Dans une lettre datée du 11 juillet adressée au Premier ministre, Alain Auriant, Gérard Cimiotti, Percy Appadoo, Stephan Gua, Serge Lebrasse, Eric Triton, Didier Coralie et Jocelyn Louise, qui se disent représentants d’un nombre plus important d’artistes, réclament la réintégration de Gérard Louise au poste de directeur, dont ils évoquent le bilan positif. « We believe that those rubbing their hands are those who have been frustrated by M. Louise assiduous struggle against piracy. The angry ones being those who realize the personal investment of the latter against piracy and in making a difference in local artist’s life. The MASA Artists Solidarity Scheme being one of them », expliquent-ils.
Pour leur part, les contestataires se sont réunis hier dans la cour de la cure de l’église Immaculée Conception à Port-Louis pour dénoncer « la mauvaise gestion » de l’organisme. « Ena pe donn demision. Nou anvi zot rann kont avan ale. Bann koupab bizin peye », ont-ils lancé. Parmi les artistes présents figuraient Michel Legris, Tian Corentin, Jah Mike et Mario Armel, entre autres.
Ils réclament une réforme en vue de donner un nouveau souffle à cet organisme qui a pour but de protéger les droits d’auteurs. Ils exigent également l’arrestation des membres du board ainsi qu’une Commission d’enquête en vue de faire la lumière sur les finances de la MASA.
« MASA sipoze protez drwa oter. Alor ki la nou pe trouv Gérard Louise dan sentr enn veritab skandal. La MASA finn interpele pou pirataz par Sony Music International », explique Arnaud Calou. Pour lui, il est inacceptable que des CD contenant des titres de Shakira soient vendus avec l’hologramme de la MASA. « Pou ki MASA aksepte mett so ologram lor CD fode desizion finn pran lor board ». Il affirme que les artistes auraient à maintes reprises interrogé les membres du board sur les décisions prises dans cette instance. « Sel repons ki nou gagne, se Private and Confidential », avance M. Calou.
« Initially, the case from Sony was against the MASA, but it’s the Director who has ended up being arrested. Everyone who has been to MASA knows that different persons at different levels are involved for different tasks, making the MASA accountable for any fraud if any, not the sole director. Moreover, the Board who has asked M. Louise layoff has within it a person convicted for piracy affair and many pending cases of same nature », poursuivent les contestataires. De ce fait, ils réclament une assemblée générale d’urgence. Mario Armel, ancien membre du board, se dit d’avis que certaines informations doivent rester Private and Confidential mais ajoute que « bizin kominike ek bann artis. Zot bizin pran zot responsabilite ek kominike ek bann astis. Napa less zot dan flou ».
Rappelons que cinq membres du board, Jean-Clément Cangy, Jean-Jacques Arjoon, Régis Nauvel, Alexandre Martin et Jocelyn Louise, ont soumis leur démission vendredi. Dans une lettre publiée dans Le Mauricien le 11 juillet, Jean-Clément Cangy affirme que « la crédibilité de la MASA a pris un coup auprès des artistes et de l’opinion publique ». Et de rappeler que par souci de transparence, il a attiré l’attention des membres du board sur des dysfonctionnements, dont la présence « d’un producteur dont le passé et le présent sont assombris par des enquêtes policières ». Il suggère aux autres membres du board de « rendre aux artistes leur vote ».
Du côté du ministère des Arts et de la Culture, on fait comprendre que la Copyrights Act sera amendée en vue de mieux protéger les droits des auteurs et artistes mauriciens.