Deux ans depuis que le Dr Pramode Jaddoo a pris sa retraite, après une longue carrière dans l’enseignement, d’abord en tant que professeur d’économie, puis comme Associate Professor, chef de faculté et formateur des enseignants au Mauritius Institute of Education. À 65 ans, cet habitant de Quatre-Bornes ne passe jamais une journée sans apprendre quelque chose de nouveau ou transmettre ses connaissances. “Plusieurs personnes m’avaient dit que la retraite serait ennuyeuse. Mais tant qu’on a la santé, il y a tant de choses à faire dans la vie. Il m’arrive même de ne pas avoir suffisant de temps pour toutes mes occupations durant la journée.”

L’enseignement de l’économie lui a permis de vivre de belles expériences, comme celui de devenir le seul Mauricien à avoir été First class First Gold Medalist in Economy. L’auteur d’un manuel scolaire dans cette matière nous confie : “Mon cœur a toujours été littéraire, et je dis toujours que sans la littérature, notre vie serait comme un bateau sans capitaine. J’ai décidé de me spécialiser en économie car il y avait un manque de professeurs dans cette matière et cela était une opportunité de carrière. Mais je n’ai jamais perdu ma passion pour les livres. À la retraite, j’ai pu publier un livre de mes poèmes, écrits pendant de nombreuses années.”

Altruiste dans la vie, le Dr Pramode Jaddoo ne refuse jamais d’aider, de soutenir et de partager. Quand il ne consacre pas du temps à ses trois petits-enfants, cet adepte du Do it Yourself n’hésite pas à se retrousser les manches pour bricoler ou jardiner. Mais “un professeur reste un professeur à vie”, d’où la raison pour laquelle il continue à donner des conférences, surtout en Malaisie, où il est un International Spokesman en Corporate Social Responsibility. “J’ai une vie mouvementée et je l’aime ainsi, car je ne veux surtout pas avoir un jour des regrets. Le plus important pour moi, c’est de partager et transmettre mes connaissances. Le besoin d’enseigner aux autres sera toujours omniprésent.”

La boîte à questions

Notre invité a plongé sa main dans notre boîte à questions. Et le hasard lui a imposé ce qui suit.

Avec quelle vedette de la chanson entamerez-vous un duo ? Et pour chanter quoi ?

Céline Dion sans hésitation, parce que j’aime son parcours. C’est une battante qui a su toujours se relever malgré des épisodes assez durs dans sa vie. Elle a une voix puissante et exceptionnelle. Une des chansons qui m’a le plus marqué et sur laquelle j’aime bien danser est My heart will go on du film Titanic.
Mais j’essayerai de lui demander d’interpréter une chanson que j’ai composée et que je n’ai interprétée qu’en famille. Je me suis inspiré d’une vieille chanson indienne pour les textes et j’ai écrit les paroles en hindi, anglais, français et kreol.

Que devrait faire Superman si un jour il atterrit à Maurice ?

Changer le cœur de l’homme parce que nous sommes devenus des hypocrites. On ne peut plus faire confiance aux gens. Autrefois, nous étions proches, sincères et réellement dans le partage. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi.

C’est officiel, le Père Noël existe et lit cette rubrique. Que souhaiterez-vous lui demander ?

Que le cœur de chaque enfant soit heureux et qu’il n’y ait plus d’inégalité et d’écart entre les enfants qui sont pauvres et ceux qui sont plus fortunés. Je trouve dommage qu’on ne pense pas beaucoup aux enfants qui sont au bas de l’échelle. Cela fait plusieurs années que je fais des donations dans des couvents, des centres et des écoles. Je leur consacre aussi une journée.

Aimerez-vous être membre du Parlement ?

Sincèrement oui, et ce n’est pas pour rien si j’ai été candidat indépendant pour l’élection partielle au no 18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes). Même si j’ai écrit un poème (What a shameful hall) pour critiquer les membres de l’Assemblée car le langage qu’ils utilisent et leur comportement sont déplorables, être membre du Parlement serait une façon de donner l’exemple. Surtout pour défendre les intérêts des électeurs et de ma circonscription.

Vivre d’amour et d’eau fraîche, ça vous dit ?

Surtout d’amour, car l’amour est essentiel dans la vie. L’amour maternel, l’amour pour sa femme, ses enfants et petits-enfants. L’amour pour ses voisins et ses amis. Ou encore l’amour pour son métier et dans tout ce qu’on entreprend dans la vie. De manière plus générale, nous pouvons tous vivre d’amour et d’eau fraîche, c’est-à-dire dans la simplicité, sans vantardise et selon ses moyens.

À quelle occasion sortez-vous le champagne ?

Une seule fois par an, pour le réveillon du 31 décembre. Le champagne, c’est le luxe que je me permets en ce jour où nous accueillons la nouvelle année en famille.

Au réveil vous êtes du genre à dire “Ayo mama” ou “Allez hop, allons-y !” ?

Cela dépend de mon humeur. Je suis du signe astrologique Poissons : un jour, je peux être moody et un autre jour tout à fait bien. Lorsque je me réveille tôt, je suis d’attaque pour entamer les différentes occupations de la journée. Néanmoins, si je me réveille un peu tard, j’ai tendance à traîner un peu des pieds. C’est humain et naturel, car on ne peut pas être tous les jours complètement en forme et bourré d’énergie.

À quelle personnalité publique confieriez-vous les clés de votre maison pendant vos vacances à la plage ?

Personnalité publique, très peu pour moi ! Mais à mon voisin, Mr Puddoo, un médecin que je côtoie depuis de nombreuses années et que je considère comme un membre de ma famille. Je peux lui confier sans crainte les clés de ma maison. D’ailleurs, quand nous ne sommes pas au pays, il garde toujours un œil sur ma maison et j’en fais autant pour lui en son absence.

En quel animal aimeriez-vous vous réincarner ?

En un loup féroce, car les gens sont méchants et n’hésitent pas à faire du tort. Il faut savoir se protéger. Enfant, j’aurais dit un chien. Mais je me suis rendu compte que cet animal subit trop d’atrocités; il est souvent chassé et mal nourri.

Quelle sera votre première action le jour où l’on vous nommera Premier ministre ?

Visiter des endroits dans ma voiture personnelle, sans garde du corps, pour aller à la rencontre de chaque Mauricien devant leur porte et chez eux. Parler de vive voix avec eux et pas par le biais du petit écran. Avant de changer certaines lois de Maurice qui ne font pas du bien à la population, je révélerai publiquement toutes les gaffes de mes prédécesseurs. Je donnerai ma parole aux Mauriciens que je ferai du bien à tout un chacun, sans aucun intérêt personnel, familial et encore moins communal.