DEMOCRACY WATCH MAURITIUS : Notre police respecte-t-elle la démocratie ?

Texte : Cour suprême et droit de se syndiquer. « Que la police cesse d’être l’instrument du gouvernement. » C’est ce que demandent le chef inspecteur Hector Tuyau et le sergent Jaylall Boojhawon, dans leurs réponses aux particulars des défendeurs. Répondant à l’item de la démocratisation de la force policière, les plaignants soutiennent qu’une démocratie ne peut s’épanouir dans une société moderne et donc complexe sans une force policière engagée dans la protection des droits des citoyens. Ils ajoutent : Notre gouvernement doit s’engager dans la voie d’une démocratisation de la police mauricienne. (Le Mauricien, 11.2.13).  Commentaire : Nos policiers sont-ils des démocrates déterminés à faire respecter les exigences de la Démocratie, autrement dit de veiller à ce que les droits constitutionnels des Mauriciens soient respectés à la lettre, avec une attention particulière et privilégiée, non pas pour les Tout-Puissants qui règnent sur  nous mais pour ceux les plus opprimés et les plus malchanceux parmi nous ?
A cette question les plus optimistes parmi nous répondront « oui » à plus de 80% de policiers respectueux de la Démocratie. Demeurent les autres policiers qui, au lieu de protéger les plus faibles, se mettent carrément au service des plus puissants parmi nous et pas seulement au service  des présents locataires de l’Hôtel du Gouvernement et de leur « inner circle ». Et les autres ? Une force policière PEUT-ELLE être tolérante envers ne serait-ce que quelques-uns de ses  membres, à la solde du Pouvoir politique, sinon d’une quelconque Mafia ?  Les réponses des policiers Tuyau et Boojhawon ouvrent un intéressant débat sur le rôle que doit jouer la police dans un Etat vraiment démocratique. A ce sujet Democracy Watch pose les questions suivantes :  - 1. Police de Mauriciens pour des Mauriciens par des Mauriciens ou bien police au service d’intérêts particuliers divers (politiques, ethniques, opportunistes) ?  - 2. Notre police accepte-t-elle d’être jugée et jaugée sur l’application absolument démocratique des pouvoirs (allant jusqu’à celui d’emprisonner) qu’elle détient ?  - 3. Peut-elle expliquer pourquoi le peuple perçoit qu’elle arrête, détient, interroge, plus facilement, plus fréquemment, plus longuement, les politiciens de l’opposition du jour que ceux du pouvoir ? - 4. Nos policiers défendent-ils d’abord les droits des habitants-contribuables ou prioritairement ceux des locataires de l’Hôtel du GM, de leurs proches et protégés?  - 5. L’action policière, le service sécuritaire, le maintien de l’ordre et de la paix publique, se font-ils avec la participation des forces vives, reconnues comme telles, ou contre le Peuple, sans tenir compte du souhait général des habitants d’une localité donnée ? -6. La direction policière d’une région donnée (pouvant se restreindre à la juridiction territoriale d’un poste de police) se sent-elle comme un « poisson dans l’eau », pour reprendre la consigne de Ho Chi-Minh à l’armée vietnamienne, ou se considère-t-elle comme un Pouvoir n’ayant de compte à rendre à personne ? - 7. Tout policier, dans l’exercice de ses fonctions, peut-il, est-il libre, de veiller au strict respect de toute loi en vigueur, sans «  guette figure »,  ou est-il tenu de suivre des consignes hiérarchiques pouvant être bassement intéressées ? - 8. La démocratie, entre autres syndicale, existe-t-elle (même si on l’ampute du droit de grève) au sein de notre police ? Est-ce normal et acceptable que les normes de démocratie et d’action syndicale libre existent moins à la Police qu’ailleurs? -9.  Les policiers, estimant leurs droits injustement lésés ou bafoués, disposent-ils d’une instance auprès de laquelle ils peuvent se faire entendre, sans crainte aucune et espérer une réparation si le tort infligé est reconnu comme tel ?  - 10. Nos policiers peuvent-ils porter plainte contre toute menace de transfert punitif, émanant d’un politicien ou d’un proche du Pouvoir ? - 11. Est-il vrai qu’un policier ne peut faire appel à l’avocat de son choix quand il doit comparaître devant un comité disciplinaire ?  Democracy Watch ne s’attend pas à ce que notre hiérarchie policière nous fasse l’honneur de répondre officiellement à nos questions. Nous gardons espoir cependant que les efforts qui seront faits, ici et là, pour répondre sincèrement à nos questions, comme à d’autres du même genre, finiront par porter leurs fruits et nous permettront de pouvoir bénéficier, à l’avenir d’une plus grande démocratisation de notre force policière, digne d’éloges pourtant par bien des égards.
Bulletin du 14 février 2013  


SAVOIR PARTIR : La démission d’un pape
Texte : « Fait preuve d’un extraordinaire sens de responsabilité » (Président de la République italienne, 11.2.13)  Commentaire : Quand on a une responsabilité au plus haut niveau (en fait,  démocratiquement parlant, à n’importe quel niveau) il faut savoir partir, dans la dignité, quand on n’a plus ses pleins moyens pour exercer ses responsabilités ou que l’on ne jouit plus de la confiance de ceux (citoyens d’un Etat ou fidèles d’une religion) qui nous élisent ou choisissent. Sans compter l’avantage du renouveau pour cette religion   ou pour cet Etat qu’un tel départ peut apporter.
Benoît  XVI, chef religieux de plus d’un milliard de catholiques de par le monde, assume pleinement ses  responsabilités et démissionne. Avant lui peu d’autres ont eu ce courage. Citons Harold Wilson, Premier ministre britannique, Willy Brandt et Léopold Sédar Senghor.  Bien d’autres, dont Assad de Syrie et probablement Morsi d’Egypte, n’ont pas ce courage, ni cette dignité, alors que d’autres, à la Fidel Castro, Eyadema, Franco et même Mao et Staline, se sont accrochés au pouvoir bien au-delà de leurs capacités personnelles  Comme l’a fait ressortir  Democracy Watch , en plusieurs occasions (par exemple, dans notre Bulletin du 7.2.13) une limite précise au nombre et à la durée des mandats de responsabilité est éminemment sage