ÉCONOMIE : Le FMI passe à la loupe les services financiers

La mission Amadou Sy du FMI maintient le taux de croissance à 3,9 % pour cette année, avec la construction comme fer de lance

Le secteur des services financiers, et par extension la filière bancaire, a été un des sujets prioritaires abordés dans le cadre des dernières Article IV Consultations du Fonds monétaire international (FMI). Compte tenu de la fin de ces consultations avec le gouvernement, le secteur privé et les autres stakeholders, le chef de mission Amadou Sy donnera cet après-midi un avant-goût des Findings de la mission du FMI à l’effet que « considering Mauritius’ track record of reinventing its economic model, there are grounds for optimism that the country will successfully manage the reform process ». Toutefois, des indications obtenues de sources diverses avancent que l’un des intérêts majeurs de cette mission a été le secteur des services financiers. D’ailleurs, ce secteur a été abordé lors de la réunion, ce matin, de la nouvelle instance stratégique de Business Mauritius, soit la commission économique, où le dossier du Blueprint pour baliser les avenues de ce secteur a été épluché.
La mission du FMI a eu des discussions approfondies avec le gouvernement, en particulier le ministre des Services financiers et les Major Players du Global Business Sector, au sujet des retombées de la révision du traité de non-double imposition avec l’Inde. Dans un premier temps, des craintes avaient été exprimées quant aux séquelles de l’élimination de l’exonération de la Capital Gains Tax sur les transactions financières entre l’Inde et Maurice. Au vu de ces échanges, le FMI serait parvenu à la conclusion que « the capital and financial account has proven resilient in the face of the revised Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA) with India, mainly owing to the grandfathering clause ».
Toujours au regard du Global Business Sector, les Concerns évoquées par l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) et l’Union européenne ont fait l’objet de discussions avec le FMI. De son côté, le gouvernement a donné l’assurance que des mesures en conformité avec les observations communiquées sont envisagées. La gamme de mesures préconisées dans le cadre du dernier Financial Sector Assessment Programme (FSAP) de 2015 a été passée en revue en vue de déterminer leur mise à exécution.
Au niveau du secteur bancaire, le FMI note une reprise dans les crédits alloués au secteur bancaire. À la fin de juin dernier, la Banque de Maurice avait relevé que des crédits de plus de Rs 344 milliards ont été mis à la disposition des divers secteurs, soit en progression par rapport à l’année dernière. Le constat du FMI est que « credit to the private sector is recovering amid generally favourable financial conditions ». Par contre, le FMI fait état des réserves quant à l’évolution des Non-Performing Loans, niveau jugé trop élevé même si les banques commerciales demeurent bien capitalisées, liquides et profitables.
Sur le plan macro-économique, le FMI prévoit un taux de croissance de 3,9% pour 2017, le principal moteur demeurant la construction. La mission du FMI se félicite de l’adoption du Business Facilitation Act en faisant ressortir que « the recently-adopted Business Facilitation Act is a welcome step to improve Mauritius’ business environment. The Act includes provisions to amongst other things simplify starting a business through a one-stop e-licensing platform for official permits, as well as streamlining tax administration and facilitating international trade and commerce ».
En attendant la publication officielle du Staff Country Report suite aux Article IV Consultations et le prochain feu vert du board, la mission Amadou Sy est d’avis que « A bold, coordinated, strategic vision, guided by strong and independent institutions, is necessary to guide the economic transition. Early signs are promising, with both the pending formation of the National Economic Development Board and the drafting of the Financial Sector Blueprint, important welcome steps towards harmonizing the policy direction and implementation across sectors. »