L’Union Bancaire Francophone (UBF), qui regroupe une vingtaine d’associations et fédérations d’associations bancaires dont la Mauritius Bankers Association (MBA), fait de l’éducation financière une de ses priorités et vient de recommander, à l’issue d’une conférence tenue vendredi dernier à Bruxelles, la mise en place d’un partenariat spécifique entre acteurs public et privés pour la mise en oeuvre de stratégies de sensibilisation et d’éducation financière dans les pays francophones.
La deuxième conférence de l’UBF axée sur l’éducation financière et à laquelle a participé Aisha Timol, Chief Executive officer de la MBA, celle-ci ayant été désignée pour présenter les recommandations de la conférence, a été l’occasion pour les représentants des divers membres de se pencher sur l’importance, les problématiques et défis de l’éducation et l’inclusion financière à travers le monde, les bonnes pratiques et stratégies adoptées par le secteur public, les organisations non gouvernementales et le secteur bancaire en général pour le développement de l’éducation et l’inclusion financière.
« Pour qu’un citoyen soit intégré dans nos sociétés, il lui faut comprendre les éléments financiers de base, gestion d’un compte bancaire simple, moyens de paiement, emprunt, prêt, placement. C’est pourquoi l’éducation et l’inclusion financière ont acquis à l’échelle mondiale une importance qui démontre l’implication des acteurs », souligne d’emblée l’UBF dans son rapport de conférence. L’Union indique que des études ont démontré que beaucoup trop d’utilisateurs des services financiers n’ont pas une connaissance minimale nécessaire, d’où des problèmes de surendettement ou de mauvais placements. De plus, des membres du public n’ont pas un accès facile aux services financiers de base et ont besoin d’être soutenus et d’acquérir des compétences de base.
L’UBF rappelle que plusieurs initiatives ont été prises pour promouvoir l’éducation financière. Le G20 a été l’initiateur de la création d’un Partenariat mondial pour l’accès aux services financiers, l’OCDE a mis en place un réseau international pour l’éducation financière, la Banque Mondiale a rédigé un rapport pour favoriser l’inclusion financière. La Banque Africaine de Développement lui a emboîté le pas. Le monde bancaire et financier participe du foisonnement de ces initiatives, note l’UBF qui considère, par ailleurs, que pour tout le monde « l’éducation bancaire, économique et budgétaire peut avoir des incidences multiples dont la possibilité d’une inclusion économique maîtrisée ».
Tout en tirant des enseignements des initiatives prises à ce jour, l’UBF fait cinq recommandations pour promouvoir davantage la compréhension des questions économiques et financières. L’UBF propose d’abord le développement des stratégies pour l’éducation financière dans chaque pays. Elle recommande ensuite l’introduction de l’éducation financière dans les programmes scolaires tout en faisant ressortir qu’il ne s’agit pas de transformer les élèves en experts financiers mais de leur enseigner des principes de base. Cependant, l’UBF considère qu’il est important également de viser les jeunes qui n’ont pas eu accès à l’école ou qui sont en décrochage scolaire. Par ailleurs, elle suggère qu’il faut développer des actions spécifiques pour les personnes en situation précaire (celles au chômage ou victimes d’une maladie ou encore pénalisées par une baisse de revenus). La dernière recommandation de l’UBF porte sur un partenariat entre les acteurs publics et privés.
L’UBF envisage de faire une proposition à l’Organisation Internationale de la Francophonie pour faire de l’éducation financière un des domaines de la future Stratégie économie de la Francophonie qui sera adoptée lors de la conférence des chefs d’État et de gouvernement prévue à Dakar fin novembre 2014.