Vasant Bunwaree, qui a soumis hier sa démission comme ministre de l’Éducation au Président de la République Kailash Purryag, a expliqué ses raisons dans une déclaration au Mauricien ce matin. « Vrai travayis ine perdi so valer », a-t-il dit, avant d’annoncer la création du Mouvement Travailliste Militant, avec un flambeau pour symbole. Il a ainsi lancé un appel à « tous les gens de bonne volonté » à se joindre à lui pour « la création d’une structure nouvelle » et « pour voir comment redonner à Maurice ses valeurs perdues ».
L’ancien ministre de l’Éducation, qui devait donner une conférence de presse en début d’après midi aujourd’hui, s’est réjoui d’avoir « retrouvé » sa « liberté de parole ». Il explique : « Lorsqu’on est ministre dans un gouvernement, on a certains principes à respecter. Cela ne veut pas dire que tout le monde est content, mais on laisse l’amertume de côté et on voit jusqu’où on peut aller. » Pour lui, la situation au gouvernement était « assez délicate » durant les six derniers mois. « Avec l’épisode “on and off”, l’aspect politique avait tout envahi. Cela ne plaisait pas à tout le monde », a-t-il fait comprendre. Selon lui, la situation était « d’autant plus embarrassante » que « personne, au gouvernement, n’était au courant de ce qui se passait ». Il poursuit : « Aucun d’entre nous n’a été consulté à aucun moment  et personne n’a pu non plus s’exprimer sur la situation (…) Nous avons entendu des brins de causette sans connaître les conditions exactes de l’accord. En vérité, tous les ministres ont appris les conditions de l’accord liant le PTr et le MMM en même temps que le public, un samedi matin. »
Si Vasant Bunwaree affirme n’avoir « aucune amertume », il se dit toutefois « blessé par la façon de faire et la méthode de travail de Navin Ramgoolam ».  Il affirme avoir soutenu le leader travailliste durant 25 ans, et ce « dans les moments les plus difficiles ». Il développe : « Dans les années 1991-95, alors qu’il faisait ses études à Londres et qu’il venait à l’Assemblée nationale une fois tous les trois mois, c’est moi qui ai maintenu haut le flambeau du PTr. Aujourd’hui, il affirme que c’est Paul Bérenger qui l’a sauvé, alors que son siège de député était contesté par sir Anerood Jugnauth. Or, Bérenger n’a fait que dire la vérité en Cour. Il était condamné à dire la vérité. Il fallait rendre hommage à sir Gaëtan Duval et à Guy Ollivry, qui avaient déployé tous les efforts pour le soutenir. Pendant cette période, j’ai aidé à organiser quelque 55 meetings et 300 réunions privées à travers l’île », a-t-il dit.
Vasant Bunwaree affirme que ce n’est que lorsqu’il a pris connaissance des détails de l’accord entre le PTr et le MMM qu’il a pris conscience du « grand danger » auquel le pays était exposé. « Ramgoolam affirme qu’il ne faut pas avoir peur aussi longtemps qu’il est là. Mais qu’est-ce qui se passera s’il arrive qu’il ne soit pas là ? Le PTr sera inexistant. Le MMM prendra le poste du Premier ministre et celui du Président de la République alors que la fonction du Speaker est aussi occupée par le MMM… »
L’ex-ministre de l’Éducation estime donc que le « vrai parti travailliste à perdu ses valeurs » et « ne fonctionne plus ». Selon lui, dans une des rares et dernières réunions du comité exécutif du PTr, le secrétaire général avait donné lecture du compte rendu d’une précédente réunion « qui datait de… 15 mois ». A son époque, affirme-t-il, « le comité exécutif était convoqué tous les mois ». Vasant Bunwaree accuse Navin Ramgoolam et Paul Bérenger d’être « responsables du réveil des réflexes communaux » dans le pays. Il affirme toutefois ne pas avoir accepté jusqu’ici les sollicitations de l’Alliance Lepep. Maintenant qu’il a pris sa « liberté », il compte d’abord voir « de quelle façon il pourra travailler ».
Vasant Bunwaree dit avoir été « un des premiers cardiologues du service public ». Il s’est engagé dans la politique alors que le pays était bouleversé par l’arrestation de députés accusés de trafic de drogue. Il s’est joint dans un premier temps au MSM avant de passer ensuite au PTr. Et d’expliquer pour finir que le MTM, le nom de son nouveau parti, a choisi le flambeau comme symbole « afin d’éclairer la population ».