DÉVELOPPEMENTS INFRASTRUCTURELS À AGALÉGA : Paul Bérenger juge “ambiguës” les réponses de Pravind Jugnauth à la PNQ de XLD

“Déjà, quand j’étais PM en 2003, l’Inde n’avait attaché aucune condition pour réaliser ces travaux d’infrastructure”, assure-t-il
  • “Que Navin Ramgoolam précise, ainsi, les supposées “demandes inacceptables” qu’auraient faites les Indiens quand lui était PM”

Paul Bérenger, leader du MMM, critique les réponses qu’il juge ambiguës du Premier ministre Pravind Jugnauth à la PNQ du leader de l’opposition, Xavier Duval sur Agaléga. Des réponses susceptibles, selon lui, de susciter encore plus “d’inquiétudes” et de “doutes” dans la tête des gens. “L’Inde n’avait attaché aucune condition à la réalisation des travaux d’infrastrcuture à Agaléga en 2003 quand j’étais Premier ministre du gouvernement MSM/MMM d’alors”, soutient-il. Accusant, ainsi, le leader du PTr, Navin Ramgoolam de vouloir de nouveau faire du “cheap politics” sur ce sujet, il demande à ce dernier de dire clairement qu’elles sont les “demandes inacceptables” faites par l’Inde en contre-partie de son aide pour développer Agaléga et que le leader du PTr aurait refusé d’accepter quand il était à la tête du gouvernement.
Paul Bérenger rappelle que les débats budgétaires devraient, en principe, prendre fin mardi quand le Premier ministre, Pravind Jugnauth, le Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo et lui-même interviendront. En attendant, le leader des mauves fait le constat “sans précédent” que ces débats n’intéressent plus grand monde tant à l’Assemblée nationale que dans le pays en général. Il cite en exemple le fait qu’il n’y avait, vendredi, que 17 parlementaires présents au moment où intervenait Sunil Bholah, “un ministre qui, pourtant, a pour habitude de faire son travail et qui talks sense.”
Paul Bérenger laisse comprendre que la population a intériorisé le fait que comme pour les précédents budgets du gouvernement du jour, tout ne se résume qu’à des effets d’annonce qui n’auront aucune suite. Comme pour décrédibiliser un peu plus l’exercice entrepris par le PM et ministre des Finances, il cite les prises de position de “tous les économistes et commentateurs sérieux.” Le leader du MMM souligne que ces derniers ont unanimement soutenu que les mesures annoncées ne vont, d’abord, pas relancer l’économie.
Il cite la projection finale de croissance prévue par MCB Focus pour l’année financière 2016/17 qui s’achève. Paul Bérenger rappelle que ce service de la première banque commerciale du pays prévoit que le taux de croissance sera 3,8% et non 3,9% selon l’estimation officielle faite par le Grand argentier. Il soutient, ensuite, que ces “économistes et commentateurs sérieux” trouvent que le tout dernier budget présenté par Pravind Jugnauth ne sera pas soutenable dans la durée.
Le leader des mauves accueille favorablement l’idée de se défaire des deux derniers special funds qui avaient été constitués du temps où le porte-feuille des Finances était occupé par Rama Sithanen. Il dénonce, néanmoins, la démarche “hypocrite” de constituer, parallèlement, des “soi-disant special purpose vehicles” pour canaliser l’emprunt de $ 500 millions obtenu du gouvernement indien. Ce qui, pour lui, revient au même. Soit, à une sous-estimation artificielle, au moyen de ce subterfuge, du niveau réel du déficit budgétaire.
Mais, rappelle Paul Bérenger, tout emprunt contracté doit être remboursé. Il souligne que des dépenses, sans doute nécessaires en matière de logements sociaux ou de remplacement de conduits d’eau, ne sont pas génératrices de revenus. Il considère aussi comme une “hypocrisie” le fait que les Rs 4 par litre d’essence perçues depuis 2015 pour aller grossir le Build Mauritius Fund iront dorénavant dans le Consolidated Fund. Le leader du MMM note que l’on n’a même pas songé à une baisse du niveau de ce prélèvement qui rapporte jusqu’ici annuellement Rs 2 milliards à l’État.
