Intervenant ce matin au Labourdonnais Waterfront Hotel, Port-Louis, à l’ouverture d’un National Stakeholders Workshop de deux jours sur le SWITCH Africa Green Programme, le ministre de l’Environnement, des Urgences en cas de Catastrophes naturelles et de la Beach Authority, Raj Dayal, a annoncé pour bientôt l’obligation pour les maisons neuves d’être équipées d’un système de récupération de l’eau de pluie (rainwater harvesting).
« Le gouvernement se propose de faire adopter prochainement une loi qui fera obligation pour toutes les nouvelles maisons d’être équipées d’un système de récupération de l’eau de pluie. Le rainwater harvesting sera donc obligatoire pour les maisons nouvellement construites », a annoncé ce matin Raj Dayal. « On n’aura ainsi plus le droit de se servir de l’eau traitée pour drainer les w.-c. ou pour nettoyer le pavage ou arroser son jardin, car on pourra à la place se servir de l’eau de pluie », a ajouté le ministre.
Raj Dayal parlait des initiatives prises par son ministère pour mettre en pratique le concept de consommation et production durables (SCP — Sustainable Consumption and Production) au niveau de la communauté dans le domaine du recyclage, de la réutilisation ou du compostage des déchets dans le cadre du SWITCH Africa Green Programme. « Mon ministère est en train de travailler sur une New Waste Recycling and Resources Recovery Strategy qui vise à atteindre l’objectif de zéro déchets à long terme », a-t-il annoncé. Il a expliqué qu’actuellement, le pays génère environ 450 000 tonnes de déchets par an, dont 93 % sont enfuis à Mare-Chicose et les 7 % restant sont soit recyclés soit compostés. « Une des stratégies que nous proposons et que les petites et moyennes entreprises devraient saisir comme une opportunité c’est le recyclage des déchets ainsi que leur compostage pour en faire des produits utiles ». Il s’est réjoui que le SWITCH Africa Green Programme finance le projet Industrial Symbiosis qui s’occupera des déchets industriels pour déterminer comment les déchets d’un secteur pourront être convertis en une matière première pour un autre. La distribution de composteurs et le programme de chauffe-eau solaire à quelque 58 900 familles sont deux autres initiatives du ministère de l’Environnement, a-t-il ajouté.
Le ministre a également élaboré sur le boost écologique que le SWITCH Africa Green Programme peut donner aux secteurs de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme et de l’énergie. « Le gouvernement a démontré sa ferme conviction et sa volonté politique de réussir notre transition vers un développement durable comme préconisé par ce programme ».
L’ambassadrice Marjaana Sall, Chef de la délégation de l’Union européenne à Maurice, a pour sa part affirmé que la République de Maurice a le potentiel pour devenir un modèle dans le domaine du SCP, en particulier pour les Petits États insulaires en développement (PEID). Elle a aussi élaboré sur le rôle essentiel des PME dans la promotion d’une consommation et d’une production durables. « Dans ce contexte, le SWITCH Africa Green Programme est une plateforme idéale pour la promotion du SCP parmi les PME ».
Le UN Resident Coordinator et UNDP Resident Representative, Simon Springett, a, entre autres, salué la volonté de Maurice de réussir sa transition vers une économie verte.
Auparavant, la directrice de l’Environnement, Dominique Ng, a expliqué les objectifs de cet atelier de deux jours. « Cet atelier vise à offrir aux parties concernées par ce SWITCH Africa Green Programme une meilleure compréhension de leurs rôles et responsabilités. L’objectif premier de ce programme est de faciliter la transition de « business as usual » à un mode de consommation et de production durable pour les affaires dans les pays bénéficiaires », a-t-elle indiqué.