Une première à l’Université de Maurice. Trois syndicats se réunissent pour prendre position contre le vice-chancelier, Dhanjay Jhurry. Le qualifiant de faire un « one-man-show » du fait de ses décisions, qu’ils estiment « unilatérales », l’University of Mauritius Academic Staff Union (UMASU), l’University of Mauritius Staff Union (USU) et la Student Union demande au vice-chancelier de se ressaisir et d’écouter leurs opinions avant toute prise de décision.

Ils sont las d’attendre deux ans pour que leurs doléances soient prises en considération. C’est ce qu’a laissé entendre la présidente de l’UMASU, Preethee Gonpot, face à la presse mercredi matin à Réduit. « Notre préoccupation principale concerne la prise de décision unilatérale sans prendre en compte les “main stakeholders” de l’université », déplore la présidente. Des décisions sont prises sans consulter les différents syndicats. « Nos opinions sont la plupart des fois ignorées », dit-elle.

De plus, elle ne comprend pas la raison de la direction d’empêcher les chargés de cours de la faculté de Law and Management n’ayant pas un doctorat d’offrir des cours additionnels à ceux offerts à Ébène. « Ces académiciens sont des professionnels. En les empêchant d’offrir des cours, c’est contre la démocratie », dit-elle.

La tenue des examens dans le gymnase de l’UoM a aussi été l’un des points soulevés. Selon Preethee Gonpot, « ce n’est pas un exercice normal de prendre les papiers d’examens pour emmener dans le gymnase ». N’étant pas d’accord avec cette décision de la direction, elle dit avoir écrit au vice-chancelier et avance que ce dernier a simplement répondu : « Linion ki ena pou fer ek sa ? ».

Saahir Goolfee, président de la Student Union, abonde dans le même sens sur cette question, avançant que la tenue des examens dans le gymnase « n’était pas la demande des étudiants, comme le fait croire la direction » de l’UoM. « Certains étudiants avaient froid et d’autres chaud, sans oublier le bruit incessant des autobus », dit-il, qualifiant le rapport du vice-chancelier de « biased » au sujet de la tenue des examens dans le gymnase. Selon lui, le rapport, bien que « scientifique », n’a pas été fait selon les règles.
Saahir Goolfee fait ressortir qu’il n’a « jamais été pour » la demande de l’Union des Étudiants d’obtenir les résultats plus tôt. Toutefois, il s’attend à ce que les résultats soient obtenus le 6 juillet au plus tard. Pour lui, « l’avenir de l’université est noir ».

S’il estime que « le temps est venu d’agir », il accuse le vice-chancelier d’avoir fait un « one-man-show », s’agissant de la cérémonie de remise des diplômes sur un terrain de football et de la fermeture de la faculté océan. « Nous sommes là pour nos membres. Et à chaque fois que nous avons dénoncé certaines choses, nous avons été menacés », dit-il.
La cérémonie de remise de diplômes sur un terrain de football n’est pas acceptée par l’Union des Étudiants. Saahir Goolfee avance que « cela attriste ces derniers de recevoir leur diplôme en ce lieu et non dans une salle appropriée ».

Il demande à la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun, d’intervenir sur ce sujet. Selon le président de l’USU, Satish Ramsurrun, « des actions seront prises si le vice-chancelier n’appelle pas les différents syndicats » avant ses prises de décision. « Notre seul souci concerne les discussions avec la direction. Il y a trop de “delaying tactics” », dit-il, ajoutant que des réformes seront bientôt mises en application « sans que l’USU ne puisse dire un mot ».

Pour Iqbal Sookhoo, représentant non académique sur le conseil de l’UoM, les décisions prises au conseil « ne représentent pas l’opinion des syndicats ». Il avance que la décision de la fermeture de la faculté océan a été prise par le vice-chancelier sans consulter les « stakeholders » de l’institution. Citant la signature de l’accord avec l’Arizona State University, il estime que l’UoM perdra Rs 60 millions. « Si nous continuons dans cette voie, notre avenir sera très sombre », dit-il.

Si l’internationalisation est acceptée par l’UMASU, Preethee Gonpot avance que le vice-chancelier a demandé à ce syndicat son lien avec l’Arizona State University lorsqu’elle a posé ses questions. « Nous voulons donner nos points de vue. Nous pensons que l’institution sera meilleure si nous prenons aussi en considération ce que les autres ont à dire », dit-elle.

Par ailleurs, selon Yash Surnam, secrétaire de l’UMASU, « tout ce qui a été dénoncé est pour le bien de l’université ». Si la situation ne change pas à l’UoM, les trois syndicats soulignent que « des actions collectives seront prises ».