BAI: “Bhadain et les fonds publics”
Paul Bérenger enchaîne avec l’affaire BAI. Il se dit “choqué” que lors de son intervention dans les débats budgétaires en début de semaine, sir Anerood Jugnauth a choisi d’avouer que des ministres se permettaient de passer outre à ses consignes du temps où il était Premier ministre. Il se réfère, de même, à des informations laissant comprendre que le remboursement des victimes de la BAI pas encore compensées pourrait se faire à partir d’un emprunt bancaire de l’État qui sera vraisemblablement contracté auprès de la SBM Ltd ou de la MauBank.
Paul Bérenger rappelle les engagements fermes qui avaient été pris par l’ancien ministre Roshi Bhadain à l’effet que pas un sou des fonds publics n’allait être dépensé dans le cadre de la gestion de l’affaire BAI. Faisant un constat d’échec de la gestion de cette crise, il précise, néanmoins, être entièrement pour le remboursement des plus petits souscripteurs lésés dont ceux des petits retraités de l’industrie sucrière qui ont investi leurs indemnités de retraite dans les produits de l’ex-groupe BAI.
Paul Bérenger dénonce vivement la manière “indécente” par laquelle, dit-il, le ministre des Services financiers, Sudhir Seesungkur a défendu le controversé milliardaire angolais Alvaro Sobrinho à l’Assemblée nationale au courant de la semaine. Il s’associe au leader de l’opposition, Xavier Duval pour réclamer la démission pure et simple du ministre en question. Paul Bérenger promet de rappeler, mardi, lors de son intervention sur le discours du budget, comment la “dictature pourrie” longtemps aux commandes en Angola a bénéficié du soutien inconditionnel du gouvernement de droite qui était au pouvoir au Portugal avant l’arrivée des socialistes à Lisbonne.
Il s’étonne que le ministre Seesungkur feint d’ignorer que dans toute l’Union européenne (UE), il y a un mandat d’arrêt contre le vice-président en exercice de l’Angola pour soupçons de malversations financières. Le leader des mauves ne se montre pas tendre, non plus, vis-à-vis de la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. “Tant du côté pile que du côté face, la Présidente perd sur tous les bords”, soutient-il.
Paul Bérenger explique que tout comme il aurait été inacceptable que l’État s’acquitte des dépenses encourues par Mme Gurib-Fakim à Rome pour une mission privée pour le compte de Planet Earth Institute (PEI) du dénommé Sobrinho, il aurait été, selon lui, “tout aussi inacceptable que Sobrinho s’acquitte des dépenses en mission de la Présidente de la République de Maurice.” D’où l’importance, selon le leader du MMM, qu’Ameenah Gurib-Fakim “abandonne tranquillement”, plus que jamais, la présidence de la République.
Par rapport à Agaléga, Paul Bérenger critique l’ambiguité avec laquelle le PM a répondu à la PNQ du leader de l’opposition, Xavier Duval quand ce dernier lui a demandé s’il rendra public le Maritime Security Agreement qui a été conclu avec l’Inde. Selon lui, en effet, la manière par laquelle Pravind Jugnauth a répondu “est susceptible de créer encore plus d’inquiétudes et de doutes dans l’esprit des gens”. Pour sa part, le leader du MMM explique que quand il était PM en 2003 sous le gouvernement MSM//MMM d’alors, il avait déjà été agréé que l’Inde allait financer la construction d’un port d’embarcation et d’une piste d’atterrissage.
