Étant donné sa position stratégique dans l’océan Indien, Maurice est le lien logique entre l’Asie et l’Afrique, a affirmé le Premier ministre lors de son intervention à l’ouverture officielle du Pravasi Bharatya Divas (PBD) régional au centre de conférence Swami Vivekananda, à Pailles samedi dernier, en présence du leader de l’opposition, Paul Bérenger, du ministre indien des Affaires indiennes d’outremer, Valayar Ravi, des parlementaires mauriciens, des représentants du Mouvement socialiste mauricien (MSM), et de son épouse Veena Ramgoolam. Navin Ramgoolam a exhorté les délégués étrangers et locaux à ne pas utiliser cette plateforme créée par l’Inde que pour faire des affaires mais pour se connecter les uns les autres et partager une culture et des valeurs communes.
« Certains d’entre vous sont à Maurice pour la première fois. Vous vous êtes sûrement rendus compte que Maurice est un pays approprié pour tenir ce genre de rencontre. La nation mauricienne s’est construite à partir de différentes diasporas des plus grandes civilisations et vu sa position stratégique dans l’océan Indien, Maurice constitue an obvious bridge between Asia and Africa », a affirmé le Premier ministre.
Navin Ramgoolam a observé que la présence d’une délégation de hauts officiels du gouvernement indien dirigée par le ministre Ravi est une preuve de l’importance que l’Inde attache à cet événement. Le PM mauricien s’est longuement appesanti sur le lien étroit entre l’Inde et Maurice. Et de noter que chaque visite de chefs d’État indien à Maurice depuis l’indépendance renforce cette relation. Pour lui, l’engagement du ministre Ravi auprès de la diaspora est une preuve que l’Inde souhaite « draw the best of what people of indian origine can offer to India, to themselves and to humanity at large ». Il affirme que Maurice soutient cette initiative et rappelle que le pays a été très actif lors des précédents PBD. « On a montré notre détermination pour consolider ce lien et nous bâtissons sur les retombées de chaque manifestation », dit-il en soulignant que le PBD est une plateforme pour réunir les personnes qui partagent les mêmes cultures et valeurs traditionnelles mais qui sont dispersées. Il s’agit selon lui d’un réveil de la diaspora. Navin Ramgoolam rappelle qu’il avait participé à l’édition 2008 du PBD et que le GM indien lui avait conféré le PBD Samman Award.
Plus que la double nationalité
Le PM s’est aussi appesanti sur l’histoire des travailleurs engagés qui sont partis d’Inde volontairement et qui ont mené une vie difficile parsemée de souffrances psychologiques également dans leur pays d’accueil. « History demands we never forget them », dit-il, comme pour nos ancêtres africains, chinois et européens.
Navin Ramgoolam apprécie la démarche du National Indian Congress (NIC) d’accorder son soutien à tous ceux qui se sont plaints des cruautés et de l’exploitation qu’ils ont subis dans leur pays d’accueil. D’ailleurs note-t-il, après sa visite à Maurice, Mohandas Gandhi avait envoyé Manilall Doctor pour soutenir les travailleurs engagés et les aider à améliorer leurs situations.
Aujourd’hui, fait ressortir Navin Ramgoolam, grâce à internet, les 25 millions de personnes de la diaspora, soit de 110 pays, peuvent se connecter. Depuis 2003, poursuit le PM, les conventions, qui se sont succédé, établissent et consolident la relation avec l’Inde. Même s’il est vrai que l’émergence de l’Inde crée des attentes auprès de la Grande péninsule et sa diaspora, le Premier ministre affirme : « PBD should in our view mean more than investment to India or investment from India. It should be more than a question of dual nationality for people of Indian origine and non-Indian residents (NRI). » Pour lui « self expectation should be a part of the equation ».
Navin Ramgoolam estime que les jeunes ont un rôle majeur à jouer dans le PBD. Ainsi, il a demandé aux délégués d’y accorder une attention particulière. Il cite dans la même foulée le Know India program destiné à mieux faire connaître l’Inde aux jeunes de sa diaspora.
« Engagement de l’Inde »
Prenant la parole à son tour, le ministre Ravi a observé que la rencontre annuelle en janvier en Inde de même que les éditions régionales « gain in momentum » et que le PBD est un engagement multidimensionnel entre l’Inde et sa diaspora. Il devait aussi parler de la visite de Mohandas Gandhi à Maurice, de Manilall Doctor parmi d’autres et de leur contribution à l’éveil de la conscience économique et politique à Maurice. Et de citer sir Seewoosagur Ramgoolam parmi ceux qui ont fait partie de cette longue marche vers l’indépendance du pays. SSR est, poursuit-il, la première personne d’origine indienne en dehors de l’Inde à être devenu un chef d’État. « He dug the path to prosperity », souligne-t-il. En outre, il s’est appesanti sur la préservation des religions et de la spiritualité à Maurice.
M. Ravi a remercié le gouvernement mauricien d’avoir accepté d’accueillir la 6e édition du PBD régional. Il a indiqué que le thème choisi, « Shared roots, common destiny », recèle l’essence de la diaspora. Il a aussi tenu à citer une phrase du Premier ministre indien Manmohansing, prononcée à Singapour, « Keep a place in your heart for India », en s’adressant aux délégués. Valayar Ravi a fait une mention spéciale à l’intention des Réunionnais présents au PBD et qu’il a rencontrés plus tôt samedi.
« Channelling investment to India »
Le ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee, a prononcé un long discours de bienvenue aux délégués en présentant les différentes facettes qui lient Maurice à la Grande Péninsule, soit le pays qui a servi de lieu d’expérimentation pour les Britanniques dans leur projet d’envoyer des travailleurs engagés dans les colonies et aujourd’hui, « for channelling investment to India ». Il a souligné que Maurice est le pays dont le plus gros pourcentage de sa population est d’origine indienne soit « 80 % » dit-il. Il a rappelé que de nombreux villages du pays portent le nom des plus grandes personnalités indiennes et a noté l’existence de toutes les langues indiennes sur le territoire.
Seetharam présente ses excuses
Le Haut commissaire indien à Maurice TP Seetharam a quant à lui affirmé que l’événement s’est transformé en un festival mauricien. Il est d’avis que Maurice a su « embrace the idea and enlarge it in to something wonderful ». Pour lui, le pays a réussi à refléter la splendeur de la diaspora indienne. Il a présenté ses excuses auprès de tous ceux qui n’ont pu se faire inscrire pour participer à l’événement et qui ont été contraints de la suivre à la télévision. Ceci est dû, laisse-t-il entendre, au succès inattendu de la manifestation.