ÉCHIQUIER POLITIQUE - BELLE-ROSE/QUATRE-BORNES : L’opposition se mobilise au No 18

Le Returning Officer, le Presiding Magistrate Raj Seeballuck : « Le travail commence dès aujourd’hui »

Les principaux partis de l’opposition, du PMSD au MMM en passant par le Parti travailliste, sans compter des partis comme Rezistans ek Alternativ ou le Muvman Patriotik, affûtent leurs dernières armes en vue de l’élection partielle du dimanche 17 décembre prochain à Belle-Rose/Quatre-Bornes (No 18). Durant le week-end, les états-majors ont multiplié les sorties sur le terrain et les commentaires en prévision de ce scrutin où seule l’alliance gouvernementale de l’Alliance MSM/Muvman Liberater n’a pas encore pris de décision quant à sa participation à cette joute électorale, rendue nécessaire avec la démission de Roshi Bhadain sur fond de désaccord avec le projet de Metro Express.

D’aucuns affirment qu’il existe de très grandes chances que l’alliance gouvernementale ne sera pas au rendez-vous du 17 décembre, alléguant que « la priorité à l’hôtel du gouvernement est ailleurs qu’un siège à l’Assemblée nationale occupé jusqu’à tout récemment par l’opposition ». Il faudra attendre le retour au pays du Premier ministre et leader du MSM, Pravind Jugnauth, participant actuellement à l’assemblée générale des Nations unies à New York, pour la décision officielle à ce sujet vers la fin de ce mois alors que le Nomination Day est fixé au 4 novembre. Néanmoins, le Muvman Liberater, à travers son leader Ivan Collendavelloo, qui assure la suppléance au poste de Premier ministre depuis vendredi soir, pourra donner, demain, une indication au sujet de la présence d’un éventuel candidat, parrainné par le gouvernement sur le bulletin de vote. En effet, le Muvman Liberater prévoit d’animer une réunion politique dans la circonscription de Stanley/Rose-Hill demain soir.

Entre-temps, à la Commission électorale, la machinerie a été enclenchée formellement dès vendredi avec la publication du Writ pour la partielle. Ce matin, le Returning Officer désigné, le Presiding Magistrate de la Cour intermédiaire, Raj Seeballuck, a apposé sa signature au bas du Writ en présence du commissaire électoral, Irfan Rahman. « Ma nomination en tant que Returning Officer pour cette élection partielle a été acceptée. C’est un travail et une responsabilité très importants qui m’ont été confiés. C’est un honneur d’avoir été choisi pour diriger cette élection partielle. Le travail commence dès aujourd’hui avec l’encadrement du Supporting Staff de la Commission et des responsables de cette instance et le tout ira crescendo jusqu’à la proclamation finale des résultats », a-t-il déclaré au Mauricien en fin de matinée.


 

MP — RÉUNION PERTURBÉE : Alan Ganoo alerte la police et le Commissaire électoral

 

Suite aux incidents survenus vendredi lors d’une réunion à l’Avenue Berthaud, Quatre-Bornes, le président du Mouvement patriotique, Alan Ganoo, a signifié son intention d’alerter la police et le Commissaire électoral pour dénoncer « le comportement antidémocratique des activistes d’un autre parti ». C’est ce qu’il a annoncé samedi lors de sa conférence de presse hebdomadaire. Il a aussi commenté les autres thèmes de l’actualité dont l’affaire Ravi Yerrigadoo et le coup de sang de Showkutally Soodhun à Quatre-Bornes.

« Vendredi nous avons été victimes d’une tentative d’intimidation de la part des activistes d’un parti politique. Alors que notre réunion se déroulait sans problème, ils ont commencé à faire des commentaires à haute voix et à nous interpeller alors qu’Alain Barbier et moi-même commencions à parler. Zot finn krie ek finn perturb nou reinion », a raconté le président du Mouvement Patriotique, Alan Ganoo, lors de sa conférence de presse hebdomadaire samedi au siège de son parti, à St-Jean, Quatre-Bornes. « Si c’était des citoyens qui en toute légitimité nous interpellaient ainsi il n’y aurait pas eu de problème. Mais dans ce cas, il était évident que c’était des activistes d’un parti politique qu’on connaît trop bien, car certains parmi eux portaient la couleur de ce parti », a-t-il poursuivi, sans dire le nom du parti en question.

En conférence de presse samedi, le leader du MMM, Paul Bérenger, a déploré cet incident et a dénoncé nommément le Reform Party de Roshi Bhadain. Ce dernier a publiquement nié toute implication dans l’incident.

« Nous dénonçons le comportement antidémocratique des partisans de ce parti et ses apprentis Tontons Macoutes (NdlR : membres de la milice paramilitaire à Haïti, sous les Duvalier) ki finn sey intimide le MP », a poursuivi Alan Ganoo. « Je lance un appel pour une campagne électorale civilisée afin que les habitants de Belle-Rose/Quatre-Bornes puissent choisir leur député en toute tranquillité ».

Le président du MP a signifié son intention d’alerter la police, à travers une déclaration en bonne et due forme et le Commissaire électoral, Irfan Raman. « Nou less zot fer zot lanket ek rapel sa bann foter de trouble-la a l’ordre », a-t-il martelé.

Commentant l’affaire Ravi Yerrigadoo, Alan Ganoo a expliqué que cela a secoué le sommet de l’État. « Le MP na pa poz li an akizater, kar nou krwar dan la prezonpsion d’inosans. Mais toujours est-il que ces allégations d’entente délictueuse et de blanchiment d’argent à l’encontre d’un Attorney General nous troublent », a-t-il indiqué, en parlant du rôle d’un Attorney General dans notre système judiciaire. « Nous souhaitons maintenant que l’enquête soit faite en toute transparence et sans cover-up, car quand la crédibilité d’un Attorney General est entachée, c’est l’État qui est éclaboussé ».

Le président du MP a aussi commenté l’incident impliquant « l’incorrigible Soodhun contre une simple citoyenne cette semaine à Quatre-Bornes ». « Nous condamnons sans réserve cette surréaction virulente, grossière et irrationnelle de Soodhun contre une simple citoyenne qui n’a fait qu’exprimer son exaspération sur les outrances d’un policitien. Les politiciens en général doivent en tirer les leçons qui s’imposent. Li evidan ki la popilasion nepli ezite remet a zot plas bann politisien ki derape. Et c’est tant mieux ».

Concernant la participation du MP à la partielle au N° 18, Alan Ganoo, a répété que « nous avons jusqu’au 4 novembre pour décider si nous allons aligner un candidat ou si nous allons soutenir celui d’une autre formation politique. Nous évaluons toujours les conséquences ».

Le président du MP s’est par ailleurs indigné de la libération d’un prisonnier condamné pour trafic de drogue par la grâce présidentielle. « Les Articles 50 et 51 de la Reform Institution Act ne permettent pas de gracier ceux qui ont été condamnés pour trafic de drogue ou pour abus sexuel sur des enfants. Nous sommes tristes, choqués et en colère car gracier ainsi un trafiquant de drogue va à l’encontre des efforts des individus, des ONG et du gouvernement dans leur lutte contre le trafic de drogue. Nous demandons une enquête sur cette troublante affaire », a-t-il insisté.