« Zot pa finn al negosie, zot finn kapitile lor tou saki gouvernman indien finn dir ». C’est ainsi que le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a commenté hier le traité fiscal signé par le gouvernement mauricien avec l’Inde. La signature de cet accord est « une tragédie pour notre pays », a déclaré Navin Ramgoolam avant d’avancer que quand il était premier ministre, « j’ai aussi été sous pression mais je n’ai pas cédé sur l’essentiel ». Pour lui, « Roshi Bhadain a signé le décret de mort d’un secteur qui emploie beaucoup de jeunes ». Il a appelé le gouvernement « à mettre de côté leur ego et ne pas ratifier l’accord au Parlement », qui aura également « des retombées sur les projets de faire de Maurice un centre d’arbitrage commercial ».
« Les Indiens ont gagné sur tous les bords ». Tel est l’avis de l’ex-Premier ministre suite à l’accord DTAA signé cette semaine avec l’Inde. Lors d’une conférence de presse hier après-midi au quartier général du PTr, au Square Guy Rozemont, Navin Ramgoolam a affirmé qu’« on a vendu un secteur crucial de Maurice, “nou dipin, diber”, pour avoir de l’argent pour investir dans un secteur qui n’est pas productif. Pourquoi cette obsession avec Heritage City ? »
Le leader des rouges a rappelé avoir « tiré la sonnette d’alarme » depuis 2015, soit quand l’ex-ministre des Finances Vishnu Lutchmeenaraidoo et Roshi Bhadain avaient été en Inde. La signature de cet accord est venue, dit-il, « mettre en danger notre secteur financier. Aujourd’hui, même les Indiens ont été surpris que Maurice ait cédé… ».
Le DTAA, explique-t-il, « est un accord entre deux pays évitant à un investisseur ou une compagnie de payer deux fois la taxe ». Avec le DTAA, « le gouvernement mauricien est tombé d’accord pour donner à l’Inde le droit de taxer les profits. Conséquences : l’avantage qu’avait Maurice a disparu ».
Le leader du PTr a invoqué que lorsqu’il avait été, en tant que Premier ministre, rencontrer son homologue indien, Manmohan Singh, « celui-ci m’avait dit : “Prime minister, what can India do for you ?” Je lui avais répondu : “I don’t want India to do for me. But I’ll tell you what I don’t want India to do : to touch the DTAA”. » Ce à quoi le Premier ministre indien lui aurait assuré que l’Inde ne ferait « rien qui pourrait nuire à l’intérêt de Maurice ».
Lors d’une autre rencontre avec le ministre des Finances indien, « en présence de Rama Sithanen, Mukherjee nous a fait savoir que l’Inde acceptait de donner une compensation pour tout ce que perdrait Maurice. En présence de Manmohan Singh, je lui ai dit que je n’étais pas intéressé avec une compensation, car je voulais sauvegarder ce secteur qui réalise le plus de croissance économique », a avancé le leader des rouges.