ÉDITION DE JUILLET 2017: SBM Insights: croissance ramenée de 3,9% à 3,8%

Le taux d'inflation grimperait à 3,4% alors que le taux de chômage se maintiendrait à 7,3%

SBM Insights, publication économique du groupe SBM, a revu légèrement à la baisse son estimation de la croissance économique pour 2017, la ramenant de 3,9% à 3,8%. Dans son édition de juillet 2017 rendue publique cette semaine, SBM Insights explique que ce changement est dû en grande partie aux prévisions de performance inférieures de deux secteurs, le sucre et le textile. Par ailleurs, SBM Insights anticipe pour cette année une nette remontée de l'inflation qui, selon elle, dépasserait la barre de 3% pour s'établir à 3,4%. Pour ce qui est du chômage, le taux resterait inchangé à 7,3% mais pourrait passer à 7,2% en 2018.
À 3,8%, le taux de croissance économique attendu en 2017, représenterait quand même une progression par rapport au 3,6% enregistré l'année dernière. « The Mauritian economy is expected to pick up pace in 2017 despite ongoing challenges on various fronts », souligne dans son dernier rapport la division Strategy & Research du groupe SBM dirigée par Shailen Sreekeessoon. Selon les économistes du groupe bancaire, le repli prévu des secteurs sucrier et textile sera compensé par des contributions plus importantes des secteurs de la construction, du tourisme, des services financiers et des services professionnels et techniques à l'activité économique cette année. SBM Insights estime que la croissance du secteur de la construction pourrait s'élever à 8,2% cette année et 10,5% en 2018. On constate que ce secteur a réalisé une bonne performance au cours du premier trimestre 2017 et on prévoit qu'avec la mise à exécution du programme d'investissement du secteur public comme énoncé dans le budget 2017/2018 et la relance des projets ayant subi un certain retard, le secteur de la construction devrait repartir. La situation, poursuit SBM Insights, pourrait s'améliorer davantage dans l'éventualité d'une mise en chantier rapide des projets d'investissement public.
Pour ce qui est du secteur touristique, les arrivées 2017 sont estimées à 1  320 000, soit une hausse de 5,3% comparativement à 2016. Une croissance appréciable de 5,1% est projetée pour l'industrie touristique. « With Air Mauritius adding to its carrier float towards the end of the year, alongside hotel development projects being anticipated, the strong momentum should pursue in 2018 », indique SBM Insights. En revanche, le secteur sucrier sera affecté cette année par un taux d'extraction plus faible. La production sucrière pourrait diminuer de 7% mais l'impact sur la performance d'ensemble du secteur devrait être en partie mitigé par une meilleure performance au niveau de l'usinage. Les activités concernant le raffinage du sucre seront soutenues par des importations provenant du Brésil, ce qui compensera la baisse au niveau de la production locale.
«... a difficult export market »
Concernant le textile et l'habillement, les économistes du groupe SBM annoncent que la production « is projected to maintain a downward trend in line with a difficult export market », une situation aggravée par des enjeux de compétitivité au plan domestique. SBM Insights observe que deux des principaux marchés à l'exportation, à savoir le Royaume Uni et l'Afrique, ont fourni des performances en repli pour le premier trimestre 2017. Toutefois, on anticipe de meilleures performances de la part des sous-secteurs manufacturiers. SBM Insights relève que le budget 2017/2018 contient des mesures pour remettre le secteur manufacturier sur les rails. Mention est faite des crédits fiscaux à l'exportation, de l'extension du « Speed to Market Scheme » à d'autres produits autres que le textile, de la création d'un directoire pour la promotion des exportations sous l'Economic Development Board. L'impact de ces différentes mesures, souligne la publication du groupe SBM, se fera sentir à partir du 4e trimestre 2017.
Pour ce qui est du secteur des services financiers et des affaires, SBM Insights a corrigé à la baisse ses prévisions surtour sur la base de l'environnement incertain entourant les activités du secteur du Global Business. « Changes in the global tax environment will eventually lead to a major overhaul of the current business and financial ecosystem. Although the Budget Speech 2017/18 mentions the elaboration of a blueprint regarding the vision for the Global Business sector for the next 10 years, the adjustment to the new normal (post-tax changes and the strengthening of the regulatory framework regarding GBC1 companies) in the sector is expected to take time », fait-on ressortir. Malgré tout, il est prévu que la croissance du secteur des services financiers va demeurer au-dessus de 5% en 2017 aussi bien qu'en 2018.
Parlant de l'inflation, SBM Insights dit s'attendre à ce que le taux passe la barre de 3% cette année (par rapport à 1% en 2016) pour atteindre 3,4%. « This is mainly on the back of the persistent rise in the price of fruits and vegetables domestically, arising from the atypical weather conditions which affected supply locally », expliquent les auteurs du rapport. On anticipe également une remontée des prix des matières premières sur le marché international. Il est estimé que si l'appréciation de la roupie mauricienne vis-à-vis du dollar américain se poursuit, l'impact de ces hausses de prix sur le pouvoir d'achat de la roupie sera contenu. Et si les conditions climatiques sont favorables l'année prochaine, le taux d'inflation pourrait redescendre à 2,3%.
S'agissant du chômage, il est estimé que le taux s'élèverait à 7,3% comme en 2016. L'intensité des activités dans les secteurs de la construction et du tourisme, l'industrie manufacturière et l'immobilier devrait soutenir la création d'emplois. SBM Insights note que les postes vacants dans les secteurs susmentionnés ont augmenté pendant la période janvier-mai 2017.
Par ailleurs, SBM Insights remarque que le ratio de la dette publique restera « significantly high » en dépit des plans de consolidation budgétaire. Ce ratio se monterait à 64,3% du Produit intérieur brut en 2017 et à 63,5% du PIB en 2018. Quant au déficit budgétaire, il demeurera également à un niveau relativement élevé à 3,3% à fin juin 2017 et à 3% à fin juin 2018.