Du 15 au 24 mai, le duo Philippe Houbert et Daniel Mourgues présentera Joyeuses Pâques au Caudan Arts Centre. Une comédie de Jean Poiret qui nous conduit de rires en rebondissements. Entre arrivée précipitée, mensonges prématurés et rires assurés, ça va décoiffer !

Christine Lucain

Joyeuses Pâques, c’est un mensonge qui en entraîne un autre, du rire à profusion, des situations drôles et des délires verbaux. Délicat de reprendre cette célébrissime pièce, de passer après un Jean Poiret qui a marqué de son empreinte cette comédie du début des années 80. Après des années de tergiversations, Philippe Houbert et Daniel Mourgues “relèvent aujourd’hui ce défi, la tête haute”, avec une toute nouvelle troupe qui s’installera dans deux semaines au Caudan Arts Centre.

En attendant, direction l’École du Centre, où ont lieu les répétitions. Après avoir discuté des enjeux que représente cette production annuelle avec le tandem Mourgues et Houbert, les comédiens arrivent. Quinze minutes plus tard, après une brève présentation de leurs profils, c’est le début du filage… Une fois les derniers conseils prodigués et les comédiens invités à se montrer plus ponctuels par Daniel Mourgues, tous montent sur scène. Nous avons la chance de tomber sur une scène où presque tous les comédiens sont à l’œuvre. Philippe Houbert tient le rôle principal, celui de Stéphan. Un quadragénaire qui profite de l’absence de sa femme pour ramener chez lui une jeune fille. Il ne s’attendait toutefois pas à ce que sa femme Sophie revienne à la maison, suite à l’annulation de son vol. Christine Gufflet tient le rôle de l’épouse trompée et Virginie Raoul Capdet celui de la jeune fille.

Complicité des comédiens.

Très à cheval sur la direction d’acteurs, Daniel Mourgues demeure concentré sur la scène qui se joue devant lui. Perfectionniste, il s’assure que le jeu des comédiens est conforme à leur personnage. D’une voix calme mais assurée, il demande à certains de revoir le ton de leur voix, à entrer davantage dans leur personnage ou à être plus vigilants sur les répliques.

On sent une belle complicité entre les comédiens. Cinq d’entre eux sont de nouveaux talents. Pour les rôles féminins, “plusieurs filles ont été auditionnées et celle qui correspondait le mieux à chacun des rôles a été choisie”, confie Philippe Houbert. Daniel Mourgues ajoute que “le choix s’est joué sur une question de personnalité. Des échanges permettent de cerner ce que peut dégager et sortir un comédien”. Julie Tyack et Valérie Piriou partagent l’affiche avec Christine Gufflet et de Virginie Raoul Capdet. Pour les rôles masculins, nous retrouvons Alessandro Chiara, “éternel jeune homme”, qui n’est pas inconnu des planches, et Jean-Marie Marrier. Ce dernier fait ses débuts à Maurice au théâtre mais possède un parcours intéressant dans le milieu musical en France. Depuis 2011, Philippe Houbert et Daniel Mourgues ont travaillé avec plus de trente nouveaux comédiens, afin de “donner la chance à d’autres comédiens d’être mis en lumière”.

Un rôle écrit sur mesure.

Avec cette nouvelle pièce, Philippe Houbert et Daniel Mourgues ont souhaité sortir du comique visuel de Ray Cooney “pour s’attaquer à un comique différent”. Après La cage aux folles en 2011, la tentation de retrouver une pièce de Poiret était très forte. “Bien que l’une et l’autre n’aient rien à voir, l’écriture de Poiret reste la même”, souligne Philippe Houbert. Ce dernier, qui tient le rôle principal, estime que c’est un grand défi de “passer après Jean Poiret, qui s’est écrit ce rôle sur mesure, et ce n’est pas une mince affaire”. Il ajoute : “Comme beaucoup de comédiens de cette époque, Poiret était unique dans son style de jeu et son interprétation. Ce qui était fascinant chez cet auteur, c’est qu’on avait toujours l’impression qu’il improvisait alors que tout était bien écrit. Retrouver cet esprit sur scène représente un véritable défi.”

Daniel Mourgues tient à préciser l’authenticité de chaque création. “Nous n’essayons pas de copier Poiret, qui avait un jeu particulier. Nous n’avons pas les mêmes comédiens, ni les mêmes personnalités. Il faut donc adapter notre jeu. Nous présentons une Joyeuses Pâques selon notre version.”

