Après dix jours, malgré les recherches non fructueuses, les familles des pêcheurs du Coruscan gardent toujours espoir que leurs proches seront retrouvés sains et saufs. Le service de presse de la police indique, de son côté, que les zones de recherches ont été étendues, allant jusqu’aux côtes réunionnaises.
Une dizaine de jours se sont écoulés depuis que la disparition de Clovis Percy, 74 ans, Rajesh Panchoo, 43 ans, Anand Aukhojee, 54 ans, et Satyanand Choytun, 54 ans, a été signalée à la NCG de Grand-Baie. Le lundi 30 novembre, ces quatre habitants de Pointe-aux-Piments avaient quitté la côte de Cap-Malheureux le matin et avaient pris le large à bord du Coruscan pour une partie de pêche aux abords de l’Île Ronde. Depuis, ils ne sont jamais rentrés et demeurent injoignables sur leurs cellulaires respectifs. Le propriétaire de leur embarcation, un dénommé Vishnu Permal, avait alerté les autorités le même jour, car les pêcheurs n’avaient jamais l’habitude de rentrer après 17 h 30.
Depuis que cette inquiétante nouvelle leur a été annoncée, les journées et les nuits sont interminables pour les familles de ces pêcheurs. Toutefois, ils ne perdent pas espoir et s’accrochent à l’idée de voir leurs proches rentrer sain et sauf. L’épouse de Satyanand Choytun, Lutchmee, raconte qu’elle reçoit la visite et le soutien de ses proches venant des quatre coins de l’île. Son beau-frère, qui a pris la responsabilité de s’occuper de la famille, explique : « Mo fer konfians bann coast guards, mo kone ki zot pe fer zot travay tou lezour ek ki pe kontigne rod zot. »
Idem pour la famille Percy qui, au cours de ces moments difficiles, est plus soudée que jamais. Héléna, 50 ans, la compagne de Clovis Percy, est consolée par les neuf enfants du septuagénaire, dont l’anxiété n’est pas des moindres étant donné que leur père souffre de diabète et de problèmes cardiaques. Les Panchoo, pour leur part, restent inconsolables. Neelawtee, mère de 64 ans, a déjà perdu deux fils par le passé et ne souhaite pas en perdre un troisième. Son fils Rajesh, racontent des proches, avait déjà rencontré des soucis en mer et n’avait pas donné signe de vie pendant 24 heures, car son bateau avait été emporté par le courant. Cette disparition de dix jours est aujourd’hui une torture pour sa famille, qui se demande sans cesse ce qui a pu lui arriver.
Enfin, au domicile d’Anand Aukhojee, cette disparition est difficile pour ses proches, surtout pour son fils âgé de 13 ans, qui vit seul avec lui depuis sa séparation de son épouse il y a neuf ans. Sa fille Varsha, 25 ans, qui ne vit pas chez eux, raconte que depuis le divorce de ses parents, ils n’ont pratiquement aucune nouvelle de leur mère. Ayant déjà une maison à faire tourner, il lui est financièrement difficile de s’occuper seule de son jeune frère et de la maison de son père.
Les habitants de Pointe-aux-Piments sont également très affectés par la disparition des quatre pêcheurs. Sanjiv, habitant la localité depuis 22 ans, les a beaucoup côtoyés. « Se enn trist nouvel me mem si pa ankor retrouv zot tras, mo rest touzour konfian », dit-il. C’est également le cas de Kushma, marchande de légumes sur la plage de la région depuis environ cinq an. « Mo ti trouv enn parmi zot la vey zot disparision. Li ti vinn pran legim avek mwa. Mo sagrin par seki finn ariv zot me si Bondie anvi zot revini, zot pou retourne enn zour », assure-t-elle.
Par ailleurs, du côté de la NCG, les recherches se poursuivent. Le service de presse de la police indique que depuis lundi des bateaux et avions, dont le Dornier, le Defender et le CGS Rescuer, ont été déployés pour la suite des opérations de Search And Rescue (SAR). « Les zones de recherches ont également été étendues, allant jusqu’aux côtes réunionnaises, ainsi qu’un peu plus à l’ouest de l’île », rapporte le Police Press Officer (PPO), Shiva Coothen.