L’Ile Maurice et Rodrigues doivent beaucoup à la présence des congrégations missionnaires qui, depuis le 19ème siècle, ont délégué prêtres, religieux et religieuses pour se dévouer au service des plus pauvres ou des besoins les plus urgents du pays. Le développement de l’éducation primaire et secondaire et la prise en charge des hospices et foyers d’accueil n’en sont que quelques exemples. Deux articles, une sur les congrégations masculines et l’autre sur les congrégations féminines permettront de faire un bref tour d’horizon de leur implantation et de leurs domaines actuels d’activité. C’est l’occasion de faire ressortir que c’est à l’invitation des Pères MEP (de la Société des Missions Etrangères de Paris) établis à Maurice, qu’a lieu l’actuelle visite de Michel Camdessus, ancien directeur du Fonds Monétaire International. Il est venu pour des exposés qui leur étaient destinés, mais ils ont bienveillamment voulu que Mr. Camdessus ait aussi l’occasion de s’adresser aux Mauriciens, d’où la rencontre publique prévue ce vendredi à 16.00 à l’Université de Maurice sur le thème : « De quelle crise sortons-nous ? Vers quel monde allons-nous ? »
12 congrégations masculines, regroupant prêtres et frères religieux, sont à l’oeuvre dans le diocèse de Port-Louis. La première congrégation est arrivée à Maurice en 1841 et la dernière en l’an 2000.
Pendant le 19ème siècle, trois congrégations masculines sont introduites dans le pays par Mgr William Bernard Allen Collier o.s.b. (1802-1890), dont l’épiscopat a été tellement positif. Il a pris à coeur de faire venir les Spiritains pour s’occuper des plus pauvres et des esclaves, les Jésuites venus pour s’occuper spécialement de la Mission indienne et les  Frères des Écoles Chrétiennes qui ont fondé des écoles primaires et le Collège St Joseph.
— En 1841, la Congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Coeur de Marie – les Spiritains – accepte que leurs prêtres soient ordonnés pour l’Église de Maurice. Père Jacques-Désiré Laval (1803-1864) qui débarque dans le pays en 1841, appartenait à cette Congrégation. Les Spiritains ont profondément marqué la vie du pays, que ce soit dans le domaine de la pastorale ou dans celui de l’éducation. Venus de France, d’Irlande, de l’Angleterre, du Canada et de Pologne, plus de deux cent cinquante Spiritains ont laissé, au fils des ans, les empreintes de leur origine dans le fonctionnement de l’Église locale. Ils ont aussi ouvert le Collège du Saint-Esprit en 1938, qui a suscité les nombreuses vocations au sacerdoce dans les années 1950.
 Les Spiritains actuellement au service du diocèse sont au nombre de 17, dont 3 sont Mauriciens. Ils sont engagés dans plusieurs types d’activités religieuses et socioculturelles : la paroisse, les aumôneries, la pastorale des laïcs, le développement de la spiritualité spiritaine au Centre Père-Laval et le dialogue interreligieux.
La maison mère des Spiritains est la Maison Libermann à Rose-Hill. Le Centre Père Laval de Sainte-Croix est en lien avec le pèlerinage au tombeau du bienheureux Jacques-Désiré Laval. A Saint-Michel, Pont Praslin se trouve le Centre d’Accueil et formation interreligieux et le Noviciat Spiritain. Deux spiritains mauriciens oeuvrent un au Pakistan et l’autre à Madagascar.
— En 1861, la Compagnie de Jésus (s.j.), les Jésuites, fondée par Ignace de Loyola (1491-1556), s’implante à Maurice. Toutefois la première trace historique de leur à l’Ile Maurice remonte à mars 1616. Quatre jésuites, partis de Goa pour aller évangéliser Madagascar, font escale dans les parages de Vieux-Grand-Port et célèbrent au moins une messe à terre, sous le feuillage épais d’un grand arbre. Leur supérieur, le père Manoël d’Almeida en a fait le récit dans un langage fleuri et enthousiaste. Deux siècles et demi plus tard, en 1856, deux Jésuites, les pères Laurent Ailloud et Émile Laffont, débarquèrent à Maurice, venant de la Réunion, à la demande de Mgr William Bernard Allen Collier o.s.b. (1802-1890) pour fonder, à Port-Louis, un collège et un externat, qui prend le nom d’Institut d’éducation. Mais cet établissement ferme ses portes en 1858, après seulement 18 mois de fonctionnement.
