Après presque 12 heures de tension, avec l’atterrissage d’urgence à Mombasa dans la nuit de samedi à dimanche du vol d’Air France, effectuant la liaison Maurice–Paris, le PDG d’Air France a rassuré, à Paris, qu’il s’agissait d’une « fausse alerte » et, surtout, qu’il n’y a eu « aucune faille dans le dispositif de sûreté à l’escale de Maurice ». Un colis suspect, mesurant dix centimètres par trois centimètres,  comprenant « un ensemble composé de cartons et d’une espèce de minuteur » avait été découvert dans les toilettes de cet appareil d’Air France. Cette nouvelle a été accueillie en cours d’après-midi hier par un « ouf de soulagement » du Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, qui a été tenu informé de l’évolution de la situation durant la journée d’hier. Airports of Mauritius Ltd, qui a réuni d’urgence hier tous les Stakeholders au Sir Seewoosagur  Ramgoolam International Airport, a tenu à souligner que « les autorités mauriciennes ont rehaussé le niveau de vigilance et de contrôle à l’aéroport ». De son côté, le Premier ministre adjoint compte réunir les représentants des agences concernées aujourd’hui en vue de passer en revue la situation.
Dans une déclaration à Le Mauricien, après la réunion avec les responsables des agences de sécurité, Xavier-Luc Duval a soutenu que «l’aéroport, qui vient d’être construit est doté des équipements de dernier cri en matière de sécurité et de Screening. Maurice demeure une destination sûre.»
Faisant le point sur cette affaire, qui a été répercutée dans la presse internationale hier, avec l’atterrissage du vol d’Air France au Kenya et la présence de ce colis suspect à bord, Airports of Mauritius Ltd a fait comprendre : « Les autorités mauriciennes et françaises sont actuellement en communication avec leurs homologues kenyans afin de faciliter le déroulement de l’enquête qui a été instituée. Selon les dernières indications, le colis suspect ne serait pas un engin explosif et nous attendons une confirmation officielle dans ce sens de la part des autorités kényanes. Par mesure de précaution, les autorités mauriciennes ont rehaussé le niveau de vigilance et de contrôle à l’aéroport de Maurice. » Le vol AF 463 avait à son bord 459 passagers et 14 membres d’équipage.
D’autre part, l’objet découvert en vol dans les toilettes de l’appareil était « un ensemble composé de cartons et d’une espèce de minuteur », a indiqué le PDG d’Air France lors d’une conférence de presse à Paris dimanche, évoquant « un acte de malveillance » ou « quelque chose qui s’apparenterait à une mauvaise plaisanterie ».
« Après analyse, il s’agit d’une fausse alerte », a-t-il déclaré. « Il n’y avait rien qui présentait un caractère dangereux » pour l’avion, les passagers ou l’équipage, a-t-il assuré. La France est en alerte sécurité maximale depuis les attentats de Paris, qui ont fait 130 morts le 13 novembre. Le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a revendiqué ces attaques, a également affirmé être responsable du crash d’un avion russe en octobre en Égypte, qui a coûté la vie aux 224 personnes. Air France a déjà subi 3 fausses alertes à la bombe dans ses avions « sur le territoire américain » ces deux dernières semaines en plus de celle-ci, a déploré son PDG.
D’après M. Gagey, c’est un passager qui a découvert l’objet en question. Il se trouvait « dans un petit placard situé derrière un miroir » dans les toilettes de l’avion. Cet endroit ainsi que l’ensemble des placards avaient fait l’objet « d’une visite de sûreté » de la part de l’équipage avant le décollage. Rien n’y avait été découvert, selon le PDG. « Rien à ce stade ne permet de dire qu’il y a eu une faille dans le dispositif de sûreté à l’escale de Maurice », a-t-il estimé. Toutefois « des mesures de sûreté complémentaires seront mises en place pour les prochains vols » partant de cet aéroport.
Passagers évacués
Le vol AF 463 avait quitté Maurice à 21 heures (17 heures GMT) et devait arriver à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle de Paris à 5 h 50 locales (4 h 50 GMT). « Il a demandé un atterrissage d’urgence, après qu’un engin suspecté d’être une bombe a été découvert dans les toilettes », avait indiqué dans la matinée Charles Owino, un porte-parole de la police kenyane. « Il a atterri sans problème » à l’aéroport international de Mombasa « et les passagers ont été évacués ».
Un des passagers, John Stephen, a raconté que le personnel de bord d’Air France avait aidé à l’évacuation rapide des voyageurs par les toboggans. « Nous sentions que les membres de l’équipage étaient tendus, et que quelque chose n’allait probablement pas. Quand l’avion s’est arrêté, ils nous ont dit de courir vers les toboggans et de partir loin de l’avion », a-t-il expliqué.
Des experts en déminage sont immédiatement intervenus, mais près de 16 heures après cet atterrissage forcé, les autorités kényanes n’avaient pas encore donné d’indication sur la composition de l’engin. Une source interne à Air France avait dans un premier temps décrit un objet composé de deux horloges digitales transparentes avec deux horaires différents, a priori sans décompte, d’un fil noir ressemblant à une antenne de radio-réveil et de quatre cartons rectangulaires reliés par un adhésif et des pinces métalliques.
Le ministre kényan de l’Intérieur Joseph Nkaissery s’est immédiatement rendu à Mombasa.
Le ministère a indiqué en fin de matinée que la police interrogeait « plusieurs passagers » du vol. Selon une source policière kenyane, une dizaine de personnes ont été entendues et cinq continuaient à l’être dans l’après-midi. « C’est une affaire internationale et nous parlons également aux autorités mauriciennes pour savoir s’il y a eu une fouille des passagers avant qu’ils embarquent », a souligné M. Nkaissery, qui a ensuite rendu visite aux voyageurs, installés dans un hôtel en attendant leur départ pour Paris. Air France « demandera l’ouverture d’une enquête pour tirer les choses au clair », a annoncé son PDG. La compagnie française a affirmé tout mettre en oeuvre pour assurer le réacheminement de ses clients. Leur départ était prévu en fin de journée.