Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a plaidé ce mardi 12 décembre pour un « changement d’état d’esprit » des Mauriciens afin de pouvoir relever les défis de l’avenir. « The road is bumpy, challenging but rewarding », a-t-il déclaré lors du lancement, au siège du Board of Investment (BoI), d’un programme de rehaussement des compétences des professionnels chargés du déploiement de la diplomatie économique mauricienne.

Des conseillers économiques, dont les sept nouveaux venant d’être recrutés pour renforcer les services diplomatiques, des représentants d’agences (Board of Investment, Enterprise Mauritius et Financial Services Promotion Agency, entre autres), de la Mauritius Revenue Authority et du secteur privé participent au programme de développement des capacités axé sur le thème “Professional Development in Economic Diplomacy Capacity Building”. Le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international bénéficie de l’apport de deux consultants, à savoir la Canadienne Kelly Culver, du Commonwealth Secretariat, et de l’Australien Graham Tuskey, d’Abt Associates, pour ce programme de formation, lequel s’étalera sur quatre jours. Des interventions de plusieurs officiels du ministère des Affaires étrangères, dont une de la secrétaire aux Affaires étrangères, Usha Dwaka-Canabady, sont également prévues.

Dans les milieux du ministère des Affaires étrangères, on indique qu’un vaste chantier de transformation a démarré en vue de « façonner le devenir de la diplomatie mauricienne ». De nouvelles compétences professionnelles seront développées pour accompagner les nouvelles ambitions d’ouverture du pays et atteindre l’objectif de transformer Maurice en un État océan et en une économie puissante dans la région. On annonce qu’une Regional Academy of Diplomacy sera mise en pied pour assurer le déploiement continu des capacités nécessaires à une diplomatie moderne. Dans l’optique de modernisation du service diplomatique, le ministère projette de créer une plateforme numérique pour qu’il puisse dispenser des services en ligne au public. L’Estonie, No 1 dans le domaine de l’e-government, aidera le pays dans l’exécution de ce projet.

« Le développement de la diplomatie économique ne se fera pas au détriment d’autres formes de diplomatie », a précisé le ministre des Affaires étrangères au début de son intervention. Face à un avenir en perpétuelle évolution, a fait comprendre Vishnu Lutchmeenaraidoo, « il faut savoir se réadapter et se réinventer ». Faisant référence à l’économie, le ministre a déclaré que le pays se doit de sortir du “middle-income trap” et de se donner de nouvelles ambitions pour pouvoir atteindre le statut de pays à revenus élevés. « Il faut se dire qu’il y a d’autres solutions à trouver. Il faut penser à la transformation du pays en tant qu’État océan capable de devenir une “poverhouse” dans la région », a fait ressortir Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Le chef de la diplomatie mauricienne a demandé à l’assistance de réfléchir sur les 2,3 millions de kilomètres carrés de ressources marines entourant notre île. « C’est notre océan et nous sommes connectés à d’autres continents, en l’occurrence l’Australie et l’Asie », a-t-il poursuivi en faisant état des activités sectorielles pouvant être développées au niveau de l’économie bleue. « Bien sûr, il faut utiliser tous les moyens intelligemment et viser un développement durable. Nous sommes à peine au démarrage des activités concernant l’économie bleue », a souligné Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Il a ensuite parlé de la stratégie africaine de Maurice, de la nécessité de transformation de notre secteur portuaire en tant que “hub” servant la région et du développement accéléré du numérique. « Le digital, c’est notre avenir », a-t-il dit, en évoquant le récent accord de partenariat avec l’Estonie.

Vishnu Lutchmeenaraidoo a conclu en mettant l’accent sur la transparence, la bonne gouvernance et, surtout, sur ce qu’il considère comme un volet essentiel du progrès futur du pays : le “Nation-Building”. Mais, a-t-il prévenu, il faut avant tout « mettre de l’ordre dans la maison ».