La présence permanente des Jésuites à l’Ile Maurice commence en 1861, avec l’arrivée des pères Laurent Puccinelli, d’origine italienne et Francis Roy, un brahmane converti d’origine indienne. Après des années de labeur missionnaire dans le sud de l’Inde, ils venaient  établir une Mission indienne à Maurice pour soutenir la foi de ceux qui étaient déjà catholiques en arrivant. Un autre trait de la mission des Jésuites auprès des Indiens, venus dans le pays pour cultiver la canne, est de les accompagner dans tout ce qui concerne leur intégration dans la société mauricienne.
Les Jésuites s’installèrent tout d’abord au Faubourg de l’Est, à Saint-François-Xavier, à Port-Louis, puis vont rayonner dans toute l’île avec comme collaborateurs des laïcs catéchistes. Au départ, le Père Laval leur prête son meilleur catéchiste, un laïc du nom d’Emilien Pierre, pour les seconder dans leur mission
— En 1873, d’autres jésuites, la plupart des anciens missionnaires de Madagascar, arrivèrent de la Réunion, et fondèrent la Résidence du Sacré-Coeur, rue Bourbon, à Port-Louis. . C’est ainsi existaient des petites chapelles dites de « Mission Indienne », par exemple, Saint Jean de Britto à l’entrée du Caudan, Sainte Anne à Bonne Mère et Saint Sébastien à l’Espérance, Quartier-Militaire.
Le 5 novembre 1890, tous les établissements jésuites de l’île seront regroupés autour de la Résidence Saint-Ignace à Rose-Hill, avec la prise en charge de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-de-Lourdes, à la demande de l’évêque, Mgr Léon Meurin s.j. (1825-1895), brillant orientaliste, qui avait été longtemps missionnaire en Inde et avait servi de nombreuses années comme vicaire apostolique de Bombay. Désormais, la Résidence Saint-Ignace sera la base de toutes les activités missionnaires des Jésuites dans le diocèse. La Mission indienne rayonnera à partir de Rose-Hill. La paroisse de Notre-Dame-de-Lourdes restera entièrement confiée aux jésuites jusqu’en 1956. Ils seront également actifs dans d’autres paroisses, et animeront divers mouvements et associations de formation. Certains d’entre eux seront parmi les premiers prêtres envoyés en brèves expéditions missionnaires dans les îles lointaines, faisant partie de l’Ile Maurice. A partir de 1930, encouragés par Mgr James Leen, c.s.sp. (1888-1949), les pères Etienne Munch, Albert Lebeau, et Hippolyte Chanut, tous venus de l’Inde, et le père Alexis Koenig, un Mauricien, relancent vigoureusement la Mission indienne. En 1952, à l’initiative de M. John Thivy, catholique, haut commissaire de l’Inde à Maurice prendra naissance la « Indo-Mauritian Catholic Association » (IMCA), dont le but est de promouvoir et maintenir la culture indienne tout en vivant sa foi chrétienne.
— En 1950, Mgr Daniel Liston, c.s.sp. accueille le père Emile Vandewalle s.j. expulsé de Chine. Il va consacrer ses dernières années, avec l’aide d’autres prêtres et de catéchistes chinois, à redonner vie à la Mission chinoise, qui avait commencé au siècle précédent, de 1872 à 1880, avec les missionnaires lazaristes et Mère Barthélemy sous l’épiscopat de Mgr William Benoit Scarisbrick o.s.b. (1828-1908).
Les champs apostoliques des Jésuites se concentrent autour :
du service d’accueil, d’écoute et d’accompagnement spirituel à la Résidence St Ignace,
du ministère paroissial, de l’évangélisation à travers des retraites et des formations spirituelles, et des aumôneries.
