Le temps est révolu où les théoriciens du développement économique postulaient que la croissance d’un pays menait automatiquement au mieux-être de toute sa population, grâce aux bénéfi ces qui parvenaient à infi ltrer toutes les strates de la société. Cette théorie a été subséquemment démentie par de nombreuses constatations dans différents pays du monde, à l’effet que les fruits de la croissance ne sont pas, comme par enchantement et par automatisme, distribués équitablement à travers toute la population. Les principales victimes de cet état de choses sont ceux se trouvant au-bas de l’échelle des revenus.
C’est dans ce contexte, semble-t-il, que le gouvernement mauricien a demandé à la Banque mondiale de mener une étude sur les mesures à prendre pour que toute la population puisse, de manière équitable, bénéfi – cier des retombées de la croissance économique, celle-là même qui fait l’objet d’une stratégie intitulée « Vision 2030 ».
Le titre du rapport issu de l’étude est celui-ci : Mauritius. Inclusiveness of Growth and Shared Prosperity (1). Ce rapport a, le 18 février dernier, fait l’objet d’une présentation de la Banque mondiale par son Country Director et des hauts fonctionnaires du ministère des Finances.
Le but du présent article est double :
* d’une part, faire état des constatations du rapport sur les diverses causes des inégalités ;
* d’autre part, prendre connaissance des mesures à préconiser pour remédier à ces inégalités.
Il y a lieu de préciser que, si les recommandations de ce rapport intéressent les dirigeants du pays au premier chef, elles s’adressent aussi à chaque citoyen, non seulement au titre des bénéfi ces qu’il pourrait en tirer, mais aussi des changements d’attitude qu’il devrait adopter dans sa vie en société.