Joyeuses Pâques est “une bonne pièce, bien écrite, qui a traversé les décennies”, précise Daniel Mourgues. La magie de ces pièces, dans la tradition de celles de George Feydeau, “est que les auteurs trouvent le moyen de nous amuser avec des choses qui sont simples”. Pour le tandem Mourgues et Houbert, qui invite les Mauriciens à venir en grand nombre, le message est clair : “Il ne faut surtout pas bouder son plaisir !”

À l’affiche

Christine Gufflet

Dans le rôle de Sophie, l’épouse trompée, elle incarne une bourgeoise parisienne. “Avec son caractère très retors, elle va jouer un double jeu pour tester son mari”, confie celle qui a fait ses débuts sur les planches auprès de Philippe Houbert dans la pièce Blaise. De nature spontanée, cette illustratrice (sous le nom d’Iloë) a joué dans Mille et une Fées, Carmen et deux pièces écrites par Malcolm de Chazal, Malika et le mendiant et Les Désamorantes.

Virginie Raoul Capdet

Elle tient le rôle de Julie (la jeune fille). Un personnage très difficile à déstabiliser qui, suite à une rupture avec son petit ami, atterrit dans l’appartement de Stéphan. “C’est un personnage qui s’incruste et se prend au jeu.” En termes de vivacité, de pétillance et de spontanéité, le personnage lui correspond, mais “pas au niveau de son caractère volage”, dit-elle en riant. Installée à Maurice depuis cinq ans, cette animatrice d’ateliers de théâtre de profession s’est fait connaître en 2016 dans une pièce des Komiko, Fami pa kontan 4.

Julie Tyack

Dans Joyeuses Pâques, elle tient le rôle de la mère de Julie. Un personnage extraverti qui débarque chez Stéphan le soir du dîner de Pâques, “comme un cheveu sur la soupe”, provoquant au passage un désordre monstrueux. Cette passionnée de théâtre a fait ses débuts avec Philippe Houbert au Théâtre de Port-Louis dans les années 90 dans Le canard à l’orange. Entre autres figurations et doublages dans des séries, elle a, tout comme ses consœurs, pris des cours avec Marie Ange Koenig.

Jean-Marie Marrier

Celui qui tient le rôle de Monsieur Walter, un riche industriel, fait ici ses débuts au théâtre à Maurice. Installé en France depuis l’adolescence, Jean-Marie Marrier évolue dans le milieu musical depuis une trentaine d’années. Il a accompagné des grands de la chanson française comme Johnny Halliday et Florent Pagny. Il a aussi participé à des publicités, des comédies musicales et à des doublages de chansons de films pour Walt Disney.

Valérie Piriou

Avec Jean-Marie Marrier, ils forment les époux Walter, des nouveaux riches. Elle est “exubérante, ostentatoire et peu discrète”. Valérie Piriou est l’antithèse de ce personnage. Mais “c’est un rôle qui me permet de me donner en spectacle”, confie celle qui a fait ses débuts dans l’univers théâtral avec les ateliers de Marie Ange Koenig, il y a une quinzaine d’années.

Alessandro Chiara

Fils des époux Walter, cet habitué des scènes a tenu l’affiche dans plusieurs productions de Philippe Houbert et Daniel Mourgues, dont la dernière en date, À gauche en sortant de l’ascenseur, en 2015. “Après quatre ans, c’est un plaisir de les retrouver et de découvrir cette nouvelle équipe de comédiens.”

L’histoire

Durant le week-end de Pâques. Stéphan, un entrepreneur quadragénaire, profite de l’absence de son épouse pour inviter dans son appartement la jeune et jolie Julie. Cette dernière, qui vient de rompre avec son petit ami, ne sait pas où dormir. Suite à l’annulation de son vol, Sophie revient en catastrophe et tombe sur son mari en charmante compagnie. Alors qu’il est pris la main dans le sac, Stéphan invente un subterfuge pour masquer son infidélité. Il présente Julie comme étant sa fille cachée, issue d’un précédent mariage. Sophie, loin d’être dupe, pousse son époux dans ses ultimes retranchements. De mensonges en mensonges, d’étranges situations rocambolesques naîtront dans des circonstances bien étranges. La mère de Julie débarque, mais aussi un couple de riches industriels bourgeois accompagné de leurs fils. Au grand dam de Stéphan, Sophie joue les entremetteuses et essaiera de caser sa prétendue belle-fille avec le fils du couple bourgeois…

Infos générales

Du 15 au 24 mai au Caudan Arts Centre à Port-Louis.

Représentations : les 15, 16, 17, 22, 23 et 24 mai, à partir de 20h.

Durée : 2 heures.

Prix des places : Rs 700 et Rs 800.

Réservation : En ligne sur caudanartscentre.com et au kiosque d’information du Caudan.