Barclays Research est confiante d’une amélioration de la performance économique de Maurice en 2016 pour laquelle elle anticipe un taux de croissance de 3,9% alors que son estimation pour 2015 est maintenue à 3,6% en dépit d’une révision à la baisse (3,4%) des prévisions de la Banque de Maurice.
Rencontrant la presse hier à l’hôtel Le Labourdonnais, pour évoquer les opérations de la Barclays Bank Mauritius Ltd et les dernières observations de Barclays Research sur l’évolution de l’économie mondiale, régionale et mauricienne, Ravin Dajee a indiqué que tout porte à croire qu’il y aura amélioration de la croissance l’année prochaine, celle-ci étant estimée à 3,9%, bien que la banque centrale paraissait plus optimiste lors de la tenue de la dernière réunion du comité de politique monétaire (MPC) en annonçant qu’un taux supérieur à 4% pouvait être atteint l’année prochaine.
« On attend de voir quel serait l’impact de la récente baisse de 25 points de base du taux d’intérêt directeur sur la croissance », a déclaré Ravin Dajee. Barclays Research, a-t-il poursuivi, est d’avis que les investissements publics prévus pour 2016 donneraient un coup de pouce à la croissance, et ce alors qu’on prévoit qu’un environnement global plus stable servira d’appoint au développement du secteur touristique et des exportations mauriciennes.
« 2015 has been a challenging year for the Mauritian economy with the currency depreciating over 12% against the US dollar while the combination of global events and weak domestic investment proved to be a drag on economic growth », a souligné le managing director de la Barclays Bank Mauritius Ltd. Dans les milieux du groupe bancaire, on est d’avis que les risques globaux combinés à la faiblesse des investissements locaux et une performance décevante des secteurs d’activités tournées vers l’exportation représentent des risques à la croissance économique sur le moyen terme. Ravin Dajee a fait remarquer que la BoM avait fait état d’un taux de croissance « en dessous de notre potentiel ».
« Given the Monetary Policy Committee’s concern about the global and domestic growth outlook at its November meeting and its decision to ease monetary policy, further policy easing looks to be a possibility in 2016 if the outlook does not improve », a déclaré Ravin Dajee. Ce dernier pense que l’inflation ne constitue pas une menace sérieuse et devrait rester à un chiffre sur le moyen terme en dépit des risques de change liés au lourd déficit des comptes courants de la balance des paiements et aux événements à l’échelon international. Barclays s’attend à ce que les autorités mauriciennes continuent à prendre des mesures pour soutenir notre roupie. La direction de la banque considère que la dépréciation de 13% de la roupie vis-à-vis du dollar américain, intervenue depuis le début de l’année à ce jour, est « modeste » lorsqu’on la compare à la chute enregistrée par les monnaies des pays suivants : Zambie (-40%), Mozambique (-37%), Angola (-24%), Afrique du Sud (-20%), Tanzanie (-20%), Botswana (-12%) et Kenya (-11%). Du côté des économies émergentes également, la situation a été difficile. Ainsi, la monnaie brésiliennce s’est repliée de 29% contre le dollar, celle de la Russie s’est dépréciée de 16% alors que la Turquie et la Malaisie ont subi des baisses de 20% et 18% respectivement.
« We expect further depreciation for most currencies in 2016, partly in response to their own substantial financing needs (current account and fiscal account deficits), and also as higher US interest rates pull money from offshore assets », a annoncé Ravin Dajee.
Le managing director de la Barclays Bank Mauritius Ltd a également passé en revue la situation économique globale. Faisant référence aux prévisions de Barclays Research et des institutions internationales, il a annoncé que la croissance globale serait de 3,4% en 2016, contre 3,1% en 2015. Ce sont les pays avancés qui tireront la croissance alors que la performance des économies émergentes serait moins élevée comparativement aux années précédentes. À la Barclays, on s’attend à un renchérissement du dollar américain en 2016. Pour ce qui est de la région, on laisse entendre que « Sub-saharan Africa risks losing its status as the second fastest growing regional economy as lower commodity prices have placed significant strain on many countries’ export and fiscal revenues and restrained economic growth more broadly ». La croissance dans la région s’élèverait à 3,7% en 2015, contre 5% en 2014, alors que le taux estimé pour 2016 est de 4,5%.
Parlant du rôle de la Barclays à Maurice, Ravin Dajee a réitéré que la banque continuera d’apporter tout son appui, en tant qu’intermédiaire financier, au développement économique du pays et à la réussite de sa stratégie de positionnement comme un hub régional. « We will therefore continue to make significant investments in innovative projects to deliver solutions and technologies that enrich customer experience », a-t-il dit, mettant l’accent sur l’engagement de la banque à proposer des solutions innovatrices à ses clients. Misant sur ses assises et son expérience dans la région, la Barclays, a ajouté Ravin Dajee, continuera à accompagner les opérateurs économiques mauriciens dans le développement de leurs activités en Afrique.