DROGUE—COMMISSION LAM SHANG LEEN: “Arresting Evidence” avec une “Top Secret Meeting”

À la mi-journée, l’ex-juge Lam Shang Leen et ses deux assesseurs procèdent à l’audition formelle d’un témoin dont les aveux devraient relancer sur de nouvelles bases la traque des VVIPs liés au trafic de drogue

Un développement de taille aujourd’hui dans les travaux de la Commission sur la drogue, présidée par l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen. Alors que le programme de travail de la semaine ne prévoyait pas d’audition, le commissaire et ses deux assesseurs, l’ancien ministre Sam Lauthan, et le directeur des services de santé au ministère, le Dr Ravin Dhomun, procèdent depuis le début de l’après-midi à l’audition d’Arresting Evidence venant d’un témoin de dernière heure. Le caractère de Top Level Meeting est appuyé par les circonstances et mesures de sécurité entourant la convocation de ce témoin, dont les aveux sont présentés comme étant ceux du trafiquant repenti, Raffick Peerbaccus, du temps de la commission Rault, en 1986. En parallèle, le passage de la Chief Executive Officer de la Gambling Regulatory Authority (GRA), Chayan Ringadoo, devant la commission en début de semaine, a ouvert et balisé la prochaine audition du Chairman de la GRA et de la Law Reform Commission, Me Raouf Gulbul. Le Timing du rendez-vous de celui-ci pourrait être tributaire du workload découlant du nouveau chapitre, qui est ouvert avec ce nouveau témoin, détenant une somme d’informations sur le trafic de la drogue à faire frémir plus d’un.
À la mi-journée, très peu de détails avaient transpiré quant à l’identité ou encore le background de ce nouveau témoin sauf que des mesures de sécurité à toute épreuve ont été mises en place dans une extrême discrétion pour ne pas éveiller des soupçons. Les deux assesseurs ont été avertis formellement de cette séance presque à la dernière minute même si, à la fin de la semaine dernière, ils étaient en présence de vagues indications sur un « développement majeur » à venir. À l’exception des trois membres de la commission, seuls deux autres membres faisant partie des services du secrétariat et de la logistique avaient été vus dans les parages pour accueillir ce témoin.
Aucune des sources approchées par Le Mauricien n’a voulu s’aventurer pour faire des commentaires au sujet de la teneur de ce qui sera connu dorénavant comme étant des Arresting Pieces of Evidence, susceptibles de réorienter le travail de la commission au chapitre de la connexion entre des VVIPs, proches de la politique, et le réseau de trafiquants de drogue. Avec l’audition Under Oath du jour, les allégations de ce témoin devront faire l’objet d’un exercice de vérification et de contre-vérification sur le terrain avant d’enclencher la prochaine étape, sauf que la commission ne détient pas de “Powers of Arrest”.
D’aucuns affirment qu’avec ces nouvelles révélations, qui sont en complément aux informations collectées officiellement jusqu’ici, la commission Lam Shang Leen pourrait revoir son calendrier de travail avec la soumission du rapport en décembre prochain. « Tout dépendra de la portée de ces dernières révélations », laisse-t-on entendre en soulignant que, dans l’urgence, l’ancien juge de la Cour suprême pourrait opter pour un Interim Report aux autorités.
Entre-temps, la contribution de la CEO de la GRA aura permis à la commission d’enquête d’avoir une « Inside View » des tractations et le poids des interventions politiques dans la gestion de cet organisme de régulation du monde du jeu. Chayan Ringadoo, qui a également été entendue à huis clos, se serait appesantie sur sa marge de manœuvre en tant que CEO à la GRA par rapport à « des décisions délicates », pour ne pas dire controversables entérinées à ce jour.
Lors de l’audition de Chayan Ringadoo, la Commission Lam Shang Leen a donné des indications de la ligne d’interrogatoire que pourrait subir Me Raouf Gulbul sans oublier que le candidat battu du MSM au No 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est) aux dernières élections générales du 10 décembre 2014, aura des comptes à rendre quant au financement avec « larzan ladrog » comme allégué par son client et parrain des parrains, Veeren Peroumal, devant cette même commission.