En effet, outre les fréquences de distribution — entre 4h et 7h — jugées plus qu'anormales, la distribution à compte-gouttes, attisent la colère et l'incompréhension des abonnés. Même chez ceux qui ont un réservoir, car en raison de la basse pression de l'eau, le réservoir ne se remplit pas.
Dame Nature ne s'est toujours pas décidée à arroser abondamment l'île. Et nos réservoirs, principalement Mare aux Vacoas, se dévident rapidement de jour en jour. A hier, le niveau du plus grand réservoir de Maurice était de 24%. Piton du Milieu était, lui, à 66,9%, alors que Midlands Dam affichait un taux de remplissage de 81,8%. Au niveau des nappes phréatiques, la situation est tout aussi alarmante, avec un niveau d'eau qui a chuté de façon drastique. La nappe phréatique de Hollyrood qui généralement assure une production de 21 000 m3 quotidiennement n'en produit que 14, 300 m3. Celle de Pierrefonds en fournit 13, 860 m3 contre 34, 000 m3. Dans la région Nord, la nappe phréatique de Morcellement St André assure une production de 4,030 m3 quotidiennement contre 7 000 m3 en temps normal, et dans le Sud, à Yemen, la production s'élève à 5 790 m3 contre 8 000. En dépit de la situation catastrophiques de nos réserves d'eau, la CWA maintient les fréquences de distribution décidées depuis le début de l'année. L'organisme veut s'assurer que toute la population puisse bénéficier d'une distribution équitable de l'eau.
Or, l'eau est devenue une denrée de luxe réservée à quelques habitants de Maurice. C'est le sentiment de nombreux habitants du Plateau Central, région plus durement affectée par les coupures d'eau, avec un réservoir déficitaire. Si les abonnés de la région concèdent qu'en raison de la situation à Mare aux Vacoas, le temps de distribution est moindre pour les régions de Plaines Wilhems, comparée à d'autres régions, nombreux sont-ils à déplorer "le calvaire quotidien pour recevoir l'eau". Excédés de la situation, ils dénoncent qu'outre des horaires de distribution anormaux, le robinet, à ces heures, coulent à compte-gouttes. "Comment fait-on pour stocker l'eau dans ce cas", demandent-ils. En effet, sur le Plateau Central, l'eau coule, dépendant des régions, entre 4h et 7h, chaque jour. Un abonné de Plaisance raconte que depuis la fin de décembre, "je n'ai presque pas d'eau". Pour cause, lorsque l'eau coule chaque matin, "ça dure une quinzaine de minutes". Qui plus est, "c'est tellement petit que nous ne pouvons même pas prendre une bonne douche, et on n'a pas le temps de ramasser dans des récipients que déjà le robinet est à sec".
Cette abonnée, âgée de 92 ans, indique qu'elle a, à plusieurs reprises, fait appel à la CWA pour pouvoir recevoir l'eau ne serait-ce que par camion-citerne. "A chaque fois que j'appelle, on me dit que le camion va passer, mais il ne passe jamais. Cela fait des semaines que j'attends", dit-elle. Même situation chez ses voisins qui déplorent que les camions citernes n'atteignent jamais leur rue. "Le camion passe, mais dans d'autres rues. Nous passons beaucoup de temps en chemin à attendre le camion. Lorsqu'il arrive à nous, si toutefois il passe, il est vide. Le chauffeur nous dit qu'il va chercher l'eau et reviendra, mais ne revient jamais", racontent ces abonnés. Notre interlocutrice, âgée de 92 ans, et qui est de surcroît handicapée, fait ressortir que pour pouvoir stocker l'eau, elle a investit dans un réservoir. "Mais si l'eau ne coule pas ou encore s'il coule à compte-gouttes comme c'est le cas chaque jour pendant quinze minutes, comment remplir ce réservoir. Comment avoir de l'eau", demande-t-elle. Comme d'autres abonnés, elle fait ressortir que ses finances ne lui permettent pas d'investir dans une pompe.
Même calvaire du côté de Vacoas où de nombreux abonnés souffrent du manque de pression sur le réseau et peinent à recevoir de l'eau. Certains se trouvent même obligés de se réveiller à 4h, chaque matin, pour prendre une douche, avant que l'eau n'arrête de couler à 6h. Pourtant, ces abonnés indiquent avoir investi dans un réservoir. "Après avoir débourser un minimum de Rs 8 000 dans l'achat d'un réservoir, ce n'est pas évident de trouver Rs 6 000 à Rs 7 000 pour l'installation d'une pompe", explique un abonné. Comme d'autres, il estime que la CWA n'est pas équitable dans sa distribution d'eau sur le Plateau Central. "Il y a des régions dans les Plaines Wilhems où l'eau coule presque toute la journée. Ces abonnés sont les privilégiés. Ils n'ont pas à se lever à 4h du matin pour stocker l'eau dans des récipients parce qu'en raisons de la pression leur réservoir ne se remplit pas", s'insurgent plusieurs abonnés. Pour d'autres, "cette distribution à compte-gouttes est une autre stratégie du gouvernement de se faire de l'argent sur notre dos". "En plus de ne pas recevoir l'eau pour laquelle nos factures vont quand même augmenter de 35 %, on nous force presque, en raison de l'eau qui ne coule pas, à investir dans des pompes à eau, sachant qu'une hausse du tarif du CEB ne saurait tarder", disent les abonnés de la CWA.
Comments
Je me pose une question: pourquoi les autorités ne disent-elle pas clairement les raisons derrière le manque d'eau à la Mare aux Vacoas? Qu'ont-elles fait pour qu'elles se taisent sur la situation? On ne fait que parler de réservoir qui ne se remplit pas mais on ne nous dit pas pourquoi et qui plus est rien n'est fait pour remedier au problème!!!