La digitalisation des services publics a fait l’objet jeudi d’un séminaire organisé par le ministère des Affaires étrangères à l’auditorium Octave Wiehe et qui a été marqué par l’intervention d’Ivar Tallo. Ce dernier, considéré comme le père de la digitalisation en Estonie, a observé que ce projet exige un leadership politique fort.
L’exposé du Dr Ivar Tallo a été consacré aux grandes étapes du processus de numérisation des services publics en Estonie au fil des années en vue d’assurer des services publics de qualité à la population dans diverses sphères de la vie.
Il a expliqué qu’il s’agit avant tout d’un projet politique qui a exigé un leadership politique fort pour faire avancer ce processus.
L’Estonie s’était aussi engagée dans un vaste programme de formation de ses citoyens aux outils de la technologie informatique afin qu’ils puissent se doter de connaissances de base pour utiliser les prestations en ligne.
Le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a exhorté la population à s’engager pour réussir la transition économique. Il a expliqué que le pays se trouve à la croisée des chemins, et que la population doit pouvoir prendre la mesure de l’enjeu.
Il a demandé à la population de faire preuve d’un état d’esprit plus positif et de rejeter les comportements qui soient susceptibles de compromettre l’avenir du pays. Telles les attentes d’instant gratification qui prennent le dessus sur le sens de l’effort et de la responsabilité individuelle et collective.
« Il nous faut éviter la complaisance. Il nous faut pouvoir rebondir. Nous avons la capacité de le faire car nous l’avons fait dans le passé », soutient le ministre. Selon lui, Maurice peut en matière de digitalisation devenir pour l’Afrique ce que l’Estonie est pour l’Europe.
Le secteur privé et le gouvernement sont sur la même longueur d’onde en ce qu’il s’agit de l’approche au développement, a souligné le président de l’Outsourcing & Telecommunication Association of Mauritius (OTAM), Ken Arian. Il a mis en garde contre l’attitude d’autosatisfaction qui n’aide pas à avancer. « Il ne faut pas se contenter de dire que nous sommes premiers en Afrique dans tel ou tel indice de performance », affirme-t-il.
Le ministre du Service civil et des réformes administratives, Eddy Boissézon, a, lui, mis l’accent sur la modernisation de la fonction publique, notamment par le biais de la technologie informatique. Il a présenté les grands axes de l’immense projet de transformation de l’ensemble du secteur public et évoqué les nouvelles opportunités des prestations en ligne au public.
« Notre population a atteint un niveau élevé de sophistication et s’attend à des services efficaces et rapides. Les technologies digitales jouent un rôle majeur dans cette perspective », soutient le ministre.
Harvesh Seegoolam, Chief Executive de la Financial Services Commission, a lui annoncé que l’organisme régulateur travaille sur une initiative pour devenir une organisation paperless à brève échéance avec un ambitieux programme de numérisation de ses opérations et de ses prestations.
S. Baichoo, doyen de la Faculty of Information, Communication and Digital Technologies de l’Université de Maurice a, lui, fait état des avancées de l’université dans l’enseignement des diverses filières de la technologie informatique.