“L’Inde n’avait attaché aucune condition à la réalisation de ces travaux d’infrastructure”, assure Paul Bérenger. Il rappelle que les travaux de l’époque comprenaient aussi une composante privée avec le groupe IBL qui projetait d’y faire aménager un nombre limité de chalets dans le cadre d’un projet de développement éco-touristique respectueux de l’environnement. Il rappelle que le groupe IBL avait même spécialement créé pour ce projet une flotte aérienne baptisée Catovair qui allait permettre un réel désenclavement de ce petit territoire mauricien.
“Tout le projet allait finalement capoter par la faute de Navin Ramgoolam. Par fanatisme politique mais aussi par communalisme, il a tout fait foirer”, soutient Paul Bérenger qui trouve qu’aujourd’hui encore, le leader du PTr veut encore faire du “cheap politics” sur toute cette question de développement à Agaléga. Alors que, rappelle-t-il, l’Inde ne nous avait imposé aucune condition pour la réalisation des travaux de développement déjà envisagés à Agaléga en 2003, Navin Ramgoolam, dit-il, est venu prétendre récemment qu’il aurait, lui, refusé de céder à de supposées “demandes” indiennes en contre-partie quand il était à la tête du gouvernement.
“Dissiper les doutes et inquiétudes”
Pour Paul Bérenger, tout cela de la part de Navin Ramgoolam est “un manque de respect envers nos amis Indiens.” “Si cela est vrai que l’Inde nous aurait fait des demandes inacceptables en contre-partie de son aide pour le développement d’Agaléga, que Navin Ramgoolam vienne dire de quoi il s’agit”, lance Paul Bérenger. Pour lui, au nom de l’amitié liant Maurice à l’Inde, le leader du PTr a le devoir de venir dévoiler ce que l’Inde nous aurait, supposément, réclamé en retour de son aide pour Agaléga.
En vue de couper court aux pires supputations, le leader du MMM réitère sa demande pour que le Maritime Security Agreement conclu avec l’Inde soit rendu public. De même que le projet détaillé de développement prévu à Agaléga quand il aura été finalisé. Même s’il concède que le Maritime Security Agreement doit se rapporter à des questions relevant de la sécurité de l’État, Paul Bérenger pense que cet accord doit être publié. Il s’agit, selon lui, du seul moyen de dissiper les “inquiétudes” et les “doutes” qui subsistent.
Le leader du MMM s’enorgueillit que son parti fasse figure de pionnière en matière de lutte pour le respect de l’intégrité territoriale de la République de Maurice. “Au MMM, rappelle-t-il, nous avons été les premiers à nous battre pour que Maurice recouvre sa pleine souveraineté tant sur les Chagos que sur Tromelin. Et en la matière, nous n’avons de leçons à recevoir de personne”, dit-il.
Paul Bérenger note, au passage, qu’en dépit de l’engagement pris par la Speaker, mardi, à hier, aucun développement n’est intervenu dans l’affaire de la possible falsification du Hansard, compte rendu officiel des travaux parlementaires, autour d’une réponse fournie par le ministre responsable des îles éparses, Mahen Jhugroo, au député MMM Aadhil Ameer Meea. Sans vouloir créer une psychose, assure-t-il, le leader du MMM dit son inquiétude autour de rumeurs d’une possible contamination de l’eau du Bagatelle Dam due à ce qui pourrait être un défaut de construction.
Paul Bérenger récuse, par ailleurs, l’accusation de Pravind Jugnauth tendant à l’associer à un bookmaker. Il soutient, en revanche, que la seule mesure du dernier budget se rapportant aux courses hippiques viserait à favoriser un bookmaker en particulier. Le leader du MMM confirme, enfin, que son parti présentera positivement un candidat si, comme il l’a annoncé, le député Roshi Bhadain démissionnait de l’Assemblée nationale pour provoquer une élection partielle à Belle-Rose /Quatre-Bornes. “Nous avons déjà discuté de  qui pourrait être notre candidat”, souligne-t-il. Paul Bérenger promet de préciser les choses une fois la démission du député Bhadain confirmée.