La communauté des Jésuites a célébré le 150ème anniversaire de leur présence en terre mauricienne en 2012.
— En 1859, l’Institut des Frères des Écoles Chrétiennes (f.e.c.), s’installe à l’Ile Maurice. D’abord, ils ouvrent dans la paroisse de l’Immaculée-Conception, Port-Louis, une école du soir pour des jeunes adultes. Puis, en 1893, ils lancent l’école Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle dans les locaux d’un ancien collège du diocèse à la rue du Gouvernement, aujourd’hui rue Pope-Hennessy, près du Champ-de-Mars. Ils ouvrent aussi des écoles primaires en milieu rural. Le 15 janvier 1877, ils ouvrent leur première institution secondaire, le Collège Saint-Joseph à Curepipe suivi en janvier 1970 du Collège de la Confiance, à Beau-Bassin.
Le Frère Rémi Carosin fut une grande figure des Frères des écoles chrétiennes. Il était le fondateur du Collège de la Confiance en 1988 et du Centre de formation agricole à Camp-du-Roi à Rodrigues.
Le 9 octobre 2001, Brother Anthony Furniss, ancien directeur du Collège Saint-Joseph et du Collège de la Confiance, de passage dans l’île, a lancé un  livre « The Brothers of the Christian Schools in Mauritius (1859-1990) », qui retrace les 130 ans d’activité de ces religieux à Maurice qui ne sont plus présents dans le pays.
— En 1969, l’ HYPERLINK « http://www.dioceseportlouis.org/le-diocese/les-congregations/institut-des-f%E2%80%A6iel-f-s-g-1969/ » Institut des Frères de Saint-Gabriel s’installe à Maurice. Les premiers frères qui viennent de l’Inde commencent par prendre en charge le Collège Saint-Louis à Rodrigues, puis l’Orphelinat Père Laval dont ils s’occupent toujours. Par la suite, ils ont créé  le Collège Saint-Gabriel à Sainte-Croix et des centres d’enseignement technique. Leurs autres activités apostoliques s’exercent dans la catéchèse, la coordination des programmes des valeurs humaines et l’accompagnement du Mouvement des Focolari.
— En 1970, la Société des Missions Étrangères de Paris, les M.E.P. dont la Maison mère est à Rose Hill, est une association constituée principalement des membres du clergé séculier, se sentant une vocation missionnaire en terres étrangères. Le premier responsable fut Mgr François Pallu, décédé en Chine le 29 octobre 1684. Les pères MEP exercent encore aujourd’hui leur ministère missionnaire principalement en Asie.
Lorsque le gouvernement communiste du Vietnam expulsa les missionnaires étrangers de son territoire, les prêtres de cette association furent, en partie, mis à la disposition de Églises de l’Océan Indien. C’est ainsi que le Père Élie Maillot  est le premier prêtre m.e.p. qui vient à l’Ile Maurice en mars 1970 comme missionnaire. D’autres l’ont suivi depuis et s’adonnent au ministère paroissial.
— En 1974, l’Ordre hospitalier des Frères de Saint-Jean-de-Dieu (s.j.d.), fondé depuis  1539, arrivent dans le diocèse. A la demande de Mgr Jean Margéot, les trois membres de l’Ordre prennent en charge l’Action Familiale à Rodrigues de 1974-1988. Quand les religieuses de la Congrégation des soeurs Notre-Dame-du-Bon-et-Perpétuel-Secours ne peuvent plus, faute d’effectif suffisant, assurer la gestion de l’Hospice de Pamplemousses, à la demande de l’évêque, trois frères hospitaliers, Pascal, Jean de Dieu et René, prennent la relève en 1976. La communauté actuelle est composée de 3 frères Indiens qui gèrent la Maison de retraite Saint-Jean-de-Dieu à Pamplemousses.
— En 1978,  la Société des Frères Auxiliaires (s.f.a.), fondée en 1948, arrive à  Maurice.  Leur spiritualité est basée sur le service dans le don de leur vie selon le modèle de saint Jean-Baptiste et de saint Vincent de Paul (1581-1660).
