ÉCHIQUIER POLITIQUE—JOUR J-42: L’enjeu de la partielle du No 18

Avec le dépôt des candidatures à la Sodnac SSS, la commission 
électorale déjà sur le pied de guerre avec le code de conduite à être souscrit volontairement par les candidats dès aujourd’hui

Du côté de la commission électorale, le début de cette semaine a été crucial dans les préparatifs, une première étape devant être franchie aujourd’hui avec le Nomination Day. En principe, il faudra s’attendre à plus d’une douzaine de candidats en lice pour remplir le siège laissé vacant à l’Assemblée nationale avec la démission de Roshi Bhadain. Au QG de la commission électorale, les séances de travail se sont multipliées avec les différents Stakeholders, dont le Returning Officer, le Presiding Magistrate de la Cour intermédiaire Raj Seebaluck et ses proches collaborateurs, ainsi que les membres de l’Electoral Supervisory Commission (ESC) et de la force policière. Dans le camp des partis politiques, on se dit conscient de l’enjeu de cette partielle et chacun de ceux engagés dans cette bataille électorale devra mettre à profit le moindre détail car la proclamation des résultats du scrutin, le lundi 18 décembre, devra avoir des répercussions sur le plan politique, même si l’alliance gouvernementale MSM/ML ne sera pas de la partie faute de candidat.
« À la commission électorale, nous sommes déjà prêts pour l’exercice du dépôt de candidatures et par extension pour le déroulement du scrutin. Au cours des différentes séances de travail en début de semaine, nous avons eu l’occasion de passer en revue les procédures établies pour que cette élection partielle se déroule dans les meilleures conditions possible », a fait comprendre le commissaire électoral, Irfan Rahman, en fin de matinée après une réunion avec les responsables de la police.
Avec le Nomination Day du jour, chaque candidat sera appelé à souscrire volontairement aux dispositifs du code de conduite, qui a été validé par l’Electoral Supervisory Commission mardi lors de la réunion présidée par Me Youssouf Aboobaker, Senior Counsel. « L’innovation dans la présente édition est que le code de conduite tient en ligne de compte le poids des réseaux sociaux en appelant les candidats à se restreindre lors de leurs interventions sur la toile. Le code de conduite prend effet à partir du dépôt de candidature », ajoute le commissaire électoral à cet effet.
Les autres principales échéances menant au scrutin du dimanche 17 décembre à Belle-Rose/Quatre-Bornes – soit la date limite pour le retrait des candidatures, mardi après-midi, et l’impression des bulletins de vote pour les 42 052 électeurs inscrits – ne devraient être entamées qu’à partir de fin novembre pour les besoins de sécurité. Le dépôt de candidature se fera de 9h à 15h à la Sodnac State Secondary School, avec une heure supplémentaire, soit jusqu’à 16h, pour permettre au Returning Officer de prendre connaissance de toute objection qui pourrait être logée. Les premières indications sont que le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, pourrait être l’un des premiers à faire acte de candidature dès 10h ce matin. Du moins s’il n’est pas devancé par quelqu’un d’autre.
Tout candidat doit se munir d’une série de documents, dont une pièce justificative de son identité. Ainsi, la commission électorale prévoit que la Biometric ID Card, le Bus Pass, le passeport ou le permis de conduire devront suffire. Jack Bizlall, le candidat du Mouvement Premye Me, présentera donc son Bus Pass vu qu’il ne possède pas de carte biométrique. Il a déjà obtenu le feu vert de la commission électorale à cet effet. Par ailleurs, le Nomination Day marquant le coup d’envoi de la campagne officielle pour la partielle du 17 décembre, Le Mauricien a tâté le pouls au sein des différents partis politiques se lançant dans la course pour le siège vacant à l’Assemblée nationale.


