Jusqu’à hier après-midi, 51 cas de fièvre dengue ont été enregistrés dans le pays, avec 18 personnes hospitalisées. Le ministre de la Santé, Anil Gayan, qui a confirmé ces chiffres ce matin lors d’une conférence de presse, a affirmé que le traitement des malades se fait strictement selon le protocole établi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Anil Gayan a souligné que la transmission de la fièvre dengue est de nature locale et a insisté fortement sur les responsabilités de tout un chacun. Le gouvernement, dit-il, prend toutes les mesures nécessaires en vue d’éviter une épidémie. « Leta pe fer seki li kapav e se responsabilite sak dimounn pou pran so prop prekosion », a-t-il lancé, invitant la population à éliminer tout foyer de moustiques potentiel. Le ministre a également annoncé un amendement à la loi pour sévir contre les propriétaires de terrains en friche et bâtiments abandonnés.
Du premier cas de fièvre dengue enregistré le 24 mars provenant de la rue Eugène Laurent à Port-Louis, le nombre a considérablement augmenté en trois semaines, soit 51 cas à hier. La maladie a aussi franchi la frontière de la capitale, avec un cas recensé à Mahébourg et un autre à Triolet. Lors d’un point de presse ce matin, le ministre de la Santé, Anil Gayan — en présence des cadres de son ministère et de ses collègues ministres Raj Dayal (Environnement) et Anwar Husnoo (Collectivités locales) —, s’est voulu rassurant quant aux mesures prises par les autorités pour contrôler la situation. « Nous sommes un pays à vocation touristique et nous ne voulons pas avoir la réputation de pays de la fièvre dengue. Nou pa le vinn enn pei kot deng vinn endemik », a souligné le ministre de la Santé. Le gouvernement prend donc toutes les précautions pour faire obstacle à la propagation de la maladie et la population, dit-il, doit en faire autant. Le ministre de la Santé met les citoyens face à leur responsabilité concernant l’éradication des foyers de moustiques et par rapport aux mesures individuelles pour se protéger des piqûres.
Selon le ministre Gayan, le gouvernement va durcir le ton dans le cas des terrains et bâtiments privés abandonnés par leurs propriétaires. « Ces terrains sont de véritables foyers de moustiques et constituent un sérieux risque pour la santé des personnes ». Selon Anil Gayan, les conseils de district et les municipalités sont impuissants devant cette situation parce qu’ils ne parviennent pas, dans la plupart des cas, à retracer l’identité de ces propriétaires. Les notices émises par les collectivités locales sont quant à elles complètement ignorées. « Bizin met inpe lord dan sa ban terin ki konport enn risk pou lasante piblik. Lalwa ki ekziste pa ase for e bizin amand li pou otoriz bann kolektivite lokal pran bann aksion ki bizin », a déclaré le ministre de la Santé. Il a ainsi annoncé une révision de la loi en ce sens.
Selon le ministère de la Santé, les deux principaux foyers d’infection se trouvent à Port-Louis, principalement à rue Eugène Laurent, et sur un terrain de l’État à Marjolin. Parmi les 18 personnes toujours hospitalisées, 16 sont à l’hôpital Jeetoo, une à l’hôpital du Nord et une autre à l’hôpital de Rose-Belle. « Ils n’ont aucune complication », a affirmé Anil Gayan. Le ministère de la Santé poursuit donc sa campagne de sensibilisation. Des officiers ont visité ces derniers jours environ 4 860 familles vivant dans les régions où les 51 cas de dengue ont été recensés. Le ministère leur a distribué de la crème anti-moustique et des brochures contenant les informations nécessaires sur les précautions à prendre contre les piqûres de moustiques…