Après les différentes controverses à la Rights Management Society depuis plusieurs mois, le ministère des Arts et de la Culture a reconstitué le conseil d’administration. La société des droits d’auteur a donc un nouveau président en la personne de Michael Veeraragoo. Cette nomination a été avalisée par le conseil des ministres vendredi dernier. Cependant, la situation s’annonce délicate pour le nouveau président car son père, Claudio Veeraragoo, a deux procès en cour contre la RMS. Par ailleurs, de nouveaux membres du conseil pourraient également être nommés.
Après presque trois ans à la tête de la Rights Management Society, Julien George a quitté son poste de président la semaine dernière. La nomination de Michael Veeraragoo a aussitôt été avalisée par le conseil des ministres vendredi dernier. Il se pourrait également que la composition du board lui-même soit revue. Lors des dernières nominations en 2015, deux artistes, en l’occurrence Jean-Alain Résidu et Arno Calou, avaient été nommés par le ministère. Quatre autres devaient être élus, mais les élections ont été annulées suite à une injonction logée par Gérard Louis.
Ces changements à la MASA surviennent après plusieurs controverses, portant notamment sur le renouvellement de la carte des membres, le paiement des royalties et les engagements auprès des sociétés soeurs. Il faut d’abord savoir que la RMS, ex-MASA, a toujours connu une actualité mouvementée, avec plus ou moins les mêmes problèmes à chaque conseil d’administration. Julien George, inconnu du milieu artistique et âgé de tout juste 22 ans à sa nomination en 2015, n’a jamais pu s’imposer au sein de cette société où il fallait composer à la fois avec les fortes têtes et les difficultés administratives et techniques.
La nomination de Michael Veeraragoo vient en fait rétablir les choses car dès le départ, avec la victoire de l’Alliance Lepep aux élections de 2014, son nom était cité pour assumer la présidence de la RMS. Mais le ministère ayant été confié à un membre du PMSD, en l’occurrence Dan Baboo, c’est lui qui a nommé Julien George, proche du parti.
L’attente aura donc été longue pour Michael Veeraragoo. Sollicité à ce sujet, le principal concerné se dit « fier d’avoir été nommé et de pouvoir travailler pour les artistes ». Pour ce qui est de ses priorités, il avance : « Tout le monde sait qu’il faut redresser la société et lui redonner sa valeur auprès des artistes. Je fais d’ailleurs un appel à tous pour que nous travaillions main dans la main pour faire avancer la société. »
Pour l’heure, Michael Veeraragoo affirme qu’il doit faire un constat de la situation et prendre connaissance des dossiers importants. À cette période de l’année, il y a l’épineuse question de la distribution des royalties qui est d’actualité. À ce sujet, le nouveau président déclare : « Je dois d’abord faire un constat de la situation avant de me prononcer. J’attends la constitution de l’équipe pour notre première réunion. »
Quant à savoir s’il n’est pas embarrassé par les procès intentés par son père à la RMS, dont un réclamant des dommages de Rs 1 million pour non-renouvellement de sa carte de membre, Michael Veeraragoo répond par la négative. « Je n’interfère pas dans les affaires de mon père et il n’interfère pas dans les miennes. S’il a des procès contre la RMS, la cour s’en occupera ». Par ailleurs, le fait que Michael Veeraragaoo soit aussi un producteur de musique se pose également la question de risque de conflit d’intérêts.