MMM : démontrer son positionnement
Le MMM a été parmi les premiers partis à présenter un candidat, en l’occurrence une femme. La candidature de Nita Juddoo à l’élection partielle a en effet été confirmée fin juillet, même si son choix avait provoqué quelques grincements de dents parmi ceux qui s’attendaient à voir Viyan Mankhan représenter les mauves.
Depuis sa désignation, Nita Juddoo a consacré le plus clair de son temps à sillonner la circonscription, s’adonnant au porte-à-porte en compagnie des dirigeants du MMM. La campagne a pris une nouvelle dimension après la fête de Divali, en témoigne l’inauguration du quartier général de ce parti, lundi dernier, à La Louise, lorsque Paul Bérenger a indiqué qu’un vote en faveur du MMM constituera « un vote contre le MSM et le PTr ». On s’attend à ce que le MMM fasse une démonstration de force aujourd’hui à l’occasion d’un défilé organisé pour accompagner Nita Juddoo à Sodnac en vue de l’enregistrement de sa candidature, alors que le premier congrès, lui, est prévu à Quatre-Bornes le 8 novembre.
L’équipe du MMM qui s’engage actuellement dans cette élection partielle n’est pas la même que celle de 2014, à l’occasion des élections générales. Depuis cette date, ce parti a en effet connu des hauts et des bas. Kavi Ramano, seul élu du MMM dans la circonscription, a pris ses distances de ce parti. Après avoir participé au lancement du MP, il a décidé de faire bande à part et siège désormais comme indépendant à l’Assemblée nationale. Son absence privera ainsi le MMM d’un bon groupe d’activistes, qui lui sont restés fidèles.
Au fil des soubresauts qu’a connus ce parti depuis les dernières élections générales, les mauves ont par ailleurs perdu plusieurs de leurs cadres, dont Alan Ganoo et Jean-Claude Barbier, qui ont fondé le MP. Raffick Sorefan, Joe Lesjongard et Zuber Joomaye, après diverses péripéties politiques, sont pour leur part passés dans les rangs du MSM. En outre, après que le PMSD ait quitté la majorité, Paul Bérenger a perdu son poste de leader de l’opposition à l’Assemblée nationale. Seule consolation : à la reprise parlementaire, la semaine dernière, le MMM a obtenu le soutien de Danielle Selvon, qui a adhéré ses rangs depuis peu, après un passage comme indépendante suite à sa démission du MSM.
Tout cela pour dire qu’au-delà de la personnalité de sa candidate, l’élection partielle représente un défi majeur pour les mauves. Ce sera l’occasion pour le parti de démontrer son positionnement et sa force, non seulement au sein de l’opposition, mais aussi sur l’échiquier politique national dans la perspective de nouvelles élections générales.


PTr : se refaire une image
Le PTr, miné depuis les dernières élections générales par une série de procès intentés contre ses membres, a présenté son meilleur candidat à cette élection partielle en la personne d’Arvin Boolell, qui a délaissé pour cela son ancienne circonscription, Rose-Belle/Vieux-Grand-Port, où il avait essuyé une défaite en 2014.
Ce faisant, le PTr a misé sur son expérience politique, son image personnelle et son esprit d’indépendance. Arvin Boolell a été un des rares travaillistes à essayer de convoiter ouvertement le leadership du PTr. Ce qui fait que dans un premier temps, sa candidature à la partielle de Belle-Rose/Quatre-Bornes avait été présentée comme un tremplin pour rebondir au sein de ce parti. Les remarques de son leader, Navin Ramgoolam, à l’effet qu’il soit difficile de remporter l’élection partielle sans lui, avaient quelque peu écorné la campagne d’Arvin Boolell, qui s’était contenté jusqu’ici de faire du porte-à-porte et de mettre en place une organisation susceptible de mobiliser ses partisans après l’enregistrement des candidats, prévu pour aujourd’hui.
Le lancement officiel de sa campagne électorale a été donné le vendredi 27 octobre à la municipalité, à l’occasion d’un rassemblement des activistes, qui a pris la forme d’un grand congrès. Tous les dirigeants rouges, à commencer par son leader, se sont jetés à cette occasion dans la bataille. Navin Ramgoolam a d’emblée tenu à dissiper tous les doutes concernant les relations entre Arvin Boolell et lui et a annoncé que c’est lui qui avait recommandé sa candidature car « il est le meilleur candidat pour l’occasion ». Une victoire de son poulain préparera, selon lui, le retour du PTr au pouvoir, même si, en privé, on reconnaît que la bataille ne sera pas facile.
Par conséquent, l’élection partielle du 17 décembre permettra au PTr de se refaire une image et de démontrer dans quelle mesure il a réussi à reconquérir son électorat, qui était passé au MSM lors des dernières élections générales. Une tâche qui s’annonce cependant ardue.


