Moins de 24 heures après, Jean Ricardo Atchiane, âgé de 23 ans, masseur habitant l’avenue Cassidy, Saint-Patrick, Rose-Hill, est passé aux aveux pour le meurtre de son ami et client Eishanne Coowar, 44 ans, homme d’affaires. Samedi, ce dernier a été agressé au couteau à la jambe gauche avec une entaille d’une profondeur de huit centimètres et a succombé en route pour la clinique Fortis-Darné à Floréal. Au moment de son arrestation, le meurtrier présumé semblait ne pas être au courant du décès de la victime, selon des sources proches des limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT), menés par le chef inspecteur Rugbur et sous la supervision de l’assistant commissaire de police Pregassen Vuddamalay.
Dès la confirmation du meurtre de cet homme d’affaires, habitant Abbé de la Caille, Eau-Coulée, les soupçons des responsables de cette enquête se sont portés sur le jeune masseur, d’ailleurs l’une des dernières personnes à avoir vu Eishanne Coowar encore vivant en fin de matinée samedi. Pour ce qui est du signalement du suspect, la police n’a pas eu trop de difficultés pour obtenir des détails car la photo de Ricardo Atchiane se trouvait sur le téléphone cellulaire de la victime.
Dès samedi après-midi, l’arrestation de Ricardo Atchiane était donnée comme une certitude. Toutefois, quand ce suspect a été appréhendé, il a laissé échapper son étonnement en apprenant la nouvelle du décès de sa victime. « Li inn mort tout », devait-il déclarer aux limiers de la MCIT venus l’interpeller hier. Lors de cette opération, la police a également recouvré l’arme du crime, un couteau de cuisine appartenant à Eishanne Coowar, de même qu’une importante somme d’argent, dont des devises étrangères et des bijoux de valeur, soit un butin estimé à environ Rs 1,7 million. Du matériel de caméra de surveillance et l’arme du crime auraient été saisis lors de cette perquisition policière.
Au cours de son interrogatoire, le suspect Atchiane devait passer aux aveux quant aux circonstances de ce meurtre. Le masseur a fait comprendre qu’il avait rendez-vous avec l’homme d’affaires pour une séance. Mais à un certain moment, les échanges ont dégénéré au sujet de l’argent. Il allègue qu’Eishanne Coowar était réticent à lui payer la séance de massage ou encore à effectuer des remboursements au sujet de précédentes dettes.
Au moment des faits, aucun témoin ne se trouvait en la résidence d’Eishanne Coowar, dotée d’équipements de sécurité et de caméras de surveillance. Son partenaire était parti récupérer des documents de voyage car les deux devaient entreprendre un déplacement à l’étranger en ce début de semaine pour célébrer un événement personnel majeur. De concert avec son partenaire, il avait initié des procédures en vue de l’adoption prochaine de deux bébés.
Des voisins affirment que samedi à la mi-journée, leur attention a été attirée par des cris de détresse venant de la résidence de la victime. Dans sa version des faits, le suspect soutient qu’il a ligoté sa victime dans un sofa au premier étage de la maison en vue de la forcer à donner le code du coffre-fort en vue de faire main basse sur tout qui y avait été placé en sécurité.
Avant de quitter les lieux, Ricardo Atchiane devait agresser la victime d’un coup de couteau à la jambe gauche. Ayant une parfaite connaissance des lieux et croyant ainsi éliminer des preuves de son forfait, le suspect devait endommager les quatre caméras de surveillance de la résidence tout en emportant les enregistrements. L’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, dans la soirée de samedi, a attribué le décès à des « exsanguinations following stabbed wound of left “Poplited” artery ».
Eishanne Coowar était encore en vie quand les premiers secours ont été organisés en vue de le transporter à la clinique Fortis-Darné. Saignant abondamment, il devait succomber en cours de route. Son décès a été constaté à la clinique.
Ricardo Atchiane a comparu ce matin devant le tribunal de Curepipe sous une accusation provisoire de meurtre en attendant les conclusions de l’enquête et la reconstitution des faits sur les lieux du crime.