Ils ont une communauté à Pointe-aux-Sables où se trouve la maison régionale et le noviciat est à Poudre-d’Or. Aujourd’hui, onze Frères Auxiliaires sont au service du diocèse. En collaboration avec les curés, ils assument plusieurs responsabilités dans les paroisses, font de la catéchèse dans les écoles et gèrent également le Centre de la Passerelle à l’Impasse Père-Laval, Route Nicolay, Sainte-Croix, sous la responsabilité de frère Antonio Ah Yoon s.f.a.
— En 1980, l’ HYPERLINK « http://www.dioceseportlouis.org/le-diocese/les-congregations/ordre-des-freres-mineurs%20%28o.f.m.%29%281980%29/ » Ordre des Frères Mineurs – O.F.M. – arrivent les premiers religieux franciscains. Les frères Noel Adèle, un Mauricien et deux français, René Coutagne et Justin Barnoin s’installent à Chemin-Grenier, ils prennent en charge la paroisse de Notre-Dame-du-Mont-Carmel à Chemin-Grenier et desservent aussi la chapelle de Saint Francois d’Assise à Baie du Cap. Il y a maintenant deux Fraternités franciscaines : La Fraternité de  Saint-Antoine-de-Padoue à Chemin-Grenier et celle de Saint-Bernardin-de-Sienne à Rose-Hill
— La Communauté du Chemin Neuf est à Maurice regroupe 62 laïcs engagés et 3 prêtres. Depuis 2004, c’est la Communauté du Chemin Neuf qui gère le Foyer de l’Unité à Souillac. Le Père Pierre Laslandes en est le responsable. La Communauté du Chemin-Neuf est une nouvelle communauté catholique née en 1973. La vocation de la communauté est une disponibilité au service de l’Église dans un engagement pour l’unité. Les pères Pierre Laslandes et Jean David Carossio sont respectivement Père du Foyer de l’Unité et Curé à St Augustin, Rivière Noire.
— En 1985, les Frères Missionnaires de la Charité – F.M.C. – branche masculine de la Congrégation suscitée par Mère Teresa (1910-1997), arrivent à l’Ile Maurice, douze ans après l’arrivée des Soeurs Missionnaires de la Charité dans le diocèse. Ils s’installent à Bain-des-Dames, Cassis, près de Port-Louis. Une deuxième communauté est installée à Surinam dans le sud. Aujourd’hui ils sont trois en mission dans le pays. Ils accueillent et soignent des hommes pauvres et nécessiteux. Ils visitent les familles pauvres, les hôpitaux et les prisons pour apporter aide et réconfort à ceux qui en ont besoin.
— En 1998, les Pères Carmes de l’Ordre du Carmel – les pères Tiziano, Italien, et Fabien, Malgache, et un séminariste mauricien, le frère Jean-Claude Maurice – arrivent pour prendre en charge la paroisse Saint-Paul, Phoenix, où ils s’installent le 13 janvier 1999. Le père Fabien est parti fonder une communauté carmélitaine pour l’Ile de la Réunion. Vivant en communauté, outre la paroisse, ils assurent l’animation de retraites, l’accompagnement des carmélites et des fraternités carmélitaines ainsi que la catéchèse dans les collèges. Ils dirigent également la Maison de retraite de Senlis-sur-Mer, à Riambel.
— En 2000, les Salésiens de Don Bosco sont une congrégation religieuse composée de prêtres et de frères. Le programme des Salésiens est toujours la recommandation de Don Bosco : « Aimez ce que les jeunes aiment, pour que les jeunes aiment ce que vous aimez ». Les Salésiens de Don Bosco travaillent dans la formation professionnelle et dans l’animation des jeunes en milieux extrascolaires. Ils ont la charge des Centres techniques diocésains (Collège technique St. Gabriel, Centre technique St. Montfort, Centre technique René Verbruggen de Souillac). La communauté compte à Maurice 3 prêtres (chilien, malgache et indien) et un frère congolais.
Source : internet : Le diocèse de Port-Louis