Dix jours après la révocation de la banking licence de la Bramer par la Banque de Maurice et la mise sous régime conservatoire de la BAI par la Financial Services Commission, la direction du conglomérat avec des actifs de Rs 33 milliards sort de son silence. Par voie de communiqué de presse, hier en début de soirée, la BAI se dit choquée de la tournure des événements et regrette que la Banque de Maurice n’ait pas respecté son engagement pris le matin du 2 avril dernier en faveur de la Bramer en révoquant la banking licence lors de cette même soirée.
« British American Investment est profondément choqué par les récents événements qui ont secoué le groupe, le secteur des services financiers et tout le pays. Avec la révocation de la licence de la Bramer Bank, qui a engendré la mise sous régime conservatoire immédiate de la BAI, et subséquemment la suspension des licences de Bramer Asset Management, c’est une contribution de 45 années du groupe dans l’économie mauricienne qui est balayée, d’un revers de main injuste et aveugle, ravageant au passage toute la valeur des entreprises », s’insurge la direction du groupe, qui s’est donné pour mission de se battre pour protéger ses 355 000 clients et 8 000 emplois directs et indirects.
Retraçant les différents événements, la BAI confirme les étapes déjà connues, dont des retraits massifs en début d’année et la demande de la Banque de Maurice pour une injection de capitaux à hauteur de Rs 3,5 milliards d’ici à la fin de cette année. La décision d’injecter Rs 350 millions est proposée le 31 mars dernier par la BAI en vue de protéger l’intérêt de ses assurés et investissements indirects dans la banque de Rs 5 milliards.
La direction de la BAI fait de gros reproches à la Banque de Maurice sur ce point crucial, soit « dans une correspondance en date du 2 avril 2015, la Banque de Maurice a fait part à la direction de la Bramer Bank (BBCL) qu’elle était « willing to make a special accomodation to BBCL to avail of overnight facility up to 30 April 2015 on the understanding that in the meantime BBCL would take necessary steps to inject capital as requested in the Bank’s letter (…) of 27 February 2015 ».
Or, dans la soirée du même 2 avri,l la Banque de Maurice actionne la guillotine sur la licence de la Bramer. « Sans préavis, les sanctions de la Banque de Maurice et de la FSC ont mis fin sèchement à l’implémentation des plans d’action agréés avec les régulateurs pour réduire les related party exposures du groupe et pour la mise en conformité de ses institutions, même si on ne partageait pas les avis des régulateurs sur certains aspects techniques », ajoute la direction.
Au chapitre du controversable produit d’assurance Super Cash Back Gold, avec 24 000 clients en état de quasi-faillite, le BAI trouve que « ce n’est qu’une évolution du plan d’assurance Single Premium Endowment qui existe depuis plus de 20 ans et dûment réglementé par la FSC. Il est à noter que des produits similaires sont commercialisés à Maurice et ailleurs par d’autres compagnies d’assurance ».
En conclusion, la BAI réiètère sa volonté à continuer « de travailler avec nos conseillers afin de considérer tous les moyens pour protéger et préserver les droits de tous nos clients, employés, partenaires ainsi que les membres du public ».