Il partage le travail au training avec Mark Neisius et entraîne principalement les chevaux de l’entraînement Raj Ramdin. Mais c’est avec deux coursiers d’un autre établissement que Dinesh Sooful a choisi de démarrer victorieusement la saison 2016. Torotino (Rameshwar Gujadhur) et Tube Wave (Ricky Maingard) ont fait le bonheur de ce jockey lors de la journée inaugurale samedi dernier.
« Je ne pouvais demander mieux pour un départ, » s’exclame Dinesh Sooful, 38 ans samedi (2 avril) et dans le giron depuis plus de deux décennies maintenant. « Mes deux victoires proviennent des outsiders, avec deux coursiers que j’ai découverts en course, » poursuit-t-il.
Torotino, Rs 750 chez les bookies, a relégué le super favori Lietuva (Rs 280) à 5,50 longueurs. « Subiraj Gujadhur m’avait proposé cette monte le lundi précédant cette première journée. J’ai visionné les films de quelques-unes de ses courses et j’ai suivi les instructions. On m’avait surtout recommandé de keep him one off. J’étais dans le dos d’Anafesto jusqu’au 800m quand il a faibli. J’ai eu les barres malgré moi mais très vite je me suis repositionné one off pour bien accéléré en ligne droite. Mon coursier était full of running et j’étais alors confiant pour la victoire. »
Tube Wave, doublure de Ricky Maingard et dont la dernière victoire remontait au 15 novembre 2014, fut l’autre gagnant de Sooful. « Je savais que c’est un cheval qui aime courir fresh. Aussi, prétendre à la victoire en se basant sur sa saison 2015 (sans victoire) était osé. Mais j’ai découvert un Tube Wave plein d’allant en course. Quand on a trouvé le passage à 400m entre Silver Dice et Pont D’avignon, il a foncé avec autorité. Il a versé un peu à l’intérieur en ligne droite mais a produit un dash remarquable, prouvant que ce n’est pas un coursier difficile à monter. »
Séquence bizarre
Curieusement, la séquence du samedi 26 mars 2016 aura été bizarre pour Sooful. Deux dernières places, suivies de deux victoires puis encore une dernière place et une avant-dernière (Port Albert) pour ses six montes de la journée. « Mes deux premières montes 2016 se sont soldées par des échecs, c’est vrai. Tiger Master, a priori favori de la course, a été une grosse déception. Il avait bien sauté mais était déjà à plat à 400m du but. Put Foot Singe, pourtant bien à l’entraînement, n’avait plus de gaz quand je lui ai demandé l’effort. Abington, de son côté, a eu une course difficile. Il doit être revu. Port Albert, lui, a couru dans une valeur supérieure et il n’a jamais paru dans son assiette. »
Avec déjà un doublé dans l’escarcelle, Dinesh Sooful se sent gonflé à bloc. Lui qui n’avait ramené que sept victoires en  2015. « C’était une saison très moyenne. En 2000, année de mon couronnement de jockey champion mauricien, j’avais remporté 14 gagnants, ce qui constitue mon meilleur parcours au Champ de Mars. »
Formé en 1992 au sein de la génération Yashin Emamdee et Sachin Chowa, Sooful avait débuté en compétition en 1997 et signa sa première victoire un an plus tard avec Tabloid de l’entraînement Merven. « Outre le Champ de Mars, j’ai exercé sur plusieurs autres hippodromes, de Macao à la Grande Bretagne, en passant par l’Afrique du Sud, la Malaisie, le Kenya et le Zimbabwe. C’est au Zimbabwe que j’ai réalisé mes meilleures sorties internationales, avec une bonne vingtaine de gagnants. »
En 24 ans de carrière, Sooful qui monte à 52 kg, comptabilise plus de 75 victoires, dont 64 au Champ de Mars. Il n’a jamais remporté de classique. « Je me suis offert le Tote Goldfen Trophy (semi-classique) avec Stud Master. J’espère accrocher au moins une victoire classique avant la fin de ma carrière, » souligne le jockey qui avait connu un gros arrêt de décembre 2013 à mai 2014, conséquence d’une grave blessure aux ligaments croisés d’un genou, occasionnée par les caprices d’un coursier.