Malgré un calme apparent en surface, la marmite politique laisse trahir des signes d’ébullition en prévision de la prochaine échéance majeure, prévue pour le 20 septembre. En effet, cette date représente l’échéance pour le Premier ministre, Pravind Jugnauth, en vue de la publication du Writ of Election pour le scrutin de remplacement à Belle-Rose/Quatre-Bornes (No 18), suite à la démission de l’Assemblée nationale de Roshi Bhadain, leader du Reform Party. Toutefois, cette date butoir est coincée entre deux engagements formels pour le chef du gouvernement : l’audition probable en début de semaine – lundi prochain est donné comme une des options – devant la commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen, et son “Maiden Speech” à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, dont les travaux démarreront officiellement le 19 septembre. Sur l’échiquier politique, de grandes manoeuvres sont engagées en vue de forcer le gouvernement à concéder la tenue d’élections générales anticipées au lieu de la « partielle Metro Express » du No 18.
Si ses auteurs parviennent à mettre à exécution le scénario envisagé, la prochaine publication du Writ pour la partielle de Belle-Rose/Quatre-Bornes pourrait être éclipsée par une cascade de démissions, non seulement des rangs du gouvernement, mais surtout de l’Assemblée nationale, et ce pour acculer le chef du gouvernement et leader du MSM, Pravind Jugnauth. À ce stade, quatre noms de parlementaires – dont un ministre venant des rangs du Muvman Liberater d’Ivan Collendavelloo – sont cités comme étant en mesure de mettre le gouvernement dans « une situation des plus vulnérables » dans la conjoncture électorale.
L’un des premiers noms sortis en public n’est nul autre que celui de Sangeet Fowdar, qui n’en est pas à sa première tentative avortée de prendre ses distances de la majorité gouvernementale. Comme cela a été le cas lors des précédentes occasions, il n’a pas manqué de démentir cette éventualité (voir plus loin sa déclaration au Mauricien).
L’autre parlementaire susceptible de figurer dans la mise en scène du 20 septembre est réputé pour ses prises de position à l’Assemblée nationale, et ayant pour opposé le Deputy Prime Minister et ministre des Utilités publiques, Ivan Collendavelloo. Le troisième n’est, lui, pas en odeur de sainteté avec des dirigeants du Muvman Liberater depuis le début de l’année. Le nom du quatrième peut surprendre dans la mesure où, à ce jour, il a connu un cheminement politique et parlementaire très “Low Profile”. Ce qui devrait changer avec le coup d’éclat annoncé du 20 septembre, le projetant ainsi aux devants de la scène.
Le travail de « manz koko politik » a déjà été enclenché avec l’aide des intermédiaires et vise à obtenir la garantie qu’au lendemain de la publication des dates du Nomination Day et du Polling Day pour la No 18, les effets soient dilués avec la démission de ceux concernés de l’Assemblée nationale. Dans l’éventualité où ce plan est exécuté, le pays devrait automatiquement entrer en phase de campagne pour des législatives anticipées. Du moins, c’est ce qu’avancent ceux qui affirment être dans le secret de ce plan.
Du côté de l’hôtel du gouvernement, on suit la situation de près, notamment les « fréquentations politiques » de Sangeet Fowdar après les célébrations de la fête Ganesh Chaturthi du week-end dernier, à Belle-Mare, en compagnie d’Anil Bachoo. Ce détail apporte de l’eau au moulin de ceux qui soutiennent que l’une des conditions attachées à toute démission de Sangeet Fowdar en tant que député est la promesse d’une investiture du Labour à Flacq/Bon-Accueil (No 9), où il aurait comme colistiers Anil Bachoo et Dhiraj Khamajeet. Sangeet Fowdar avait été élu dans cette même circonscription sous la bannière MSM/MMM aux élections générales de 2000.
Cette proposition tient-elle encore la route avec la déclaration du jour du principal concerné, qui nie tout projet de démission ?? Au gouvernement, le cas Fowdar impose une vigilance à toute épreuve en vue de relever la moindre indication de « coup fourré politique », qui mènerait à des chamboulements politiques d’envergure.
En tout cas, le mois de septembre ne s’annonce nullement de tout repos pour le leader du MSM. Pravind Jugnauth devra en effet s’expliquer devant la commission Lam Shang Leen et répondre aux allégations du parrain des parrains, Peroumal Veeren, et, dans la foulée, faire face au démarrage de la campagne au No 18, où le MSM et le Muvman Liberater doivent décider formellement de ce qu’ils comptent faire en termes de participation à la campagne à Belle-Rose/Quatre-Bornes, et ce sans compter un déplacement officiel à New York au début de la seconde quinzaine du mois prochain. Et tout cela à un mois de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale… Pourvu que la tyrolienne rodriguaise lui ait apporté un peu d’air frais avant cette période asphyxiante.