Peroomal Veeren reproche au commissaire des prisons de ne pas avoir respecté ses engagements pour rétablir les facilités accordées normalement aux prisonniers

Le caïd Peroomal Veeren, qui avait en octobre dernier obtenu l’assurance du commissaire des prisons qu’il bénéficiera des mêmes facilités accordées aux prisonniers, évoque cette fois un « non-respect » de cet engagement. Dans une demande logée en Cour suprême, il reproche au commissaire des prisons de le priver de ses droits fondamentaux. L’affaire a été appelée une première fois devant le Senior Puisne Judge Eddy Balancy. Présent en cour, le commissaire des prisons Vinod Appadoo a fait savoir par le biais de ses hommes de loi qu’il comptait résister à la demande. L’affaire sera de nouveau appelée le 5 mars pour qu’il soumette son affidavit.

Dans une lettre, le commissaire des prisons avait fait savoir que, depuis le 24 octobre 2017, Peroomal Veeren n’était plus isolé et qu’il avait été transféré dans une autre cellule avec trois autres détenus. La prison avait aussi pris l’engagement de rétablir les facilités qui sont normalement accordées aux prisonniers, notamment un repas diététique spécifique et un moment pour la prière. Or, quatre mois après, Peroomal Veeren revient à la charge pour un « non-respect » de ces conditions, accusant le commissaire des prisons de « n’avoir pris aucune mesure pour faire respecter ses droits ». Du côté du défendeur, l’on compte objecter à cette demande.

Dans son premier affidavit, rédigé par Me Pazhany Rangasamy, Peroomal Veeren explique que le 31 mars 2017, suite à une fouille à la prison de Beau-Bassin lors de laquelle un téléphone portable avait été retrouvé en possession d’un autre détenu, il avait été le seul à être transféré en isolement à l’ex-prison destinée aux pirates somaliens. Il souligne qu’il a été « le seul Mauricien » à avoir été transféré dans cette prison et que ses droits constitutionnels « n’ont pas été respectés ». Il a aussi évoqué une “arbitrary deprivation” de ses privilèges, soulignant le fait qu’il avait subi un « traumatisme » après le traitement qui lui avait été accordé à l’ex-Pirate Wing.

Dans sa demande, Peroomal Veeren a aussi réclamé que les facilités, normalement accordées aux prisonniers, lui soient rétablies. Il s’agit du droit de pratiquer des activités physiques dans le Day Care Centre, l’accès au temple et la possibilité d’assister à des sessions de prière avec d’autres prisonniers, de même que de pouvoir contacter ses proches, d’avoir droit à un special “diet”, car étant diabétique, d’avoir les journaux quotidiennement, de pouvoir faire des études et d’effectuer des travaux de réhabilitation dans le “Tailor Shop”.

Le représentant légal du commissaire des prisons a déclaré que ces facilités « lui seront accordées ». Le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, à la demande de son homme de loi, n’aura plus à se présenter à chaque fois en cour, mais devra cependant répondre à l’affidavit de Peroomal Veeren.