Les Article IV Consultations du Fonds monétaire international (FMI), intervenant avec au moins une année de retard, changement de gouvernement oblige après les élections du 10 décembre 2014, remettent en perspective la problématique de l’évolution en hausse de la dette publique depuis ces dernières années. Les dernières indications officielles sont que, probablement à la fin du présent exercice financier au 30 juin 2016, l’endettement national pourrait atteindre le palier de Rs 275 milliards. La raison de cette flambée est que la dette locale pourrait passer de Rs 177,6 milliards à la fin de septembre dernier à plus de Rs 200 milliards, alors que la dette étrangère évoluait à hauteur des Rs 55 milllards à la même date, sans compter les Rs 25 milliards des Public Enterprises Total Debt.
Le programme établi par la Banque de Maurice de concert avec le ministère des Finances prévoit que pour les premiers six mois de l’année prochaine, des fonds de l’ordre de Rs 21,4 milliards seront levés sur le marché local, soit six émissions de Three-Year Benchmark Treasury Notes pour un montant de Rs 8,1 milliards, un montant de Rs 4,3 milliards au titre de trois émissions de Five-Year Benchmark Government of Mauritius Bonds et des dettes locales à long terme de Rs 9 milliards, soit le 13 janvier avec une émission de Twenty-Year Bonds de Rs 1,5 milliard, le 3 février : Rs 1,5 milliards avec des Ten-Year Bonds ; le 9 mars : Rs 1,5 milliard avec des Fifteeen-Year Bonds et ; le 13 avril : Rs 1,5 milliard avec des Twenty-Year Bonds.
Dans des premiers commentaires, la mission du FMI, menée par Mauro Mecagni, met en exergue le fait que le niveau de l’endettement a connu une détérioration cette année en raison des injections de capitaux dans deux banques, à savoir le sauvetage de l’ex-Bramer Bank par la National Commercial Bank et celui de la Mauritius Post and Cooperative Bank avec Rs 1,5 milliard de Toxic Loans de la bande à Gooljaury.
De ce fait, dans ses concluding remarks en attendant le rapport complet à être avalisé par le conseil d’administration au début de l’année prochaine, le FMI souligne que « the main challenges for 2016 and beyond pertain to reducing public debt through a growth-friendly and pro-poor medium-term fiscal consolidation effort ». L’objectif déclaré du gouvernement est de ramener le niveau de la dette à 50% du Produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2018, alors que cet indicateur était de 64,1% à la fin de septembre, soit le plus élevé de ces six derniers trimestres, un pari qui s’annonce de plus en plus difficile.
D’autre part, le FMI préconise toute une gamme de mesures en vue de propulser Maurice dans le club des high income countries. « Going forward, further reforms need to be implemented to take the next leap in development. These include measures to stimulate female labor force participation, which would help mitigate the effect of the projected decline in Mauritius’ labor force in the next decades ; investments in interconnectivity, transportation and communication ; and strengthening the institutional framework to lower the cost of doing business and preserve Mauritius’ hard-earned macroeconomic and financial stability », note le document du FMI, qui prévoit un taux de croissance avoisinant les 4% pour 2016.
La mission Mecagni revient également à la charge sur des réformes de la politique sociale en faisant état de la nécessité de réduire le budget des subsides, d’un meilleur ciblage (better targeting) des programmes d’assistance sociale, d’une efficience améliorée dans la gestion des corps parapublics. Tout en se félicitant de la décision du gouvernement d’éliminer les Special Funds d’ici à 2018 et du programme de « Divestiture of Assets » en vue de réduire le niveau de l’endettement, le FMI recommande des moyens pour accroître les revenus avec une réduction des exemptions fiscales et un élargissement de l’assiette fiscale.
D’autre part, les statistiques officielles, publiées sur le site web de la Banque de Maurice au cours de la semaine écoulée confirmnte la course contre la montre au chapitre du Foreign Direct Investment (FDI). Pour les neuf premiers mois de l’année, Maurice a attiré des investissements directs étrangers pour un montant de Rs 7,2 milliards, laissant un trou de la même envergure à combler dans un délai de trois mois si le pays veut rééditer les Rs 14,2 milliards de l’année dernière.
La principale source génératrice de FDI demeure les Real Estate Activities, dont les IRS/RES avec Rs 6,1 milliards, soit sensiblement le même montant que les douze mois de l’année dernière. Géographiquement, l’Europe maintient sa position en tête avec un apport de Rs 4,8 milliards et l’Afrique du Sud avec un peu plus de Rs 1 milliard.