« Augmenter les tarifs de l’eau alors que la fourniture 24/7 n’est pas encore réalisée est une provocation », estime la Consumer’s Advocacy Platform (CAP). Son président, Mosadeq Sahebdin, juge en effet « inacceptable » qu’un service essentiel « soit confié à des opérateurs privés ». Selon lui, une augmentation excessive du tarif de l’eau « pourrait priver certains consommateurs de ce service vital s’ils se trouvent dans l’impossibilité de payer ».

La CAP dit « non » à la privatisation de la CWA. L’association juge « inacceptable » qu’un service essentiel, « opérant dans une situation de monopole, soit confié à des opérateurs privés dont la motivation principale réside uniquement dans les profits ». Selon le porte-parole de la CAP, l’éventualité d’une augmentation du tarif de l’eau, annoncée par le ministre des Utilités publiques « pour préparer l’opinion publique » ne devrait pas être à l’ordre du jour.

Si éliminer les fuites, assurer une meilleure gestion quotidienne et fournir l’eau 24/7 figurent parmi les défis que doit relever la CWA, selon la CAP, « c’est au niveau du captage et du stockage de l’eau, comme l’a souligné une étude de l’Université de Maurice,  que des mesures énergiques devraient être prises ». Or, poursuit-elle, « la CWA n’est pas responsable de la construction de réservoirs ».

La CAP se dit d’avis que « la véritable raison derrière la privatisation, déguisée en partenariat stratégique, est l’incompétence avouée de la CWA à fournir de l’eau 24/7 ». Elle poursuit : « La CWA n’étant pas équipée et manquant d’expertise, l’intervention d’une compagnie étrangère experte serait nécessaire. Or, il est à craindre que la privatisation n’entraîne une hausse massive des tarifs de l’eau. »

La CAP déplore en outre le fait que, comme indiqué dans le dernier budget, la CWA encourage les consommateurs à avoir chez eux des réservoirs d’eau. « Ce faisant, la CWA ne fait que transférer sur les consommateurs sa responsabilité d’assurer la disponibilité de l’eau 24/24h. Selon les économistes, l’accord des subsides par le gouvernement pour l’achat d’un réservoir à domicile ne fait que permettre à la CWA de repousser l’échéance en vue de disposer de nouveaux réservoirs, et ce au détriment des contribuables, qui subventionnent ainsi les fabricants de réservoirs. »

La CAP décrie par ailleurs la déclaration « irresponsable » du ministre, selon laquelle « il serait inutile de construire des réservoirs si l’eau est gaspillée », et ce car « il oublie de dire que c’est la CWA qui est responsable du gaspillage de 50% de l’eau qu’elle produit et fait payer cette perte aux consommateurs ».