Il y a aujourd’hui assez d’éléments pour une discussion d’ordre humain, social et économique à tenir avec les autorités pour les amener à revoir leur position par rapport à la drogue. En ce moment une coalition réunissant des acteurs de différents domaines se met en place pour renforcer ce plaidoyer. L’espoir est que le pays s’engage aussi dans une politique moins répressive mais plus structurée et adaptée face aux drogues et ses vrais enjeux. Parce que jusqu’ici, nous sommes en situation d’échec.
Même ceux qui étaient farouchement contre dans le passé ont revu leur position. Auprès de ceux qui ont montré un intérêt pour le sujet, il y a désormais bel et bien un consensus qui s’est installé quant à la nécessité de lois plus souples autour des drogues. La formule idéale adaptée à Maurice est à définir. Dépénalisation, légalisation, décriminalisation, à choisir, mais le plaidoyer pour que le pays abandonne sa présente politique face pour une approche nouvelle se met en place. Il ne s’agira pas d’un mouvement de rastas invoquant la culture comme cela a récemment été le cas. Ni une action d’intérêt politique comme lancée par le défunt Mouvement Républicain en 1999. L’appel vient de travailleurs sociaux engagés auprès des usagers de drogues, des personnes vivant avec le VIH et des personnes en situations de vulnérabilité. À leurs côtés se trouvent aussi d’autres militants, des syndicalistes, des légistes, des membres du personnel de la santé, des citoyens de divers horizons, des consommateurs, des non-consommateurs, entre autres. Le débat tenu par l’ONG LEAD à l’Institut Cardinal Jean Margéot, jeudi dernier, a été finalement le prétexte d’une grande concertation sur la question. Cette fois la discussion n’a pas séparé l’audience en deux clans (les pour et les anti) comme cela avait été le cas dans le passé. D’ailleurs c’est le militant Danny Philippe qui s’occupe en ce moment de la structuration de la coalition qui mènera le plaidoyer auprès des autorités.