Les saisies record, les arrestations, les allégations et les révélations de la commission d’enquête ont remis le sujet de la drogue dans l’actualité. Mais tout cela n’a pas réduit la demande des usagers sur le terrain, où les produits sont toujours disponibles. Entre les changements contestés dans les programmes de soutien et de prévention et l’émergence des drogues synthétiques, la lutte contre la drogue a connu de multiples revers.
Un groupe de jeunes hommes s’affaire à enlever un arbre pourri d’un jardin verdoyant à Solitude, Triolet. Rongé par les termites, le tronc de ce flamboyant ne résiste pas longtemps à leurs coups de massue. Mais plus d’effort sera requis de ces jeunes pensionnaires du Flamboyant Rehabilitation Center pour venir à bout de leur dépendance aux drogues. “Dans le passé, l’âge moyen de nos pensionnaires était de 27 ans. Il est aujourd’hui de 22 ans”, confie Edley Jaymangal, directeur du Centre de Solidarité Pour une Nouvelle Vie. L’établissement affiche complet ce lundi : 19 pensionnaires. Seuls quatre sont âgés de plus de 25 ans. Cela fait des années que le rajeunissement des consommateurs est constaté.
Le constat est le même ailleurs. “Il y a dix ans, nous avions affaire à des jeunes de 18-19 ans. Désormais, ils ont 14 et 15 ans”, précise Nicolas Manbode, du Collectif Urgence Toxida, ONG qui oeuvre pour la réduction des risques liés à la consommation des drogues. Pour des raisons économiques, les jeunes se tournent en majorité vers les substances les plus accessibles et les moins chers. D’où la popularité de la drogue synthétique, dont une dose se vend à Rs 100. L’héroïne coûte entre Rs 200 la dose à Rs 500 pour trois doses. Comparativement, le cannabis est disponible à partir de Rs 250.
L’oisiveté, le manque d’encadrement et l’abandon des programmes de prévention, l’absence de politique adaptée contre les drogues et l’accès facile aux substances sont autant de facteurs qui contribuent à la hausse de la consommation parmi les jeunes. “Nous faisons face à des consommateurs qui sont poly-dépendants. Ils prennent plusieurs drogues. Le problème, c’est qu’on ne sait pas exactement ce que consomment les jeunes”, souligne Edley Jaymangal, pendant qu’il supervise les travaux de ses stagiaires.