Treize jours après que la disparition des quatre pêcheurs a été rapporté, leurs familles gardent toujours l’espoir qu’ils finiront par être retrouvés, bien que les opérations de Search And Rescue (SAR) n’ont jusqu’à présent rien donné. La National Coast Guard (NCG) promet de poursuivre les recherches jusqu’à ce qu’elles s’avèrent fructueuses.
La mère de Rajen Panchoo, Neelawtee, 64 ans, compte les jours et les nuits depuis que le quadragénaire n’est pas rentré. Rencontrée à son domicile à Pointe-aux-Piments hier, elle semble tout aussi tourmentée par l’absence de son fils que lorsque la nouvelle venait de lui être annoncée. Pas très bavarde, son regard exprime toute la fatigue et l’anxiété qu’elle peut ressentir. Elle indique que le plus dur, pour ses proches et elle, est qu’ils n’ont aucune idée de ce qui a pu arriver aux quatre pêcheurs depuis leur sortie en mer le 30 novembre dernier.
Depuis que la disparition de leur proche leur a été annoncée, le cousin de Rajen veille sur la sexagénaire et passe le plus clair de son temps à ses côtés. Il raconte que cette dernière « res asizé enn zournée. So latet fatigué. Li res réflési ». Il leur est difficile d’oublier que ce sont deux pilliers de la famille qui auraient été portés marquants, aujourd’hui, car « Rajen so frère ousi peser. Sa zour-la li ti biain ale avek bannla li ousi mais li pas ti pé senti li bien ».
Neelawtee est une veuve, mère de six enfants, dont deux sont décédés. La disparition de son fils Rajen n’est pas le premier drame auquel elle fait face car il y a plus de 20 ans, les eaux du lagon de Pointe-aux-Piments ont emporté l’un de ses fils, qui s’y est noyé, d’où son inquiétude. « Mem si péna okenn indication kot zot été, nou res positifs », indique le cousin de Rajen, bien que cela fait une semaine que la police ne leur donne plus aucune indication concernant les recherches. À ce jour, l’idée même que la période festive se pointe ne les réjouit pas, leur famille étant incomplète.
 Au bout de treize jours sans nouvelles, la famille de Clovis Furcy, 74 ans, reste pour sa part très pieuse. « Nous gardons confiance qu’il rentrera. Si toutefois les choses se sont mal passées pour lui, nous ne pourrons que nous dire que telle a été la volonté de dieu », explique Héléna Carpooran, l’épouse du pêcheur. Après uniquement trois mois de mariage — le couple s’étant dit oui le 1er septembre dernier —, le destin les aura séparés brusquement et ce, pour une durée indéterminée.
Héléna raconte que bien qu’elle ait toujours entretenu de bons rapports avec les enfants de son mari, la disparition de ce dernier les aura encore plus rapprochés. Elle ajoute que « tout le monde est très tourmenté par la disparition de Clovis. Chacun la vit différemment ».  Clovis Furcy, qui, rappelons-le, est père de neuf enfants, a 24 petits-enfants. « Ils sont pratiquement tous conscients de ce que nous traversons car ils sont presque tous des adultes. Cependant, les plus jeunes tentent encore de comprendre de qui se passe ».
La semaine dernière, les enfants d’Anand Aukhojee, pratiquement orphelins, n’ayant quasiment aucune nouvelle de leur mère depuis que leur père s’en est séparé il y a plusieurs années, expliquaient comment l’absence de ce dernier les affecte émotionnellement mais aussi financièrement vu qu’en attendant son arrivée, il n’y aurait personne pour faire bouillir la marmite. En attendant une quelconque progression dans les recherches de la National Coast Guard (NCG), son fils Vikesh, âgé de 13 ans, qui vivait seul avec lui, a pour sa part été contraint d’aller vivre chez sa soeur aînée, Varsha, et le mari de cette dernière à Vallée des Prêtres.
 De son côté, l’assistant surintendant de police Vikraj Mangroo, de la NCG, expliquait hier soir à Week-End que « les recherches sont toujours en cours. Il faut préciser que les recherches en surface ne nous avaient conduits nulle part, donc nous continuons d’essayer de trouver des débris. Des patrouilleurs ont été envoyés au large du lagon, les avions ont été déployés, sans résultat. Depuis, nous avons considérablement augmenté notre zone de recherche ».
Il ajoute que la NCG compte nullement abandonner les recherches tant qu’elle n’obtiendra pas de résultats.