« Faire comprendre la valeur du vote Papillon »
Pour le parti de gauche Rezistans ek Alternativ, la campagne électorale pour l’élection partielle au No 18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes) franchira une toute nouvelle étape avec l’officialisation des candidatures pour les échéances du 17 décembre. « Notre campagne est axée principalement sur des rencontres avec les habitants. Nous prônons la discussion et le partage. Sans compter des artistes qui apportent leur soutien avec des prestations lors de nos rencontres. L’importance est de démontrer la valeur du vote Papillon, la nécessité de voter pour faire la différence. Rezistans ek Alternativ représente la voix des travailleurs mauriciens. C’est le parti de tous les combats. Un vote pour le PMSD et le MMM ne fera aucune différence car ils ont déjà des députés au parlement et voter Boolell, c’est voter Navin Ramgoolam, qui aurait dû déjà “step down” comme leader du PTr à cause des charges retenues contre lui en cour », soutient Ashok Subron. Il soutient ainsi que pour ces échéances, « on comptera sur des votes intelligents et raisonnés ».
Rezistans ek Alternativ procédera au dépôt de candidature « en toute sobriété, sans défilé et tout le tralala », ajoute-t-il, avec toutefois une mobilisation accrue tôt le matin jusqu’au dépôt des candidatures.  Rezistans ek Alternativ s’attend à un vote massif des jeunes pour ces élections partielles. De plus, le parti compte faire part de ses initiatives, décrites comme « inédites », pour la tenue de la campagne après le Nomination Day, comptant par ailleurs sur le soutien des citoyens pour le financement du parti. « Nous n’allons pas faire de démonstration de force mais nous voulons plutôt marquer les esprits. Après le Nomination Day, la campagne débutera vraiment. Nous voulons avant tout innover dans la façon de faire campagne. Et concernant le financement, on procédera à des levées de fonds. Rezistans ek Alternativ jouera la transparence tout au long de la campagne en dévoilant le montant de tout l’argent recueilli et des dépenses encourues », soutient Kugan Parapen, candidat de Rézistans ek alternativ pour cette partielle.



La stratégie du MSM/ML vue par Les Verts, MP et le PMSD
Ce n’est qu’à la veille du Nomination Day que les Verts Fraternels ont « collé » leurs affiches, soutient le leader, Sylvio Michel. « Nou pena moyen pou met plis, me nou kontan ki personne na pa pe desir zot ». Il explique que cela relève davantage d’une présence policière « discrète » dans la circonscription que d’autre chose. « Si cela continue, cela va permettre une fin de campagne paisible », soutient-il. « Quoi qu’il en soit, nous sommes confiant que notre candidate, Cindy Antonio, parle le langage des petites gens de Belle-Rose/Quatre-Bornes et que ces derniers se retrouveront en elle ».
Quant à la présence ou pas d’un candidat MSM/ML à cette partielle, Sylvio Michel estime que cela relève davantage d’une stratégie du gouvernement. « Il devient évident, à la veille du Nomination Day, que le gouvernement n’alignera pas de candidat, car ils ne sont pas sur le terrain à Belle-Rose/Quatre-Bornes. La rumeur d’un rapprochement MMM/MSM devenant de plus en plus persistante, le MSM/ML ne fera rien — encore moins aligner un candidat, pour gêner le MMM sur le terrain. D’ailleurs le MMM cible davantage Xavier-Luc Duval et son candidat Danesh Maraye ainsi qu’Arvin Boolell et le PTr que le gouvernement ».
Au Mouvement Patriotique (MP), Alan Ganoo, le leader, se dit « satisfait » jusqu’ici de la campagne de son parti. « De par sa personnalité, de par le fait qu’elle habite Quatre-Bornes, de par le fait qu’elle a déjà été conseillère municipale de la Ville des Fleurs et de par ses compétences propres, notre candidate, Tania Diolle, répond sur le terrain à toutes nos espérances. Nous touchons l’électorat à travers le porte-à-porte, des rencontres avec les associations et des réunions nocturnes ». Il ajoute que la candidate « abat un travail formidable » à travers sa maîtrise des réseaux sociaux. « Elle est en contact permanent avec les internautes, surtout les jeunes ».
Alan Ganoo trouve « dommage » l’absence de l’alliance gouvernementale MSM/ML dans cette joute électorale. « Cela fausse le jeu démocratique. Car cette partielle aurait autrement eu valeur d’un référendum pour évaluer la performance du gouvernement et de son poids sur l’échiquier politique local ».
Le leader du MP déplore par ailleurs « les attaques gratuites sous la ceinture entre les partis politiques de l’opposition ». « Cette élection aurait dû être une élection d’idées », dit-il, en lançant un appel pour que cela cesse.
Alan Ganoo plaide d’autre part pour l’interdiction des oriflammes. « Une banderole apporte un concept, mais les oriflammes juste la couleur des partis que nous connaissons déjà », argue-t-il. « Quoi qu’il en soit, cette élection restera ouverte jusqu’à la fin. Car aucun parti ne peut prétendre la gagner, car il y a beaucoup d’indécis à Belle-Rose/Quatre-Bornes », conclut-il.
Le candidat du PMSD, Danesh Maraye, soutient pour sa part qu’il mène « depuis trois mois déjà une campagne de proximité dans le respect des électeurs de Belle-Rose/Quatre-Bornes et des adversaires politiques ». « En tant que candidat j’ai un très gros avantage dans le sens que Xavier-Luc Duval en tant que député a beaucoup fait pour les habitants de Quatre-Bornes qui lui sont très reconnaissants. J’ai donc démarré ma campagne avec un capital de sympathie très positif ».
Quant à la prétention du gouvernement MSM/ML d’aligner, à la veille du Nomination Day, un candidat pour cette partielle, Danesh Maraye a été le plus laconique : « Attendons voir demain », a-t-il lancé, refusant d’en dire davantage.


