse. » Paul Bérenger a ensuite eu un mot spécial pour les Palestiniens : « Le peuple palestinien tombe dans l’oubli alors que les pays arabes se querellent entre eux (…) Il ne faut jamais oublier la cause palestinienne. »
Reza Uteem et Adil Amir Meea ont tous deux parlé de « l’importance du Ramadan et de l’islam, qui est une religion de tolérance et de partage », avant de dénoncer « tous ceux qui, par leurs actions, sont complices des trafiquants de drogue ». La réunion était présidée par Iqbal Calcafeer, président de la branche Fareed Muttur, lequel a promis que les militants apporteront « tout leur soutien » à Nita Juddoo, membre de cette branche et qui était présent à la cérémonie d’hier.