EBONY FOREST À CHAMAREL : Sanctuaire de l’endémicité

Nichée dans les hauteurs de Chamarel à proximité des Terres des sept couleurs se dresse l’Ebony Forest, une forêt réaménagée pour les besoins d’un projet de conservation et d’éducation. Comme son nom l’indique, la forêt regorge de bois d’ébène de différentes espèces. En tout, on peut y voir 7 des 11 espèces de bois d’ébène présentes à Maurice dont l’ébénier noir ainsi que de nombreuses espèces de plantes et d’oiseaux endémiques. Évasion dans ce lieu imaginé et conçu par Christine et Owen Griffiths.
La découverte de cette forêt endémique peut se faire de deux façons, à pied pour les plus sportifs et dans un véhicule adapté offert par les gérants de ce projet. La visite peut s’effectuer seul ou accompagné d’un guide. Quel que soit votre choix, vous serez embarqué dans un lieu magique où l’air frais et le parfum de verdure vous enivreront. Un travail titanesque réalisé depuis une dizaine d’années par l’équipe d’Ebony Forest avec la contribution du National Parc Conservation Service, du Forestry Service ainsi que de la Mauritian Wildlife Foundation.

De l’ébène à perte de vue.
Ce nouveau parc de conservation a deux objectifs, apporter sa contribution à la conservation d’espèces endémiques et indigènes de l’île mais aussi éduquer le public sur la nécessité de préserver ces richesses. Si le parc est ouvert depuis environ un mois, seul 13 des 50 hectares sont déjà réhabilités. 13 hectares qui permettent au public cependant de découvrir un espace où règne une atmosphère paisible.
Des ébéniers à perte de vue, c’est la première chose qui frappe alors qu’on fait route vers le sentier aménagé pour les visiteurs qui se trouve en hauteur. En route, on découvre le travail de conservation qui se poursuit à travers les nouvelles plantations de plantes endémiques. Des plantes juvéniles destinées à devenir les gardiens de la forêt et de la conservation. “C’est un travail ongoing, on récolte les graines de différentes espèces endémiques au sein de la forêt et ailleurs et on les réintroduit après un passage par notre pépinière où les plantes auront grandi et seront aptes à s’adapter à leur nouvel environnement”, explique Christabelle Duhamel, Education Officer et notre guide ce jour-là.

Des plantes endémiques tous les deux mètres.
Arrivé au pied du Fly Catcher trail et son parcours de 300 mètres, rendez-vous est pris pour une immersion dans un sanctuaire de plantes endémiques. Tous les deux mètres au maximum, vous croiserez une espèce de plante endémique. Une rareté à Maurice dans les moins 2 % de forêt indigène qu’il nous reste. Le parcours est fait sur une passerelle surélevée de 1 à 4 mètres par endroits, à la fois pour permettre aux visiteurs de mieux observer les plantes mais aussi par mesure de précaution. “Ça permet d’éviter que les visiteurs n’écrasent les plantules au pied des plantes mères”, fait savoir notre guide.
Des plantes endémiques, on en verra des dizaines, parmi lesquelles de très rares. Outre le bois d’ébène qu’on trouve à chaque recoin, on y trouvera le bois chandelle. “On l’appelle comme ça puisqu’auparavant on brûlait ce bois car sa sève permettait au feu de tenir longtemps comme une chandelle”, révèle notre guide. On découvre le mazambron marron, le bois banane ainsi que différentes espèces de fougères endémiques. À quelques mètres, on s’émerveille devant un pandanus macro stigma qui est un des refuges préférés de certaines espèces de geckos endémiques. Plus loin, on observera un beau palmiste de l’espèce Dictyosperma album, un bois cerf et un bois dur dont les branches forment un arc autour de la passerelle. Plus tard, on découvrira des pattes poules à piquants qui tirent leur nom de la forme de leurs feuilles ou encore le bois tambour qu’on appelle également “pot sam zako” dû à la forme de ses fruits.

Sublime Point.
De temps à autre, le regard de notre guide se perd dans les feuillages. Elle finit par imiter le chant d’un oiseau. “Il y a un coq des bois pas loin”, partage-t-elle avec un sourire. Et d’ajouter que “c’est dommage qu’il y ait du vent, sinon on aurait pu mieux les observer. D’après les estimations, ils seraient environ 200 ici.” Une bonne petite population si on tient compte du fait qu’il y en a seulement trois dans l’île, la plus grande se trouvant à Bras d’Eau et une autre relâchée à Ferney. Elle indique qu’outre le coq des bois, aussi appelé Fly Catcher, on peut trouver le merle de Maurice et le grey white eye (pic pic).
Outre la découverte d’espèces endémiques, vous serez également transportés vers un view point. En effet, le Sublime Point offre une vue imprenable sur Le Morne Brabant et les baies alentours alors que vous pourrez également observer pas mal d’oiseaux tels que le paille-en-queue. Ceux qui désirent prolonger le plaisir peuvent également emprunter le sentier qui mène au Piton Canot qu’ils pourront atteindre en environ 45 minutes.

Visitors’ Center.
Au préalable, le public aura découvert le Visitors’ Center avec ses panneaux explicatifs et ses éducatifs naturels tels que les graines récoltées ou encore les travaux artistiques réalisés à partir de matières naturelles récupérées. En outre, le complexe est doté d’un musée qui relate l’histoire naturelle de Maurice, avec diverses explications sur l’ébénier noir de même que des spécimens de cet arbre célèbre, dont un morceau vieux d’environ 1 000 ans. Un restaurant où tout est cuit au feu de bois vous permettra de vous restaurer. Pour profiter de cette terre d’évasion, il vous suffira de débourser Rs 200 par adulte et Rs 120 par enfant. Pour les touristes, il faudra compter Rs 350 par adulte et Rs 200 par enfant.