Elle aurait eu cent ans le 19 décembre 2015. Édith Piaf tricotait les saisons de l’amour. Sa voix nasillarde fait écho auprès des coeurs sensibles à son ramage vibrant d’émotions. Cette petite femme chétive est aujourd’hui encore une grande dame du music-hall, qui aura interprété un des plus beaux hymnes à l’amour, malgré la mort qui marchait à ses côtés sa vie durant. Elle ne regrettait rien et se foutait du passé…
C’est la voix de la môme Piaf qui l’a sortie du caniveau. Édith Giovanna Gassion naît à Paris de l’union d’un père contorsionniste et acrobate ambulant et d’une chanteuse de rue, qui l’abandonne deux mois plus tard. Elle grandit entre ses deux grands-mères, dont l’une tient une maison close. Après la Grande Guerre, son père (Louis-Alphonse Gassion) est engagé dans un cirque itinérant et vient la rechercher pour la ramener à Paris. La petite et chétive Édith passe alors son enfance à chanter dans les rues et découvre le pouvoir fascinant de sa voix sur les foules.
Dans les quartiers populaires de Belleville et de Pigalle, elle est repérée par Louis Leplée, qui l’engage dans son cabaret sur les Champs-Élysées. Il l’invite à chanter chez lui en 1935 et la surnomme à cette occasion la Môme Piaf (double allusion à sa voix d’oiseau et à sa petite taille de 1m47). La carrière de la Môme de Paris est lancée. Elle devient rapidement une formidable vedette du music-hall : sa fragilité physique, sa frêle silhouette, sa voix pathétique mais éblouissante émeuvent un public de plus en plus nombreux. Elle séduit le Tout-Paris de l’entre-deux-guerres et obtient un triomphe immédiat avec le développement de la radio puis de la télévision.
Pendant l’Occupation, elle tourne des films dans la Zone Libre (Montmartre sur Seine, 1941; Étoile sans Lumières, 1945) et ne cesse de chanter, recrutant entre autres des musiciens juifs pendant l’Occupation.