C’est Rita Veerasamy en tant que MD qui avait, le 15 septembre 2015, enregistré Yihai Investment Ltd
Vishnu Lutchmeenaraidoo a de quoi se faire du souci. Sur le dossier du Domaine Les Pailles et de Yihai, sa position se trouve fragilisée par le rôle qu’a jusqu’ici joué nul autre que sa soeur Banoomatee (Rita) Veerasamy non seulement à la tête de la State Investment Corporation, mais aussi dans les transactions avec la compagnie chinoise Yihai. C’est elle qui, en tant que Managing Director par intérim de la SIC, a, le 15 septembre 2015, enregistré Yihai Investment Ltd, un joint venture avec une participation à hauteur de 30% pour la SIC et à 70% pour Yihai. La SIC, faut-il le rappeler, est sous la tutelle directe du ministère des Finances.
La présence de la soeur du ministre Lutchmeenaraidoo à la tête même de la SIC fait débat depuis janvier 2015. Elle avait d’ailleurs été recrutée dans les années 1980 alors que le ministre des Finances n’était autre que Vishnu Lutchmeenaraidoo. C’était dans le même batch que Simon Wong, l’époux de Danielle Wong, celle qui s’est retrouvée à la tête du comité CSR sur recommandation du ministre des Finances.
Comme il s’y était engagé lors de ses premières déclarations de ministre, Vishnu Lutchmeenaraidoo avait bien demandé et obtenu qu’il y ait un appel à candidatures pour le poste de directeur de la SIC laissé vacant après le départ d’Iqbal Mallam-Hassam, un ancien proche de Navin Ramgoolam qui a viré sa cutie et qui, bien qu’empêtré dans l’affaire BAI, a quand même eu la chance de recruter Yash Bhadain des Bhadain Chambers pour le représenter.
Mais là n’est pas la question. Il y a bien eu un appel à candidatures pour le poste de Managing Director de la SIC en janvier 2015 et parmi les postulantes, Rita Veerasamy elle-même, mais aussi une autre candidate en interne, Vima Bomah Devi Dhaliah-Utchanah, ancienne lauréate et actuaire de profession, de même que Jyoti Jeetun, pour ne citer que quelques candidats connus. C’est le ministère des Finances qui avait organisé un panel pour les entretiens d’embauche.
Et alors que l’on attendait avec impatience le nom de l’heureux élu, on apprendra que l’exercice a été annulé et que c’est la soeur du ministre qui allait désormais agir comme directrice par intérim et comme Officer in Charge. Il faut savoir aussi que c’est dès le 26 décembre 2014 que Rita Veerasamy avait été nommée sur le conseil d’administration de la SIC.
C’est ce qu’affirme Ishwurlal Golam, de la SIC, Group Finance Manager dans le procès en réclamation de Rs 23 millions à la SIC après sa mise à pied le 17 juin 2015. On peut en effet lire au paragraphe 12 de sa plainte que  » according to the annual report of the Defendant (la SIC) for Financial Year ending December 2014, Mrs B. Veerasamy, Group Corporate Secretarial Manager and the sister of the incumbent Minister, was appointed on the board of Directors on the 26 th December 2014″. Soit deux semaines après les élections générales de 2014.
Il n’y a pas qu’Ishwurlal Golam qui s’est retrouvé sur le carreau après la nomination de Rita Veerasamy à la tête de la SIC, Vima Bomah Devi Dhaliah-Utchanah, qui fut invitée à prendre une retraite anticipée mais qui a catégoriquement refusé, s’est vu démettre de ses fonctions le 29 juillet 2015. Elle réclame pour sa part Rs 28 millions à la SIC.
Il y a les mises à pied mais aussi les privilèges que s’est octroyés la nouvelle directrice de la SIC en termes d’allocation et d’utilisation des voitures que les employés n’ont pas arrêté de dénoncer depuis l’année dernière et qui ont trouvé écho dans nos colonnes.
Mais le gros morceau reste le dossier Yihai, les conditions de l’enregistrement de la compagnie, les négociations et les visites fréquentes des promoteurs de Yihai – choisi, rappelons-le, par le gouvernement de Ramgoolam-Duval -, qui ont eu lieu au Domaine Les Pailles avec pour principale protagoniste Rita Veerasamy. L’ICAC a du pain sur la planche.