Ayant au cours de sa carrière examiné des enfants suspects de maltraitance, particulièrement des enfants secoués, le Dr Christian Peyrat, expert judiciaire en pédiatrie, a décidé de se consacrer à la prévention de tels actes. Ses recherches ont abouti à la découverte de moyens naturels, simples et de bon sens permettant d’éviter toute incompréhension de la part des parents dès la naissance. L’ONG Berceau du Coeur qu’il a fondée à Toulouse, en France, oeuvre justement dans l’éducation parentale précoce. Les pleurs des bébés peuvent être une véritable source de stress pouvant parfois induire à des actes irréversibles de la part des parents. « Il s’agit de montrer aux parents que ce n’est pas un enfant malade mais qu’il suffit de bien communiquer pour que ça aille mieux », dit-il. Selon lui, « c’est vraiment un cadeau de savoir s’y prendre avec un tout petit enfant ». Le pédiatre ayant des difficultés d’expression dues à une maladie contre laquelle il se bat depuis une dizaine d’années, nous avons réalisé l’interview avec le soutien de son épouse, Pascale Peyrat, médecin généraliste et présidente de l’association suscitée.
Dr Peyrat, vous comptez 30 ans d’expérience pédiatrique à Toulouse, en France, et vous venez de sortir un DVD destiné aux parents et professionnels de la petite enfance. À quoi devons-nous votre visite à Maurice ?
Dr Christian Peyrat : On est ici pour des vacances. On connaît Maurice depuis 28 ans. J’ai réalisé moi-même un travail personnel d’observation depuis cinq ans.
Dr Pascale Peyrat : On aime bien les Mauriciens ! Mon mari fait des communications en France et en Europe de son travail et là, il avait envie de communiquer ses découvertes au peuple mauricien. Donc, il y a deux ans, grâce à un chauffeur de taxi, on a pu rencontrer Alain et Helena Laridon. On a pu dialoguer avec Mireille Martin, qui s’est montrée intéressée par le travail de mon époux. Cette année, en revenant à Maurice, nous avons retrouvé les Laridon qui nous ont conseillé de communiquer également avec le peuple à travers les médias comme on l’a fait en France.
Alain Laridon : À la naissance d’un enfant, à deux ou trois jours, il peut sourire, gazouiller, cela m’a impressionné. C’est quelque chose qu’on veut mettre à la portée des Mauriciens.
Christian Peyrat : C’est vraiment un cadeau pour une population entière de savoir comment s’y prendre avec un tout petit enfant. En France, je gérais des enfants maltraités, secoués par leurs parents tout simplement parce que les parents ne savent pas s’en occuper. Ils ne savent pas quoi faire. Depuis cinq ans, je fais de la vidéo : je fais des consultations très longues d’1 h/1 h 30. Je me suis sacrifié en tant que professionnel. J’en ai fait un DVD qui s’intitule Bon sens et bonheur dès l’aube de la vie (www.bonsensetbonheurdeslaubedelavie).