La voix des indépendants
Nitish Joganah et Pramod Jaddoo, représentent en parue la voix des indépendants à la partielle du No 18. Si l’on connaît le chanteur des Lataniers, le second, également habitant de la circonscription, s’est lancé dans la course en tant que candidat indépendant quelques jours après la démission de Roshi Bhadain comme député au Parlement.
« Que je gagne ou que je perde, je vais former un nouveau parti politique, le Parti Action Mauricien (PAM), avec le blanc comme couleur et une cloche comme symbole. J’ai choisi une cloche parce que j’étais enseignant et celle-ci se trouve aussi dans les églises. Beaucoup d’habitants de cette circonscription m’ont fait part de leur intention de me rejoindre après cette élection partielle. J’ai déjà annoncé que je vais ouvrir un bureau en permanence dans cette circonscription pour garder contact avec la base », explique Pramod Jaddoo.
Pour sa part, le chanteur Nitish Joganah est engagé dans la politique, dit-il, depuis plus de quarante ans aux côtés des hommes qui avaient une grande vision pour faire avancer la société mauricienne. Il est candidat à la partielle pour « donn enn kalot a bann politisien tradisionel, ki finn trahir, ki pe vann nou pei avek etranze. Ki pa pe less narien pou futur zenerasion. Bizin fer zot konpran ki zot pena zot plas ».
La ville de Quatre-Bornes, dit-il, c’est sa maison. « J’en connais tous les coins et recoins. Mo aret a 6 heures Mo pa fer kouma lezot candidat. Rant dan lakaz par group de 20, rant dan salon, rant dan la kwizinn. Bizin respekte dimounn », insiste le candidat indépendant.



RCP : « Nous ne souhaitons pas vendre du rêve »
Le jeune candidat Alexandre Barbès-Pougnet, du Ralliement Citoyen pour la Patrie (RCP), dit adopter « une stratégie différente » pour cette campagne au No 18. Pas d’oriflammes et banderoles pour se rendre visible comme d’autres partis. Ce qui ne veut pour autant pas dire, selon le candidat, que la campagne n’a pas débuté. Mais « nous ne souhaitons pas vendre du rêve ».
« La campagne a débuté dès le soir, où nous avons annoncé notre volonté de participer à cette élection. Nous avons dans un premier temps choisi de consolider notre stratégie en travaillant, pendant ces deux derniers mois, au renforcement de notre équipe de terrain. La précipitation des autres partis nous a permis d’observer, d’écouter, d’apprendre, de constater et de modifier notre approche première, qui était commune à celle des partis classiques. Nous voulons afficher notre différence en présentant les choses telles qu’elles sont. Ce que ne font pas nos adversaires. Nous ne souhaitons pas vendre du rêve », affirme Alexandre Barbès-Pougnet.
Le RCP, dit-il, « souhaite utiliser tous les outils technologiques » étant à sa disposition pour asseoir sa légitimité. « Nous souhaitons rallier les jeunes professionnels, étudiants et tous ceux ayant à coeur leur avenir et celui de leur pays. Les actifs bien établis et les retraités seront aussi concernés par notre message, bien que ces derniers soient plus conservateurs. La campagne se fera donc tant sur le terrain qu’en ligne. » Le porte-à-porte pour le RCP n’a pas encore démarré mais « est prévu ».


