Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles dans le monde.

Il y a aussi des initiatives encourageantes, des projets innovants, des démarches créatrices qui donnent des raisons d’espérer.

Mais ces nouvelles-là sont trop souvent noyées sous le flux d’une actualité catastrophe, asphyxiante, démoralisante, voire même paralysante. Une actualité qui nourrit un pessimisme ambiant de plus en plus pesant, qui pousserait au cynisme, voire au fatalisme. C’est la merde partout, et de toute façon on ne pourra rien y changer, serait-on tenté de se dire.

Il y a pourtant ici et là des nouvelles qui mériteraient qu’on s’y arrête, car elles disent autre chose.

Ainsi, sur le plan de la conservation, on apprend que le panda géant n’est plus une espèce en voie de disparition. Très durement affectée par la déforestation, cette espèce emblématique reste menacée. Mais elle est passée de la catégorie «en danger» à «vulnérable». Et cela n’est pas rien quand on sait que le panda est une espèce «parapluie». Cela signifie que sa protection entraîne la protection d’une multitude d’autres espèces.

Les lamantins ont été retirés de la liste des animaux en voie de disparition. Et cela devrait nous parler quand on sait que ces mammifères marins herbivores vivent en eaux littorales peu profondes, dans les lagunes, à l’embouchure des fleuves. Un peu comme les bichiques chez nos voisins de La Réunion, qui se plaignent de plus en plus de sa raréfaction. Cela en raison notamment de la pollution de ses eco-systèmes fragiles. Pour la première fois depuis 100 ans, la population des tigres sauvages grandit de nouveau

S’il y en avait environ 100 000 dans le monde il y a un siècle, ils n’étaient plus que 3 200 en 2010. Or selon le World Wild Fund (WWF), on en compterait aujourd’hui 3 890 vivant dans leur habitat naturel. Une augmentation obtenue grâce à la création d’aires protégées et de patrouilles anti-braconnage. And so what? pourrait-on dire. En quoi le sort de quelques bêtes serait-il si important?

Ces avancées sont pourtant cruciales car elles disent l’état, et la viabilité, de la planète sur laquelle nous vivons tous. Lorsque des espèces animales et végétales disparaissent, cela indique et induit des débalancements dont nous sommes tous susceptibles de souffrir. Jugez-en plutôt : pendant des semaines à la fin de 2017, on a pu voir les images terrifiantes de ces monstrueux incendies qui ont brûlé plus de 108 000 hectares et fait plus de 110 millions de dollars de dégâts en Californie. Pour le gouverneur Jerry Brown, ces sinistres sont un avertissement face aux menaces liées au changement climatique, qui va accroître les risques d’incendie dans certaines régions. Et l’action de l’homme serait ici doublement en cause: dans ce qui est le troisième incendie le plus important de l’histoire de la Californie, des voix autorisées se sont élevées pour mettre en cause la plantation à grande échelle d’eucalyptus, connus pour l’huile qu’ils produisent, et qui se révèle très inflammable…

Si des espèces sont aujourd’hui sauvées, c’est bien parce qu’ici et là, des personnes se sont mobilisées, ont milité et agi en ce sens. C’est bien parce qu’elles ont refusé le fatalisme. Tout comme ces 800 000 bénévoles qui, en Inde, ont planté 50 millions d’arbres en 24 heures.

Il y a l’action d’individus, de collectifs, et également d’Organisations Non Gou- vernementales. Après avoir fait de la plongée sous-marine en Grèce, où il dit avoir vu plus de plastique que de poissons, le jeune Néerlandais Boyan Slat, alors âgé de 17 ans, décide de faire quelque chose. Aujourd’hui, à 21 ans, il dirige l’ONG Ocean Cleanup, qui a développé des prototypes de barrières filtrantes qui sont actuellement testées en Mer du Nord, avec des résultats très prometteurs. Et l’objectif, d’ici les cinq prochaines années, est d’arriver à retirer 50% des déchets aujourd’hui présents dans les océans.

Il y a aussi les initiatives au niveau des Etats et gouvernements.

La Chine s’est engagée dans un processus de fermeture de ses mines de charbon dans le but de nettoyer l’air et de favoriser les énergies renouvelables. Le Canada a sauvé du déboisement 85% de la plus grande forêt pluviale du monde. Israël génère 40% de son eau potable à partir de l’eau de mer, avec l’objectif d’atteindre 70% d’ici 2050. Presque 98% de l’énergie électrique du Costa Rica sont produits par des sources renouvelables.

C’est dire si nous devrions nous interroger sur notre responsabilité, individuelle, collective et gouvernementale, face à l’épisode de pluies enregistré par le pays en ce début d’année. Autant sur l’obligation pour les autorités de considérer les conséquences de tout déboisement, développement inconsidéré, absence de drains. Que dans la nécessité pour chaque Mauricien de considérer à quel point, au quotidien, nous sommes des pollueurs, avec tant de déchets jetés n’importe où, n’importe comment.

Après, il y a aussi cette nouvelle. Le 14 décembre dernier, la NASA a annoncé la découverte d’une “mini-version de notre système solaire”. Baptisé Kepler 90, ce système se trouve à 2,545 années lumière de la Terre, et comporte une planète semblable à notre Soleil, trois planètes de taille terrestre, trois sous-Neptune et deux géantes gazeuses similaires à Saturne et Jupiter. Peut-être un ultime espoir pour nos descendants…