« L’alliance Lepep est solide malgré les secousses. Li pa en pann », a lancé hier soir le Premier ministre sir Anerood Jugnauth à un dîner offert par Manissa Group of Compagnies à l’occasion de son 86e anniversaire. À cette occasion, a été projeté un clip produit par Bissoon Mungroo retraçant quelques grands moments de la vie politique de SAJ.
Le Premier ministre est revenu sur les débuts de sa carrière politique et sur les raisons pour lesquelles il avait quitté le gouvernement de sir Seewoosagur Ramgoolam. Il devait ensuite se joindre au MMM pour aider ce parti qui luttait pour les travailleurs. SAJ a  affirmé qu’il avait bien fait comprendre aux dirigeants de son parti qu’il souhaitait surtout les soutenir sans quelque ambition de devenir Premier ministre. Toutefois, sur l’insistance de Paul Bérenger, il a accepté d’être présenté comme Premier ministre en 1976. Par la suite, il est devenu leader de l’Opposition qu’il occupait à temps partiel parce qu’il avait à travailler et à s’occuper de sa famille. Lorsque le MMM a pris les rênes du pouvoir en 1982, il est devenu un Premier ministre à plein-temps.  SAJ est revenu sur la cassure de 1983 et a accusé Paul Bérenger « de vouloir faire de lui une marionnette et d’avoir essayé d’imposer une direction collégiale ». Il a affirmé qu’après la cassure d’avec le MMM il fut contraint de conclure une alliance avec le PMSD et le Parti travailliste « parce que le MMM était trop fort ». Il a soutenu par là même « avoir sauvé le pays de la dictature » à cette époque. Poursuivant son intervention, il évoquera son amertume de 1995 lorsqu’il avait perdu les élections générales « malgré tout ce qu’il avait entrepris pour le pays depuis 1982 au plan économique ».
Par ailleurs, le Premier ministre a reproché aux Mauriciens d’avoir la mémoire courte et d’être impatients. Il a rappelé qu’en 1983, il a pris trois ans pour relancer l’emploi. SAJ a réaffirmé sa volonté de lutter contre la corruption. Évoquant l’affaire Lutchmeenaraidoo, il a affirmé qu’une enquête est en cours et s’il s’avère qu’il y a eu maldonne, il n’hésitera pas à prendre la décision qui s’impose.
S’agissant de la réforme électorale que son gouvernement compte introduire, le chef du gouvernement a affirmé son intention d’interdire les bases et de faire voter une législation pour « bannir les associations communales ». Il a également défendu le projet d’Heritage City et le financement par les arabes, avant d’affirmer que ceux qui pensent qu’il y aura des élections anticipées sont en train de rêver. « L’alliance Lepep est solide malgré les secousses. Elle n’est pas en panne et roule à grande vitesse » , a-t-il conclu.