L’aile féminine du MSM « révoltée et indignée »
« Enough is enough. Nous sommes révoltées par ce manque de respect envers la Speaker », soutient la Parliamentary Private Secretary (PPS) Roubina Jadoo-Jaunbocus. Elle s’exprimait en tant que dirigeante de l’aile féminine du MSM, hier au Sun Trust, suite aux propos du secrétaire général du PMSD, Mamade Kodabaccus, à l’encontre de Maya Hanoomanjee.
Face à la presse hier au Sun Trust pour dénoncer ces propos ayant « dépassé toutes les limites », Roubina Jadoo-Jaunbocus a demandé l’arrêt immédiat du langage ordurier contre les femmes. « Il faut cesser de traiter les femmes ainsi et commencer à faire de la politique autrement », dit-elle.
Entourée d’autres femmes de l’aile féminine, Roubina Jadoo-Jaunbocus a avancé que les propos « graves et dénigrants » de Mamade Kodabaccus ne peuvent être laissés de côté même si le PMSD a pris une action contre ce dernier. « Il se permet de menacer les femmes. Comment une telle personne peut-elle faire campagne ? » dit-elle, en disant craindre le langage qu’il pourrait utiliser contre celles qui ne voteront pas pour le PMSD. Les propos du secrétaire général du PMSD, dit-elle, sont « une menace verbale et physique » et il était tout à fait à l’aise à ce moment. Elle regrette que les deux députées du PMSD, à savoir Malini Seewocksing et Aurore Perraud, n’aient rien dit après les propos de Mamade Kodabaccus.
Roubina Jadoo-Jaunbocus est également revenu sur les propos du leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, qui avait affirmé n’avoir pas de respect pour la Speaker au Parlement. Pour elle, on ne peut pas venir dire des choses contre la femme alors que le Parlement est le lieu où les droits de la femme sont défendus.
Par ailleurs, elle avance que le PMSD essaye de « cacher » Mamade Kodabaccus et craint qu’il refasse entendre parler de lui après l’élection partielle. Pour elle, au MSM, chaque femme se sent à l’aise de travailler. D’ailleurs, elle cite le choix de Maya Hanoomanjee comme Speaker et de la présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim. Elle espère que le Gender Caucus de l’Assemblée nationale prendra les actions qui s’imposent. Alors que trois politiciens, à savoir Ravi Rutnah, Showkutally Soodhun et Mamade Kodabaccus, ont tenu des propos vulgaires contre les femmes, la PPS se dit pour un code de conduite. Toutefois, pour elle, il faut « étudier et bien analyser » avant de le mettre en application.



Le Front Libération National aligne deux candidats
Le Front Libération National (FLN) aligne deux candidats à l’élection partielle au N° 18. C’est ce qu’a annoncé le leader du mouvement, Ismaël Nazir, en conférence de presse, hier. L’objectif : faire tomber les gros partis.
Les deux candidats du FLN sont Ismaël Nazir lui-même et la responsable de l’aile jeune du mouvement, Sonali Bhunjun. Le leader avance que l’élection partielle au N° 18 est une élection ouverte et que le FLN a cinq raisons d’aligner deux candidats.
« D’abord, c’est une stratégie pour faire disparaître les partis traditionnels. Deuxièmement, nous voulons accorder à l’électorat de la circonscription la liberté de choisir car normalement les partis traditionnels n’imposent qu’un seul candidat. Ensuite, nous sommes un parti national qui apportera la paix et l’harmonie. Nous invitons d’ailleurs tous ceux qui ne peuvent enregistrer leur parti ou mouvement à venir se joindre à nous et se présenter comme candidats sous la bannière du FLN. Quatrièmement, nous voulons offrir à un jeune l’occasion de s’affirmer, pour ensuite encourager d’autres jeunes à se joindre à la politique. Enfin, nous avons aligné deux candidats pour remplir les deux chaises vacantes à l’Assemblée nationale », affirme Ismaël Nazir.
Pour sa part, la jeune candidate Sonali Bhunjun souligne qu’elle souhaite devenir le porte-parole des jeunes et des femmes. « Je pense pouvoir faire entendre leur voix. Je me suis lancée dans la politique parce que j’estime qu’il n’y a pas suffisamment de représentants de jeunes. Ceux qui disent représenter des jeunes ne sont eux-mêmes pas jeunes », dit-elle.
Âgée de 22 ans, Sonali Bhunjun est étudiante en comptabilité et finances à l’Université de Maurice. Elle a choisi de se joindre au FLN car elle croit aux projets de son leader. « Un de nos projets pour les jeunes c’est l’élimination du chômage. Nous aspirons à créer 20 régions dans le pays qui s’occuperont des chômeurs. Chaque région s’occupera de 1 000 chômeurs et ainsi résoudra le problème de chômage. De plus, cette initiative aidera à résoudre également le problème de congestion routière », affirme le leader du FLN.
En ce qui concerne le soutien du FLN à Jack Bizlall à cette élection partielle, comme l’avait affirmé Ismaël Nazir dans une précédente conférence de presse, le leader avance que l’alignement de deux candidats est justement une stratégie pour mener Jack Bizlall à la victoire. « Les votes seront encore plus divisés et nous serons ravis si Jack Bizlall est élu », fait-il ressortir.