DROGUES : Établir les vérités

Le gouvernement prendra-t-il les initiatives attendues pour faire la lumière sur le trafic de drogue ? Ce qui permettra, entre autres, de montrer les liens étroits qui existent entre certains trafiquants et des politiciens, comme l’a révélé Madan Dulloo la semaine dernière. La question a été une fois de plus soulevée dimanche soir lors de la veillée musicale marquant les 25 ans d’un des premiers collectifs de citoyens engagés dans la lutte contre la drogue à Maurice : le Groupe A de Cassis. 

Il est maintenant attendu de Madan Dulloo qu’il aille jusqu’au bout de ce qu’il a commencé à dire. Cadress Rungen propose même qu’il soit le premier témoin d’une commission d’enquête sur la drogue, réclamée du gouvernement.

Les informations qu’a dit détenir l’ancien ministre ne sont pas des moindres. Elles concernent les proximités qui existent entre les trafiquants de drogue et les politiciens. Il n’y a pas eu que les députés passeurs connus, comme les Amsterdam Boys. En 1984/85, le gouvernement était au courant des liens existant entre des parlementaires et les trafiquants. “Ti ena ousi minis inpliké”, a affirmé Madan Dulloo à la municipalité de Port-Louis, mercredi dernier. 

La situation était alors tellement grave que la mise sur pied d’un Select Committee fut décidée. C’est Madan Dulloo qui en avait assuré la présidence. Les informations disponibles, a-t-il ajouté lors de la table ronde du Centre Idrice Goomany, avaient été communiquées au Premier ministre de l’époque.

Aujourd’hui, la situation est encore plus grave, affirme-t-il. Des candidats aux dernières élections ont été financés par la mafia locale et étrangère. En récompense, des trafiquants ont bénéficié de terrains de l’État et Maurice reste un port de transit sur la route du narcotrafic. Cette complicité entre la mafia et des parlementaires expliquerait l’étendue du trafic à Maurice. 

Enquête.

Les bribes d’informations lâchées par Madan Dulloo soutiennent la proposition des travailleurs sociaux pour que le gouvernement mette en place une commission d’enquête sur la drogue. Cette année encore, l’appel a été lancé au Premier ministre personnellement. Tour à tour, Ally Lazer, Imran Dhannoo et Cadress Rungen ont expliqué l’urgence d’une enquête approfondie pour comprendre les rouages du trafic et les complicités sur lesquelles il repose. Ce qui permettra des actions pour son démantèlement. 

“Dan ladrog ena zis larm, soufrans, sida, lamor”, a rappelé Imran Dhannoo, du Centre Idrice Goomany, mercredi. Intervenant devant l’église de Cassis dimanche soir, Cadress Rungen est revenu sur la déclaration de Madan Dulloo : “Nou avoy dimoun dan parlman pou diriz pei. O lie sa, zot al fer trafik ladrog.”  Cadress Rungen avait, quelques jours plus tôt, interpellé Madan Dulloo à la municipalité de Port-Louis : “Vous avez une grande responsabilité vis-à-vis du pays. Ou bizin koz sa ! Inn ariv ler koze, dir laverite, kas bann sekre. La drogue a amené trop de misères et de destruction dans ce pays.”

Urgence. 

Les travailleurs sociaux espèrent en urgence une réponse du gouvernement et de l’opposition. “Bizin konn laverite. Si zot touf laverite, vedir zot konplis trafikan”, a insisté Cadress Rungen, lors d’une veillée musicale marquant les 25 ans du Groupe A de Cassis, dimanche soir. Coïncidant avec la Journée internationale contre l’abus de drogues et le trafic illicite, ce rassemblement est venu rappeler les souffrances causées par la drogue à travers la participation des parents et des enfants de ceux qui ont été piégés. 

Plusieurs artistes se sont associés à cette veillée. Parmi : Alain Ramanisum, Linzy Bacbotte, Laura Beg, Bruno Raya, Sandra Mayotte, Nitish Joganah, Zanzak Arjoon, Clarel Armel, Joël Adeenaden… Certains se sont adaptés au contexte en se présentant en acoustique. D’autres ont mis en avant des textes traitant de ce sujet. L’événement a attiré la grosse foule devant l’église de Cassis, précisément là où le Groupe A a pris naissance. 

Relève.

Aujourd’hui, la relève s’installe. “Zordi, akoz ladrog, ena zanfan ki pa gagn manze. Ena pe ne seropozitif. Ena boukou lasoufrans, boukou mizer”, ont tenu à dire les jeunes de Kazado, associés au Groupe A. Ils ont aussi déploré l’absence d’une vraie éducation sexuelle dans les écoles et ont réclamé des campagnes de prévention pour les jeunes. “Komie tan ankor nou pou les nou pei detrir ? Pa zis bann seki met bel-bel palto ki gagn drwa azir. Nou ousi nou gagn drwa azir. Inn ler pou bann zenn leve e lit pou zot pei.”

Jeunes universitaires emprisonnés

Un nouveau phénomène inquiétant est observé depuis peu. Il s’agit de ce nombre croissant de jeunes qui se retrouvent en prison pour avoir été trouvés en possession de drogues. Parmi ceux qui se font actuellement emprisonner, on trouve de plus en plus de jeunes universitaires, dont les projets d’avenir sont complètement bouleversés. 

Condamnés pour de longues ou de petites peines, ils se retrouvent dans un environnement qui les expose à plus de difficultés. L’expérience carcérale a déjà bouleversé les vies de certains à jamais. “Certains sont emprisonnés parce qu’ils avaient en leur possession deux pouliahs de gandia ou des quantités minimes de brown sugar”, déplore Cadress Rungen. “À la place de la prison, on aurait dû les encadrer et leur donner une chance de s’en sortir.”

D’où son appel pour l’amendement des lois vers moins de rigidité vis-à-vis des consommateurs. Cette approche rejoint d’ailleurs celle prônée par les Nations unies, qui demandent que la dépendance soit considérée comme une maladie et traitée en tant que tel et non comme un crime. Maurice est l’un des signataires de ce traité. Mais ses recommandations n’ont même pas été discutées par les autorités locales, qui préfèrent toujours les méthodes rétrogrades. 

Commentaires

L'Education L'Education de la Population c'est tres tres important. On n'en ceut plus d'Amsterdam Boys, d'Adam Cocosov etc etc. Il y a meme un ex-membre de L'ADSU qui purge une peine de Prison pour Traffic De Drogues Quelle Ironie si je ne me trompe pas il etait lui aussi un Roi Du Sud je crois. En qui placer notre Confiance car je me rappelle de beaucoup de Policiers Pourris qui vaivaient comme de Rois pendant des Siecles. C'est ca malheureusement La Loi a L'ile Maurice, Juge, Magistrat, Notaire, Avoue, Policier, Politicien, Professeur, Fonctionnaire, Banquier,etc,etc en fin de compte la Bourgeoisie D'Etat, La Bourgeoisie Traditionelle, La Moyenne Bourgeoisie et tout au bas Les Survivants. Dans toutes les couches sociales malheureusement il y a des Drogues et qui paient les pot casses ce sont ceux qui ne font que survivre et La Societe nous dit que c'est Juste DE LA PRISON POUR LES PLUS MAL LOTIS pourquoi euh parcequ'ils n'ont rien a perdre. C'est ca la justice ...Quelle Bouffonnerie ils continuent a nous prendre pour des C.... C'est ca le SYSTEME. Continuez le Combat et L'ile Maurice en sortira Vainqueur.